calimeroLes bidulex continuent de semer la désespérance. La semaine passée, le commissaire des investissements d’avenir a annoncé les lauréats du dernier concours IDEX. On ne va pas ici focaliser sur le bonheur des deux gagnants (Grenoble et Nice), mais plutôt sur la détresse des perdants. Lors de la première vague des bidulex, il avait été mis en place des cellules psychologiques dans les territoires dévastés pour soulager la gueule de bois post-bidulex. Aujourd’hui, certainement qu’on est tous fatigués par ce jeu concours, les malheureux perdants semblent livrés à eux-mêmes mais leur détresse n’en est pas moins grande.

A Montpellier, la mauvaise nouvelle tourne au règlement de comptes : « Nous avons eu des questions [lors de l’audition de sélection] qui pointaient clairement vers l’absence des ‘humanités’, dit le porteur du projet. Et, à travers ces questions, le fait qu’il y ait une seconde université sur le site de Montpellier qui soit restée hors de la dynamique de fusion ». « Je reste persuadé que si l’université Paul-Valéry Montpellier 3 avait rejoint la bannière unique ‘Université de Montpellier’, cela aurait constitué un élément majeur en faveur de la visibilité et du rayonnement du site ». La réaction des SHS ne se fait pas attendre : « Cela suffit de remettre la faute sur les autres, c’est trop fort. L’université de Montpellier a décidé, dans l’entre-deux-tours, de nous exclure du projet d’Idex. […] Et maintenant, on voudrait nous expliquer que c’est à cause de nous si cette stratégie aboutit à un échec ! ». « Faire de Montpellier 3 le bouc émissaire… La ficelle est trop grosse et malhonnête. Nous avons prévenu l’université de Montpellier depuis le début : ils font fausse route depuis qu’ils ont décidé de sortir trois des quatre universités du territoire. Ils ont justifié ce putsch en nous affirmant qu’il y avait un problème de gouvernance avec la Comue, ce nouvel échec prouve que leur stratégie n’est pas la bonne ». Côté politique, la région menace « de geler les 15 millions d’euros inscrits dans le CPER (contrat de plan État-région) pour les structures universitaires, tant que le monde de l’enseignement supérieur ne se sera pas rassemblé dans la Comue pour porter les ambitions du territoire en matière d’enseignement supérieur et de recherche ». Source des citations ici et ici, EducPros.

A Lille, l’ambiance est de type « Caliméro » et si il y a échec, c’est de la faute du jury dont les membres « n’ont pas été très agréables ». Le porteur du projet dit « Je ne comprends tout simplement pas ! ; j’attends qu’on m’explique ». Les notes sont plus mauvaises que celles de la phase de présélection : « Comment peut-on changer d’avis et revenir sur des appréciations portées seulement six mois plus tôt ? C’est, pour nous, totalement incompréhensible ». « On s’est fait tailler en pièces, c’était humiliant. Et puis changer d’avis comme ça sur les mêmes points, c’est incroyable ! ». « j’exige un minimum de cohérence. Sur un enjeu pareil, on ne peut pas admettre de se faire bananer avec des arguments contradictoires » (source des citations en italique : ici et ici). Un des problèmes pointés semble être « les progrès dans la fusion de l’université ». Le porteur du projet oublie certainement que c’est lui qui a longtemps été opposé à cette fusion, contribuant largement à l’échec IDEX des vagues précédentes (lire ici et ici). En 2012, il déclarait : « Nous devons travailler sur des dossiers concrets au lieu de perdre notre temps sur ces questions de fusion, qui sont stériles et chronophages » … Difficile de gagner une course quand on a du retard à l’allumage …

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