Année Universitaire 2014-2015

Bigre, que le temps passe vite ! Encore une année de plus que je n’ai pas vu passer … Pourtant, on ne peut pas dire qu’on ait été débordé cette année, c’était un peu le calme plat. Que retenir de cette année ? Rien, je crois. Je pourrais terminer cette chronique annuelle sur ce constat : rien, il ne s’est rien passé dans l’ESR. Heureusement, mes commentateurs ont tenté de mettre un peu d’animation, sinon c’était clair : je fermais la Gaïa Universitas. En fait je n’ose pas de peur que Fubar sorte sa hache et me règle mon compte façon games of thrones. Comme chaque année, je dois faire mon rapport annuel pour l’OGU (observatoire galactique des universités)  et rendre mes feuilles de temps. Mais là, cette année, j’ai un peu envie de zapper ce rapport. Franchement, à quoi ça sert de faire un rapport ? qui va le lire ?

excellence15Si, quand même, cette année on a eu droit à la troisième saison des « Bidulex », comédie à peine amusante et un peu lassante. Je pensais qu’on allait en avoir marre, qu’on allait mettre à la poubelle tous ces Bidulex, mais non, les universitaires semblent toujours aimer ça. Donc ce fut la troisième vague de Bidulex, avec tout de même un nouveau personnage, nommé « Isite ».

asterixLa série un peu plus amusante, peut-être parce que c’est la première saison, mais qui semble être prometteuse, c’est « COMUE ». Cette saison 1 a été consacrée à la constitution de ces COMUE, avec les inévitables bagarres entre villages et autour de l’élection du chef.  Moi les COMUE, je n’arrive pas bien à comprendre ce que c’est ni à quoi ça sert. Seraient-ce des machines à vassaliser le CNRS ? Mais alors dans ce cas, pourquoi les EC comptent-ils pour du beurre ? Autant de questions mystérieuses dont on n’aura pas la réponse dans l’immédiat. D’ailleurs, fusions, pas fusion, les destins sont contrastés et le moral est en berne. A vrai dire, je n’ai pas l’impression que quelqu’un soit à la barre en ce moment. Quel est l’avenir de l’ESR ? Rien n’est clair, entre les Bilulex et les COMUE, il semble que la préoccupation principale est d’éviter que les étudiants aillent dans la rue.

argent3Cette année, on a pu constater des restrictions budgétaires pour les universités. Du fait de la non compensation du fameux GVT, les budgets de fonctionnement des universités se sont retrouvés en diminution. De plus, le volet recherche du CPER s’est aussi retrouvé en baisse dramatique, puis partiellement compensé (surtout par les régions) (lire ici et ici), tout cela dans une très grande confusion. Tout cela s’est terminé par un exercice de solidarité. Partout c’est difficile de trouver des sous, surtout à l’ANR où le taux de succès est au plus bas. Pourtant, il y aurait quelques solutions … ou alors il faudrait augmenter le montant des droites d’inscription ? Certains se mobilisent, font trois tours de vélo et s’en retournent dans leur labo. Alors, évidemment, compte tenu du manque d’argent, les tensions et notes de service se multiplient . Ah l’argent, j’ai l’impression que cette année, mes chroniques ont été centrées sur le thème : serons-nous pays en décembre ? I want my money back ! Petite coupe de dernière minute, Elsevier, la freddom a un prix, et surtout, cachez ce CIR que je ne saurais voir !

poubelleCette année, on s’est reposé la même question que les années précédentes : l’université est-elle la poubelle de l’ESR ? On nous demande l’impossible : faire réussir tous les étudiants, tout ça dans un champ de ruines ou concepts de l’utilité de l’inutile. Mais faut-il vraiment sauver l’étudiant médiocre ? voilà une question très centrale, mais au bout de 142 commentaires endiablés, on n’a toujours pas la réponse. D’après l’UNEF, c’est tout dit : les universités ne remplissent pas leur contrat, « leur mission est de permettre à l’étudiant de sortir avec un diplôme. Leur contrat, c’est qu’elles doivent s’assurer de la réussite des élèves » Leur mission est de permettre à l’étudiant de sortir avec un diplôme. Leur contrat, c’est qu’elles doivent s’assurer de la réussite des élèves. Pourtant, comme chaque année, le jury de licence est sans appel : l’échec est massif. Commençons déjà par faire des cours d’orthographe, ou de l’enseignement numérique avec Moodle, ça ne fait de mal à personne. D’après certains, il y a trois catégories d’étudiants : « ceux qui réussiraient partout, ceux qui n’ont rien à faire à l’université et que vous pouvez garder des années sans aucun résultat jusqu’à ce qu’ils renoncent d’eux-mêmes et enfin ceux qu’il faudrait pouvoir aider et mieux orienter ». Et si on sélectionnait les étudiants ? Immanquablement, ce sont des billets qui ont toujours du succès (lire ici et ici). Ça serait la solution à tous nos problèmes, sans compter le passage au numérique qui permettra de se passer des enseignants (et donc on pourra enfin faire des économies). Mais le gouvernement a tranché, non l’université ne sélectionnera pas et ceux qui « trichent » avec les licences « bi-cursus » seront châtiés.

smallbeautifulCette année, c’était l’avènement du « small is beautiful ». En vrac sur le sujet: Caltech, Jean Tirole, les petites universités, les COMUE trop grosses, et même les petites villes qui défendent leurs petites universités. On ne compte plus le nombre de (petites) tribunes sur ce thème. Il est devenu très tendance de glorifier le « petit », autour d’un petit café et à l’occasion d’un petit séminaire bien sympathique. Le monde d’aujourd’hui est devenu « petit » (mais le nombre d’étudiants ne l’est pas, lui). On retrouve les mérites de la petite entreprise familiale, à « taille humaine ». Le service public peut certainement aller se rhabiller, il n’est pas vraiment à l’ordre du jour.

dualCette année, le groupe Marc Bloch s’est invité dans les débats, ou plutôt a proposé une tribune « le continuum bac-3 bac+3 » mais n’est pas venu la débattre … alors on s’est défoulé sur d’autres thèmes, comme celui de la séparation de l’enseignement et de la recherche, de la gouvernance universitaire, des leçons américaines, des propositions u CNU pour réformer le recrutement des EC, de la guerre des masters, de la laïcité à l’université (le bide de l’année en termes de commentaires, des lobbys qui réclament un doctorat light. Enfin et pour terminer, ayons une pensée pour ceux qui nous ont quitté cette année : l’AERES est morte, sacrifiée sur l’autel des noniste par G. Fioraso, qui d’ailleurs nous a quitté aussi, remplacé par je ne sais qui (il y a un remplaçant maintenant ?).

Bon, en conclusion, ce fut une année un peu triste, je trouve. Ma mission de l’OGU patine un peu dans la semoule et je crois bien que je vais arrêter là, faute d’y comprendre quelque chose. Faut se faire une raison …

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… quoi ? le système l’alerte de ma puce intégrée fait bip bip ? Quelqu’un serait-il en péril quelque part dans la galaxie ? Arghhh !! c’est de nouveau la princesse Leila qui a encore été imprudente. D’après ce que je comprends, cette cruche s’est inscrite pour le concours de l’ile de la tentation de la planète Kepler 452-b. Et elle est aux prises avec Kara Cucumber … je ne peux rester insensible à ses cris de détresse, je file la rejoindre !!

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Année Universitaire 2013-2014

Je crois qu’il est temps de plier bagage. Ça fait maintenant 5 ans que je suis ici sur Terre à observer l’étrange comportement des universitaires terriens. Ça fait 5 ans que je tente de comprendre et 5 ans que je ne comprends rien. A un moment donné, il faut se faire une raison : l’ESR d’ici, c’est vraiment n’importe quoi, une sorte de bouillie incompréhensible. Mais avant de mettre fin à ma mission, je dois terminer mon rapport annuel à l’OGU (observatoire galactique des universités). Au boulot !

Par quoi commencer ? Par les thèmes récurrents de ce blog, comme celui du rapprochement entre universités et grandes écoles ? De l’évolution de notre enseignement supérieur vers un système à deux vitesses ? Du crédit d’impôt recherche ? D’une réforme du recrutement de l’enseignant-chercheur ? Des superpouvoirs exorbitants des présidents d’université ? est-ce la fin de l’agrégation du supérieur ? De la nouvelle vague des bidulex (IDEX) ? D’un continuum maternelle-université ? des préoccupations des suisses ou des asiatiques ? Faut-il choisir la science ou le business ? Rouler en Fiat Punto ou en Peugeot 508 ? Non, tout cela est d’un pauvre intérêt.

pleureusesParlons plutôt des pleureuses de l’ESR. Qui sont-elles ? C’est en fait un joli ensemble collectif auquel se joint l’ensemble de l’ESR, universités et grandes écoles unies pour une même cause. Ce ne sont pas des petites larmes mais des torrents de lamentations, parfois même d’invocations belliqueuses. C’est de toute façon la faute du gouvernement et de G. Fioraso. Parfois on trouve d’autres boucs émissaires. Pisa ? c’est la faute à Bourbaki !

Heureusement, tout n’est pas noir. Par exemple, l’X (la poule au œufs d’or)  a un nouveau logo ! sous le logo, il est écrit « université Paris-Saclay » … le monde change ! Par ailleurs, nos universités sont maintenant bien engagée sur la route de l’excellence. Cette année, G. Fioraso aurait bien bossé. Elle a revalorisé les bourses étudiantes, augmenté les capacités d’accueil dans les résidences étudiantes, elle a simplifié l’offre de formation dans les universités par un cadrage national (au diable l’autonomie des établissements !). Elle a aussi augmenté le montant des gratifications des stages des étudiants, y compris dans nos laboratoires de recherche. Je me demande bien comment on va faire étant donné que nos crédits de fonctionnement courants sont en baisse … Enfin, elle aura bien affiché qu’elle est contre la sélection à l’entrée du master, et d’ailleurs plus généralement contre la sélection à l’université et contre une augmentation des frais d’inscription (certains voudraient les augmenter …). Avec G. Fioraso, les étudiants ont bien soignés. Moi ce que je ne comprends pas bien, c’est pourquoi les étudiants veulent faire des études. Car de toute façon, diplômes ou pas, du boulot pour eux, y’en a pas. L’obsession diplômante de nos sociétés est troublante …

moocPlaidoyer pour les MOOC. Soyons moderne, le truc à la mode, ce sont les MOOC. Moi je suis à fond pour les MOOC, je n’y vois que des avantages, c’est pourquoi j’ai écrit un plaidoyer pour les MOOC, qui a eu beaucoup de succès. Avec les MOOC, c’est une époque formidable qui s’ouvre à nous. Mais certains devront choisir: MOOC ou SPOC ?

quoi-de-9-docteur2Quoi d’neuf, docteur ? Cette année, on a consacré beaucoup de billets au doctorat. On a d’abord été accompagner un nouveau doctorant, Monsieur Kafka, s’inscrire à l’université. C’était compliqué, on n’a rien compris mais c’est ça l’université et son administration. On a ensuite discuté de la durée des thèses, souvent bien trop longue. Alors on a décidé de raccourcir tout ça et d’imposer une thèse en 180 secondes. C’est bien assez. Bien entendu on s’est lamenté de la faible reconnaissance du doctorat par les entreprises, de l’insertion des docteurs dans les entreprises, du recrutement des doctorants. On a même été jusqu’à proposer une réforme du jury de thèse (retoquée, il semble …). Enfin, on a reposé la question fondamentale: la thèse est-elle un vrai travail ?

Sur Gaïa, on discute souvent de nos petites affaires de statuts, de structuration ou de primes. Par exemple, au sujet de la structuration, on aura porté une attention à l’Université de Lille, qui décidément n’avance pas alors qu’ailleurs ça bouge dans le bon sens. L’université de Lille est en panne sèche, c’est surement une affaire trop sérieuse pour être confiée aux universitaires. Nos universités resteront incomplètes … quelle tristesse ! Au sujet des primes, G. Fioraso a rénové le système. La PES s’appelle désormais la PEDR, ce qui représente une novation importante. Moi, pour fêter cela, j’ai déposé mon dossier de PEDR. Au sujet de nos statuts, on a discuté de la différenciation des services (mais pas chez nous, chez les autres). On aura eu une petite pensée pour notre collègue qui est revenue de congés de maternité. On a aussi mis en place la formule magique. Avec elle, plus besoin de passer du temps à l’évaluation des dossiers pour les primes, promotions et autres recrutement. En moulinant cette formule, on arrive à un chiffre qui permet directement de hiérarchiser les choses. Pourquoi se compliquer la vie ? Coté recherche, ce n’est pas toujours la joie. Les crédits de l’ANR sont en baisse et il y a beaucoup moins de postes au concours, à la fois dans les universités et organismes de recherche. D’ailleurs, à propos de l’ANR, elle a eu l’idée saugrenue de copier des appels à projets élitistes du type ERC.  Coté édition scientifique, et comme chaque année, on a discuté des menaces de résiliation d’abonnements et de boycott de maisons d’édition. Et comme chaque année, rien ne change là aussi.

cpge3La polémique de l’année, c’est sans hésitation le salaire des profs de prépa. Figurez-vous que V. Peillon, alors ministre de l’éducation nationale a voulu réviser un décret de 1950, avec pour conséquence une baisse de la majoration de salaire des prof de CPGE ! dingue ! on s’attaque à la république s’en prenant aux meilleurs d’entre nous ! Ah le salaire des autres … les trois billets (ici, ici et ) qu’on y a consacré ont provoqué des échanges endiablés ! Bien entendu les profs de CPGE ont gagné, ce n’est pas demain la veille qu’on changera quoi que se soit en ce pays.

non4Le passé serait sans conteste un meilleur futur. Cette année, on a pu constater que le nonisme universitaire n’était pas mort. Parfois il se réveille, toujours très en retard sur l’actualité mais il montre qu’on peut compter sur lui pour égayer la toile. On a eu aussi le plaisir de recevoir la visite de noNette. Ce fut pour moi un réel plaisir et je lui décerne sans hésitation le prix de la meilleure formule de l’année : le passé serait sans conteste un meilleur futur. Je trouve que ça frise le génie. Un grand merci ! Il faut dire qu’on en est tous convaincus : c’était mieux avant (par exemple à Marseille). Et aussi : l’université n’est pas une entreprise, le savoir n’est pas une marchandise !

vernant4Le groupe J. P. Vernant est, quant à lui, apparu en avril dernier. Il a lancé avec succès une pétition anti-ComUE, fait du lobbying anti-Fioraso, mis la toile en ébullition. Tout cela sans succès car au final, les ComUE semblent être un pari gagnant pour G. Fioraso. Le groupe Vernant a aussi déclaré la guerre des groupes. Sans relâche, il traque les membres du groupe M. Bloch. Le groupe Vernant a aussi fait une enquête sur moi, et m’a démasqué en tant que chargé de mission du consortium CPU-AMUE. Il a même tenté de forcer la sécurité informatique de mon blog. Calomnies, intimidations, traque et fichage de ses « opposants », telles sont les méthodes du groupe Vernant.

Bref, encore une fois, cette année on aura bien rigolé !

Sur un blog voisin, j’ai lu récemment que parfois les discussions d’un blog deviennent l’intérêt principal du blog. Gaïa Universitas était cité en exemple (lire ici). C’est vrai que je suis très fière d’avoir rassemblé ici la fine fleur des commentateurs de l’ESR. Mais quand même, c’est un peu vexant d’apprendre que tout le monde s’en fout de mes billets et qu’on vient sur Gaïa uniquement pour suivre les discussions …

Ayant maintenant la preuve que ma mission sur Terre est un gros bide, il est plus que temps de rentrer chez moi, sur ma planète. D’autres missions intergalactiques m’attendent … on vient de m’apprendre que la princesse Leila (de la planète centrale des Atréïdes) a été enlevée par le démoniaque Zroc, le despote parmi les despotes des palcanoïdes. J’arrive !!

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Année Universitaire 2012-2013

Comme à chaque fin d’année universitaire, je dois faire mon rapport annuel à l’OGU (observatoire galactique des universités). C’est avec ce rapport qu’il sera décidé s’il me faut rester encore sur Terre ou bien si je peux retourner sur ma planète d’origine en attente d’une autre mission galactique. Les années précédentes, mes rapports n’avaient manifestement pas été très convaincants étant donné que je suis toujours là. Recalée, en quelque sorte, condamnée à poursuivre une investigation dans ce monde de l’ESR auquel je ne comprends rien.

Alors voilà mon rapport …

ASSISES-bulles-h_221645_34Assises de l’ESR : l’année avait commencé par les assises de l’ESR.  Quelle folie, quel enthousiasme ! Tous les terriens ne parlaient que de ça. Ca faisait l’ouverture du journal de 20 h et tout le reste était occulté. On vivait au rythme des contributions et des débats passionnés retransmis en direct. Dans la plupart des villes et des villages, on avait installé des écrans géants pour bien tout suivre. Bien entendu tout le monde voulait parler en même temps et c’était rare que les terriens soient d’accord entre eux. A plusieurs reprises, ça a failli tourner au pugilat et il a fallu faire évacuer le stade. Dans la tribune Ouest, il fut entonné l’éloge de la simplicité, mais si le  « Mille-feuille institutionnel » est un constat partagé, il n’a pas vraiment eu de solutions concrètes au problème. Les ultras de la tribune Est sont allés encore plus loin : dans une grande farandole ils se sont rendus « place de la grève » pour entamer une ronde infinie afin de remettre à plat les Bidulex. Ce à quoi il leur fut répondu : mais, un Idex sans excellence, ne serait-ce pas comme un baiser sans moustaches ? Un baiser sans moustache ! ah non, ça, personne n’en voulait ! Certains voulaient réduire les dualités de l’ESR, ou réformer la gouvernance des universités (aussi ici). Fallait-il évaluer l’enseignement des enseignants-chercheurs ? La mouvance CNU (comité noniste ultraconservateur) a dit NON. D’autres (les doux rêveurs, comme moi) voulaient refonder l’orientation post-bac , faire une  réforme majeure du premier cycle du supérieur ou encore qu’on retrouve une égalité des territoires. Certains étaient des intégristes : ils voulaient sélectionner les étudiants à l’université ! … des inconscients ! … jusqu’où doit aller l’université pour la réussite des étudiants ?. Faut-il mettre fin à l’égalitarisme ? Et à qui appartient l’université ? Un jour, quelqu’un s’est levé et a déclaré « Nous ne sommes pas là pour assurer des débouchés professionnels aux étudiant. Nous sommes là pour élever les consciences ».  Heureusement qu’on a encore à l’université quelques grands intellectuels qui nous aident à y voir clair.

Et puis les assises se sont terminées et chacun est rentré chez soi …

Au sujet des assises, j’ai constaté que le site woueb qui leur était consacré a disparu ! il est remplacé par un site d’autopromotion des actions de la ministre. Très curieux. Est-ce que quelqu’un saurait nous retrouver les contributions de ces assises de l’ESR ?

failliteY’a plus de sous dans les caisses. Cette année (une fois n’est pas coutume), on est allé visiter les caisses. Mais horreur, y’avait plus rien dedans ! Dingue ! Après la folie des bidulex et de ses milliards qui pleuvaient de partout, y’avait plus rien du tout ! Vraiment à sec, comme si une tornade avait emporté tous les billets bien rangés. Anxieux, les terriens se demandaient : est-ce le déclin de la compétitivité? Les mesures de rigueur toucheront-elles les universités ? et si c’était à cause d’une  fraude généralisée des entreprises pour bénéficier du crédit impôt recherche (CIR) ? Ça s’est vite confirmé avec des crédits de fonctionnement en baisse dans les universités et une faillite annoncée. Ce n’est pas encore cette année qu’on va rénover les murs fissurés des locaux universitaires.  Et les études ça coûte cher : Etudiants, emportez votre prêt en Europe!.

etat_orchestreG. Fioraso, reine stratège et guérillero du transfert. Cette année, ministre entamait sa première année de souveraineté. Elle a rapidement pris ces marques et elle a dit « c’est le retour de l’Etat stratège » ! avec un rôle accru de l’Etat dans la future loi. Ca donnait le ton. Avec G. Fioraso, c’était assez clair qu’on n’allait pas rigoler tous les jours. Chacun à sa place, la noblesse, le clergé et le tiers état, et que rien de dépasse des rangs ! On a vite compris : l’autonomie des universités, c’est fini. Certains étaient heureux, on leur avait rendu leurs chaînes ! Compte tenu qu’il n’y avait plus de sous, la ministre est allée piquer des sous à l’ANR pour aller renflouer les caisses du CNRS. Elle avait hésité un instant : faut-il parier sur l’université ou conserver un pilotage national de la recherche par les grands organismes ?.  hum hum … elle a choisi le CNRS, tant pis pour les universités. D’ailleurs les universités, ça pose des problèmes. Par exemple, il y en a trop, elles sont souvent découpées en entités disciplinaires. Combien d’Universités faudrait-il en France ?. 20, 30, 50 ? À ce jour les terriens n’ont toujours pas trouvé la réponse. Peut-être n’ont-ils pas encore bien compris qu’on en avait terminé avec les trente glorieuses. L’âge d’or de l’université, c’est fini depuis longtemps. C’était cool à cette époque, on pouvait venir faire ses humanités sans trop se soucier de son devenir professionnel. Du boulot, y’en avait … ou peut-être n’ont-ils pas bien compris à quoi servent les universités (mis à part de parking pour tous les jeunes dont on ne sait pas quoi faire). Ceci dit, G. Fioraso est bien embrassée. L’université elle voudrait bien l’utiliser pour faire du transfert de la recherche publique vers les entreprises. Le savoir n’est pas une marchandise, qu’ils disaient. G. Fioraso s’en fiche, le savoir aussi elle veut le transférer.

economieRubrique économie. Cette année, on a innové sur Gaïa. On a ouvert une rubrique économie. Dans « Import-export de matière grise », vous saurez tout sur la balance commerciale des pays, dans cette grande « ruée vers l’intelligence ».  Maintenant c’est bien, on a plein d’indicateurs, comme le classement de Shanghai et bientôt dans votre université… l’Euroclassement!. Quand on fait de la science, on fait aussi des publications. On ne peut constater que la production augmente considérablement ces dix dernières années, au point que certains se posent sérieusement la question : Comment lutter contre la surproduction de publications ?  Les éditeurs en profitent et se font des profits extra-terrestres. Mais la fronde est latente … « We are the people » disent des terriens …

quoi-de-9-docteurLa thèse est-elle un vrai travail ? Cette question, on l’a déjà posé sur Gaïa, à diverses reprises. Il est manifeste que pour certains, la thèse n’est pas un vrai travail (c’est par exemple le cas de la CGE).  En France, il y a une question qu’il importe de se poser avant d’entamer un doctorat : Doctor or not Doctor, that is the question. En effet, on ne peut pas dire que le doctorat soit réellement bien considéré ici, comme en témoigne la bataille d’amendements sur le doctorat et les conditions d’accès à la haute fonction publique (projet de loi ESR). Ailleurs, la question se pose beaucoup moins et le doctorat est beaucoup mieux considéré. A lire également : Doctorats scientifiques : y a-t-il un retard français ? et Doctorants étrangers.

premiercyclesupCPGE, licence et premier cycle universitaire. Cette aurait pu être LA grande année du rapprochement CPGE, Universités et recherche. L1-L2 et CPGE : où sont les vraies urgences ? Quel public pour une « formation par la recherche » à l’université ?  Mais il ne s’est rien passé, c’est le statu quo. Il était manifestement urgent d’attendre. Attendre quoi ? Pourquoi fait-on semblant de ne pas voir que les licences scientifiques sont au fond du gouffre? Pendant une brève période, on a cru qu’on allait avancer sur le thème de l’accès des bacheliers aux IUT. Quel public pour les formations en IUT et STS ?. Allait-on donner une  priorité d’accès aux IUT pour les bacs technos ? Tout ça a tourné en eau de boudin. A suivre tout de même, une nouvelle nomenclature nationale pour la licence annoncée (bonjour l’autonomie des universités !). Cette année encore, on ne peut que constater combien il est difficile d’introduire de la cohérence à notre enseignement supérieur

regionalisationRégionalisation. La région, c’est le diable, c’est à coup sûr être livré aux petites tyrannies locales. « nous ne saurions accepter une régionalisation de l’enseignement supérieur » !. Assurément le thème continuera à faire parler de lui. Trois billets ont été consacrés à ce sujet cette année : Régionalisation de l’enseignement supérieur , Régionalisation de l’enseignement supérieur et de la recherche (2) et Enseignement supérieur et collectivités territoriales.

aeres_suppressionLe sacrifice de l’année. Cette année, on a décidé de faire un sacrifice, pour faire plaisir aux nonistes. Au début on ne savait pas quoi prendre comme bouc émissaire. L’ANR ? L’AERES ? Les bidulex ? Les présidents dictateurs d’université ? C’était vraiment difficile de choisir. Alors on a tiré au sort, et ce fut l’AERES (lire les billets Assises ESR: l’AERES sur le grill ?, L’AERES supprimée et AERES : ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain). Hop bon débarras ! On sera bien plus tranquille sans évaluation des labos.

paresseuxOn serait bien tranquille sans les étudiants. Dans l’enseignement supérieur, il existe un truc un peu pesant : ce sont les étudiants. Comme beaucoup, je pense qu’on serait bien plus tranquille s’ils n’étaient pas là. Car c’est bien connu, les étudiants sont des gros fainéants. De toute façon, le gouvernement l’a bien compris : des bons élèves à l’université, ça serait un gâchis insupportable ! Ça serait un peu comme donner de la confiture à des cochons. Il n’empêche de ce n’est pas toujours très facile de déceler les talents. D’ailleurs on s’en fiche un peu de déceler les talents. A l’université, quand on veut sélectionner les étudiants, on tire au sort. Trop fatiguant de lire les dossiers ou de les écouter nous assommer avec leurs motivations …Pouf Pouf, ça sera toi ! Qu’on se le dise, il n’y a pas de sélection à l’université, il y a une orientation active (ou passive, le plus souvent). Franchement, ras le bol de cocooner ces jeunes … c’est quand l’âge de la rupture ? Manifestement on le retarde de plus en plus. Heureusement, les enseignants ont trouvé la parade : en cours, il faut barber les étudiants jusqu’à les endormir! Et la marche, preuve scientifique à l’appui ! A l’université, sachez-le : on est chercheur par passion, enseignant par obligation et pédagogue par hasard. Il n’empêche que certains sont heureux (ou presque). On se demande comment ils font …

assemblee_fiorasoLoi « Fioraso ». La nouvelle loi aurait pu être une loi sur l’ESR mais elle est rapidement devenue la « loi Fioraso ». Beaucoup l’ont trouvé un peu terne, ne résolvant aucun des problèmes de notre ESR. En y regardant bien, on peut quand même constater quelques évolutions intéressantes, que nous avons discutées ici, le temps du débat parlementaire : le  conseil d’administration, le conseil académique (volet 1 et volet 2) qui a chatouillé les Nombrils des Présidents d’Université, le transfert des résultats de la recherche, les communautés d’universités ou d’établissements, la secondarisation de l’enseignement supérieur. ON a pu lire beaucoup de tribune çà et là, disant par exemple que les politiques n’abordent que les questions accessoires. Mais force est de constater que les « opposants » n’ont rien à proposer comme alternative. On a vu aussi quelques collectifs se constituer, tristounets et éphémères, bref aussi décevant que le projet de loi (collectif Langevin et Tu quoque Hollandi). Quand c’est terne, les terriens vont jusqu’au bout de la ternitude!

god_save_fiorasoOh my Dear ! Le débat majeur sur notre ESR a été celui de l’anglais à l’université (dingue !). C’est ce qui a passionné les médias (faut dire qu’il n’y avait pas grand-chose d’autre de croustillant). Peut-être aussi que c’était un leurre pour qu’on n’aille pas discuter de questions plus importantes ? Mon petit billet anodin sur « La guerre des langues est relancée » a suscité plus de 300 commentaires, un record ! Il m’a fallu mette de holà « Enough is enough! » et faire un bilan post-traumatique « The day after ». God save Fioraso !

qualificationLa crise de la qualification. Le plus drôle de l’année fut certainement la « crise de la qualification ». Inespérée, survenue lors de la dernière ligne droite, cet épisode tartuffe résume à lui seul le conservatisme et l’identitarisme de notre ESR. Cette qualification ne sert pas à grand-chose et pourtant elle a mobilisé de façon impressionnante une partie importante de la communauté universitaire (« attaque ! attaque !), laissant les questions importantes loin derrière. L’honneur est sauf, on aura sauvé la qualif ! Ici, dès le mois de mars, on avait posé la question : Faut-il supprimer la qualification du CNU ? La réponse avait été plutôt « oui ». On avait aussi proposé une réforme des comités de sélection. En juin, par coup de génie des sénateurs écologistes, la qualification du CNU était sur la sellette. La réaction fut un enfumage à tous les étages. Et puis, comme rien ne change dans un ESR plongé dans le formol, on a supprimé la suppression de la qualification  …

En résumé, cette année, on a encore bien rigolé ! C’est ainsi que se termine mon rapport. Ma mission, brillamment  remplie, s’achève. Il est temps pour moi de rentrer chez moi, sur ma planète. D’autres missions intergalactiques m’attendent … on vient de m’apprendre que la princesse Leila (de la planète centrale des Atréïdes) a été enlevée par le démoniaque Zroc, le despote parmi les despotes des palcanoïdes. J’arrive !!

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Année Universitaire 2011-2012

Comme vous le savez, je suis une extraterrestre en provenance de la planète Gliese 581e, à 20 années lumière de la Terre. J’ai été missionnée en 2009 par l’OGU (Observatoire Galactique des Universités) pour étudier l’étrange comportement des universitaires Terriens. Ça fait maintenantplus de 3 ans que je suis ici, à tenir ce blog. Il est l’heure pour moi de faire le bilan, écrire mon compte rendu pour l’OGU et repartir à la maison …

Que s’est-il passé d’intéressant cette année ? A vrai dire, pas grand-chose, ce fut une année plutôt calme, presque un peu terne. D’ailleurs, depuis que Dame Pécresse est partie, il faut convenir qu’on s’amuse un peu moins (et je l’admirais tant …). Il est vrai que c’était une année présidentielle, donc une année sans réforme. D’un autre côté, ça aurait du être une année de débat sur l’ESR. Mais celui-ci n’a pas eu lieu. Le PS a repoussé sa réflexion à l’automne prochain (assises de l’ESR), probablement qu’il n’avait aucune idée claire lors de la campagne. Côté UMP, la priorité n’a pas été donnée à l’ESR et il s’agissait surtout d’entrer dans une phase de consolidation du bilan précédent (LRU, mise en place des bidulex).

Campagne présidentielle: Commençons donc par cette campagne présidentielle. Bravant sa ternitude, la Gaïa Universitas en a tout de même fait quelques billets. Nos candidats à la primaire socialiste ont donné leur perception de la LRU, sur l’AERES ou sur le comment investir dans l’enseignement supérieur. Le candidat F. Hollande nous a donné un petit programme assez léger et très flou (Volet 1 et Volet 2). Parfois, dans ses rares paroles concernant l’ESR, j’ai pu lire le slogan « tout sauf l’université« . Il me semble que pas un seul instant on a pu avoir de débat sur le rapprochement ou fusion des grandes écoles et universités. Dommage ! En ce qui concerne le premier cycle, c’était bien parti, le PS avait annoncé que ça serait sa priorité. Mais concrètement, ce n’est resté que des mots sans la moindre proposition concrète. Ce premier cycle est pourtant LE grand enjeu. Mais cela vaut t-il le coup de le sauver ce premier cycle ? (Volet 1, Volet 2 et Volet 3). Tant d’autres choses auraient pu être discutées, par exemple le thème de la décentralisation et l’enseignement supérieur, la formation professionnelle à l’université, les frais d’inscription dans l’enseignement supérieur, l’autonomie financière des universités, sur l’égalité des territoires en matière de recherche. Le presque rien, la pression et le curseur, mon visseur caléidoscope avait tout compris avant moi ! Et si tout cela ne passionne pas les politiques, le Pape donne son avis sur l’université ! Les nonistes aussi ont turbiné à plein régime, c’est dingue comme ils sont inventifs. La CPU un peu moins, avec ses 20 tristes propositions. L’UNEF est plus offensive, avec 10 exigences. Pourtant,  changer de paradigme, voilà ce qu’il nous faut ! Bienvenue à l’Université (moderne) française ! Pour la dernière ligne droite, nous avons mis en confrontation entre les deux finalistes quelques thèmes très majeurs, comme les bidulex, la LRU, la dualité organismes de recherche-Universités, le financement de la recherche (récurrent ou par appel à projets ?). Pour le ministère ESR, j’avais parié sur Michel Destot. Evidemment, comme d’habitude, j’avais tout faux.

 Terra Nova: La fondation Terra Nova nous a proposé en aout dernier un très intéressant rapport sur l’ESR. Nous en avons discuté quelques points: le rapprochement de statut des chercheurs et des enseignants-chercheurs, la gouvernance des universités, la diversification des parcours en licence. Leur président-fondateur nous a quitté récemment, beaucoup trop tôt, et j’espère de tout coeur que TN continuera à nous alimenter de ses analyses toujours passionnantes.

LRU et Gouvernance. S’il y a quelque chose à changer dans la LRU, c’est bien la gouvernance. Les dernière élections des présidents d’université l’ont clairement montré. On pourra relire la proposition de Terra Nova, sur le sénat académique. Nul doute qu’on va aller vers une réforme de la gouvernance, François Hollande l’a dit (Volet 1 et Volet 2). Sous quel forme ? Mystère …

Les bidulex. C’était la fin du grand concours des bidulex, le grand laminoir va enfin terminer son oeuvre. Equipex, Labex, Idex, à chaque université de trouver son karma ou bien de partir à la chasse aux Nobel. Il y a eu aussi les IDEFI, pour lesquels peu d’étudiants sont concernés. Mais ces bidulex a faire perdre le Nord à la France, les errements de l’Etat font du dégât. La bataille est également perdue à Montpellier, ce qui a fait fortement réagir les politiques de la région. La France est terriblement inégalitaire en ce qui concerne la recherche (volet 1 et volet 2), et ça fait longtemps que ça dure. Pour ma part j’ai raté mon Equipex, pas grave, je me suis consolée avec le Slam du Labex. L’excellence des université, d’accord, mais quelle excellence ? Une petite analyse de productivité scientifique montre assez clairement qu’il n’y a pas de corrélation entre cette productivité et les sites qui ont été retenu lors du grand concours des bidulex. Je cherche encore à comprendre … j’ai la gueule de bois post-bidulex

Le jeune: L’enseignement supérieur, c’est fait pour le jeune. Année après année, le jeune est remplacé par un autre jeune et il faut alors tout recommencer. Ça ressemble un peu à une histoire sans fin, à croire que le jeune n’apprend rien et se complait dans son statut de jeune. Chaque année il nous faut répéter ce qu’on a expliqué l’année précédente, c’est fatiguant … d’autant plus que maintenant, il faut cocooner le jeune ! Quand je pense à ce petit insolent qui m’a dit que mon cours était trop théorique ! Argghhh, des baffes qui se perdent ! Ça fait les malins mais nous on ne rigole pas trop quand on corrige leurs copies. A lire toutes ces horreurs, on se demande franchement à quoi ça sert de faire cours ? On fait des cours de physique et on voit les étudiants partir ensuite dans les banques ou la finance. Certes il est vrai qu’ils y gagnent bien leur vie. N’a-t-on pas à disposition des cours sur la toile faits par les meilleurs enseignants du monde ? A ce sujet, la Gaïa Universitas vous a proposé une solution optimale afin de concilier dépense publique et qualité de l’enseignement (ou comment survivre à la crise financière). Les sous … le nerf de la guerre, il semble. Un petit chèque à son université ? Oui, non ? Non … but Darling they educated me ! Peut-être qu’on pourrait faire payer les étudiants étrangers ?  Gaïa a aussi fait une enquête sur ce qui se fait ailleurs, bien que notre système soit le meilleur du monde puisque tout-le-monde-nous-envie. Notre attention s’est portée sur le Royaume-Uni (Volet 1, Volet 2 et Volet 3). L’UNEF, de son coté, rêve d’une promesse de vie meilleure. Notons aussi une enquête sur l’immobilisme étudiant et les effets de site. Mais étudiant, faut te mettre ça dans la tête: à l’université on ne veut pas de toi ! tu feras une grande école, mon fils … ou alors encore mieux, deviens physicien ! Ou alors fais de la biomécanique, n’est-ce pas Jordan ?

Les ingénieurs: On a aussi beaucoup discuté des ingénieurs. En effet, ils sont en faillite, à sec sur l’innovation, la création d’entreprises ou autre solution pour la ré-industrialisation. Les nouvelles n’ont pas été bonne cette année, comme par exemple Peugeot qui met un frein sur R&D. Idem pour Sanofi. Comment faire ? Confier la vieille dame à l’AERES ? Y a-t-il assez d’ingénieur en France ? Il est plus que temps d’ouvrir les masters d’ingénierie à l’université. L’innovation a été un thème souvent discuté sur Gaïa cette année. On s’est interrogé sur la valeur des innovations, sur le système optimal de recherche pour y parvenir et sur les raisons qui lui font obstacle.

Les libertés universitaires: on a enfin repris notre cycle sur les libertés universitaires. Le sujet est complexe, tellement la liberté fait peur ! Sujet tabou: l’autonomie ne devrait-elle pas nous permettre de sélectionner nos étudiants ? Quelques perles: « c’est lorsque les universités étaient soumises à un pouvoir centralisé, vertical, “soviétique” disaient certains, que nous étions réellement libres ». Incroyable ! L’autonomie, en réalité, c’est une servitude. Un autre proteste que l’autonomie est un leurre car les universités n’ont pas d’autonomie financière. Peut-être qu’il rêve d’une université privée ?

Les classements: Ah les classements … c’est un régal. On adore ça sur Gaïa. Cette année on a discuté du classement du “Times Higher Education”, qui nous classe parmi les cancres, nous qui avons pourtant le-système-que-tout-le-monde-nous-envie ! D’ailleurs certains refusent ces classements. C’est le cas du réseau Polytech, ces écoles universitaires tellement prometteuses (Volet 1 et Volet 2). On a également publié le petit guide pratique des meilleurs formations du supérieur mondiales, c’est dire si on s’occupe de vous sur Gaïa …

Bibliométrie. Quand on est chercheur, il faut publier sa recherche. En effet, à quoi ça sert de laisser ça dans les tiroirs ? Mais publier n’est pas toujours facile. En particulier, il faut bien choisir son journal, étudier son facteur d’impact et son taux de rejet. Ou alors fronder contre Elsevier ! ou encore, faire comme les britanniques qui vont bientôt basculer vers le Gold Open Access. Quand on est chercheur, il est de bon ton de feindre d’ignorer son h-index (ainsi que celui de ses collègues). Mais sur Gaïa, rien de secret, on révèle tout ! c’est ainsi que l’on a découvert les h-index de Messieurs Dupont T et Dupond D, et celui de Y. Fujii, ce diabolique japonais « arrangeur » de données …

La vie dans les laboratoires. Sur Gaïa, on s’intéresse aussi à nos petits soucis de la vie quotidienne. Par exemple, qu’est-ce qu’être EC dans un IUT ? Ou PRAG à l’université ? Combien ça coûte une publication ? comment se faire rembourser ses frais de déplacement ? Faut-il supprimer le CNUUniversités: re-nouer formation et recherche, ou comment re-motiver étudiants et enseignants(-chercheurs)Pourquoi y a-t-il de plus en plus de chercheurs et de moins en moins de savants ? Pourquoi n’y a-t-il pas plus de blogs de recherche scientifique ? Pourquoi n’y a-t-il pas de prix Nobel pour les « humanités » ? La chimie et la physiques déclinent-ellesComment en finir avec l’enseignement-punition ? Faut-il enseigner en français ou en anglais ? La thèse est-elle un vrai travail ? Nos relations avec les industrielles sont-elles au mieux (Volet 1 et Volet 2) ? Les chercheurs sont-ils heureux ? (d’après V. Pécresse, oui!), l’autonomie est-elle une servitude ? les heures complémentaires des non-publiants, l’AERES qui réforme sa notation, et l’évaluation, toujours l’évaluation comme une obsession universitaire.

Vous avez bien tout suivi ? Vérification par le quiz de la Gaïa Universitas ! et si vous n’avez pas tout bon, alors je vous conseille, en guise de révision, la fabuleuse histoire des terriens racontée aux extraterrestres.

Quand on tient un blog, on n’est pas à l’abri de commentaires un peu désagréables. Heureusement, sur Gaïa c’est très rare. On est très loin de l’ambiance du café du commerce ou d’un blog de libé. Mais bon, ça arrive quand même. Cette année, j’ai reçu un seul commentaire qui m’a semblé désagréable, de quelqu’un qui n’est pas celui dont je me chauffe. « Rachel, vous nous trompez depuis la création de votre blog. Vous êtes une “taupe” galactique sur la Toile. Au service de qui ? Je pense très sincèrement, au vu de la chronique de ce jour [ici, février 2012], que c’est au service de la majorité actuellement au pouvoir. Ayez le courage de le dire à moins de cent jours de l’élection présidentielle ! Que proposez-vous dans cette chronique attaquant les nonistes et pour le futur de l’enseignement et de la recherche (futur dont vous laissez croire qu’il est aussi le vôtre ) ? Rien ! ».

Mais je ne peux pas en vouloir à ce commentateur, il ne peut pas connaitre tous les exploits que j’ai réalisés dans la galaxie, comme la fois où j’ai combattu les Rogneugneux pour sauver la princesse Leila, ou même encore le sauvetage du vaisseau Herbitus en perdition dans la galaxie du Hamster. Heureusement, mon visseur caléidoscope est venu me consoler …

Resplendissante Étoile au ciel des intellos
Admirable émule d’une Staël numérique
Conduisant le dialogue d’amateurs et de pros
Hélant de nos esprits l’inventive sagesse
Elle n’a pas de Dubois la fibre narcissique
La modestie la voile, émouvante caresse

*soupirs*

Quand on tient un blog, on est immanquablement atteint du blues du blogueur. Trouver des idées de billets, les matérialiser, tout cela n’est pas toujours évident. Ca fait maintenant plus de trois ans que la Gaïa Universitas est ouverte, c’est long pour un blog. De nombreuses fois j’ai eu envie d’arrêter, me disant qu’on a brassé ici tous les sujets, plusieurs fois déjà. Mais d’un autre côté, je me dis que faire et défaire c’est toujours avancer. Je me dis aussi que le lecteur d’aujourd’hui n’est pas celui qu’il y a trois ans. Mais si ce blog est toujours ouvert, c’est avant tout parce qu’il est riche de ses commentateurs. Ce sont les meilleurs de toute la blogosphère et je suis très fière de les accueillir chez moi. Je teins aujourd’hui à les remercier très chaleureusement pour toutes les discussions très riches qui se sont déroulées et pour leur état d’esprit civilisé permettant la cohabitation d’une large diversité d’opinions.

Aujourd’hui est un jour un peu spécial. Un membre éminent de l’OGU (observatoire galactique des universités, l’organisme qui m’a missionné ici) m’attend avec son transporteur. Avant j’étais en contact avec le savant Cosinus mais c’est le savant Arctangente qui s’est manifesté …

Arctangente : « Chère Rachel, c’est le savant Arctangente qui vous parle. Le savant Cosinus étant malheureusement malade, c’est moi qui désormais supervise votre mission. Nos dernières recherches tendent à montrer que le monde sur lequel vous vous penchez est plus complexe qu’il n’y paraît et l’espace-temps y est assez bizarrement déformé. En effet, cet espace-temps semble découpé en “pays”, chacun de ces “pays” ayant un espace-temps légèrement différent. Vu de Gliese, ces espaces-temps peuvent nous sembler synchronisés, pourtant ils ne le sont qu’à une très large échelle. En bref, votre soucoupe a atterrit sur un “pays” appelé “France”, au système universitaire un peu particulier (mais chaque pays a peut-être un système un peu particulier). Aussi, j’ai peur que vous n’ayez confondu un “il ne se passe plus grand chose en France” avec un “il ne se passe plus grand chose sur Terre”. Votre mission est donc loin d’être terminée ! Prenez votre soucoupe et débrouillez-vous pour franchir un ou plusieurs de ces espaces-temps si étranges ! Ou nous ne pourrons pas valider votre rapport.

Rachel : holala j’espère que ce n’est pas trop grave pour le savant Cosinus. Il a un problème avec ses sinus ? Mais étant donné que vous êtes mon nouveau superviseur, il vous faut savoir une chose : pour choisir la cible sur la Terre, j’ai sélectionné le bouton “système-que-tous-le-monde-envie”, je me suis dis que c’était certainement le meilleur. Mais en fait je suis tombée dans une sorte de village gaulois, où chacun défend ses arpents en pensant qu’il est tellement mieux que le voisin. Tout ça sans vraiment de prise en compte d’un intérêt commun et global, c’est très curieux. Dans ces conditions, je ne vois plus trop quoi faire, d’autant plus que le nouveau gouvernement prévoit de rationner les rameurs. Faut venir me rechercher, mission impossible”

Arctangente : Bordel, le décodeur spatio-temporel a encore sérieusement buggé ! Vous avez sélectionné le bouton “système-que-tout-le-monde-envie” et vous êtes arrivée en France ? Encore une soucoupe à foutre à la décharge, c’est pas vrai ! Vous êtes sûre que ce n’était pas “système-que-tout-le-monde-en-vit” ? Bon, je connais 1 ou 2 mécannoprogrammeurs qui vont m’entendre… OK pour le retour. On vous envoie un vaisseau de secours. Mais votre mission reste stratégique. Alors à votre retour, vous prenez 15 jours (terrestres) de repos et vous repartez. Over

Rachel : Peut-être que l’OGU pourrait envoyer quelqu’un autre pour prendre le relais. Moi je n’arrive à rien … et puis il me tarde d’aller de nouveau m’enivrer de rayons cosmiques et de reprendre mon cycle héroïque, il y a tant de mondes à sauver dans la galaxie … mais si par malheur je dois continuer ici, 15 jours de repos ce n’est pas du tout assez, je réclame 1 mois complet ! (de toute façon il ne se passe rien ici en août).

Arctangente : 1 mois ?? Vous avez vraiment pris de drôles d’habitudes sur Terre… Bon, OK, on en profitera pour faire tous vos check santé et réparer votre scribouilleur avant la prochaine mission… »

Bon là maintenant, faut vraiment que je parte. Ce savant Arctangente n’a pas l’air très commode et je ne voudrais qu’il s’impatiente (et pire encore qu’il parte sans moi !). Allez hop, une petite pilule contre le mal de l’espace et c’est parti !

*gone*

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An 2 (septembre 2010 – juillet 2011)

Comme vous le savez je suis une extraterrestre. Je viens de la planète Gliese 581e, à 20 années lumière de la Terre, dans la constellation de la Lyre. Je suis chargée de mission auprès de l’OGU (Observatoire Galactique des Universités) afin d’étudier l’étrange comportement des universitaires Terriens en cette période trouble pour l’université. Pour être franche avec vous, malgré toute l’aide précieuse fournie par l’Astronaute, ma mission ne se déroule pas vraiment comme prévue. En effet, j’ai quelque peine à comprendre votre organisation de l’enseignement supérieur et de la recherche. Sans vouloir vous vexer, on peut dire que c’est un peu n’importe quoi … Tout cela est bien embarrassant car j’ai une mission d’observation et je dois rendre compte de mes observations. En clair je dois écrire un rapport pour l’OGU mais pour l’instant je n’arrive pas à constituer un dossier qui se tient ou qui présente une certaine logique. J’ai pourtant transmis quelques éléments mais tous ont été refusés … Ils rigolent bien là haut … En attendant, moi je suis bien obligée de rester sur Terre alors que j’aurais plein d’autres exploits à accomplir au travers de la galaxie !

Bidulex

Indéniablement, cette année a été placée sous le signe de l’excellence. Moi j’ai déposé mon Equipex en septembre. Une idée géniale, un vrai équipement d’excellence, très révolutionnaire ! Mais curieusement, il n’a pas été retenu. J’ai aussi déposé mon Labex en novembre, puis mon Emulex et Pilotex. C’est que je le veux mon certificat d’excellence ! Pas simple tout ça, il en a fallu des petits meurtres entre collègues pour y parvenir. Tout ça pour finir Kleenex ! sans compter que d’après le jury international, nombre de projets étaient vides de contenu et d’une grande arrogance. Et si les universitaires avaient écrit là leur propre plan social de la science avec ces bidulex ? Au final, ces projets d’excellence devraient faire émerger une dizaines de grands pôles universitaires (voir la carte de France des Labex). En janvier, c’est dix-sept projets qui ont été déposés. En juin, c’est seulement trois projets qui ont été retenus. Que deviendront les autres ? Des « pôles universitaires de proximité » au service des collectivités locales et des entreprises du coin ? Faut-il différencier des universités ? Comment faire pour les assécher encore un peu plus ? Pour Bertrand Monthubert (PS), en 2012 il faudra tout reprendre. En attendant, il faut s’occuper à traiter les traumatismes post-bidulex et y’a du boulot ! Mais moi je m’en fiche, toujours en quête d’excellence académique, je fais du Qi Gong.

Structuration enseignement supérieur

La structuration de l’enseignement supérieur reste bien un thème de prédilection sur Gaïa. Sera-t-il bientôt unifié ? J’en doute fort, étant donné les nombreuses réticences exprimées dès que l’on propose une action qui va dans ce sens. Pourtant, ne devrions nous pas être des bâtisseurs de cathédrales ? Malgré les résistances multiples, je persiste qu’il faut continuer avec en tête une vision progressiste de l’université, réparer les dégâts de mai 68 et sa fragmentation disciplinaire. Il faut continuer le combat contre ces tristes figures qui n’y voient qu’une institution parasitaire. Ailleurs certains succombent à l’appel des orignals et du sirop d’érable. Ici on refuse à une université de faire sa refondation. En France, à quoi ressemblera l’université de demain ?

Écoles et universités

Il faut savoir que sur cette planète, l’ESR est un monstre à deux têtes. Pour l’enseignement, il y a l’université et les écoles. Pour la recherche, il y a l’université et les organismes nationaux. Nombreux sont ceux qui cherchent, sans succès, à rapprocher ces deux mondes. On les appelle les fossoyeurs de la république, ces gens qui commettent l’injure de remettre en cause notre noblesse française. Mais les chiens de garde sont nombreux et surveillent que ce système-que-tout-le-monde-nous-envie reste inchangé. Nul ne peut parler du tabou des grandes écoles sans provoquer des protestations indignées. Les clichés sont tenaces comme en témoignent les comptes rendus dans la presse du succès de chercheurs mathématiciens qui remportèrent des médailles Fields. On insiste alors beaucoup plus sur leur formation initiale (dans des écoles) en oubliant que peut-être l’université, de part l’excellence de sa recherche, y est aussi pour quelque chose ? Triste monde fragmenté. Même les grandes écoles sont trop petites. Docteurs X et Master U y perdent leur repères, la tour de Pisa penche de plus en plus et Super Mamie est de retour sur les bancs de la fac … Le monde merveilleux des girafes, ce n’est pas pour demain …

La polémique de l’année

La polémique de l’année est sans contestation celle qui a opposé l’AERES et la CTI au sujet de la formation universitaire au métier d’ingénieur. L’AERES est décidément très taquine envers la vieille dame. Mais en janvier, la CGE et la CDEFI viennent soutenir la CTI contre l’AERES. Pourtant, il apparait que nos ingénieurs sont en mal d’innovation, peut-être que ces masters d’ingénierie seraient la solution ? Les écoles d’ingénieurs proposent bien des masters et des doctorats, mais veillent à garder d’apanage des diplômes d’ingénieurs ! … d’autres encore préconisent qu’ils mettent en place leurs propres licence d’ingénierie. De leur coté, les universités ne restent pas les bras croisés, elle mettent en place le Réseau Figure (formation à l’ingénierie par des universités de recherche). Que tout cela est compliqué ! il faut sauver nos écoles d’ingénieurs !

Jeunes et étudiants étrangers

Il n’y a pas que cette querelle universités-écoles, bien d’autres se sont déclarées cette année aux cours des billets. Comme par exemple la guerre des langues, ce combat épuisant entre un astronaute et un crocodile. L’université a bien des problèmes, on le sait tous. Le principal problème de l’université, ce sont les jeunes. A l’université, il y a plein de jeunes qui ne savent rien et à qui il faut enseigner. On se demande bien à quoi ça sert, car du boulot pour les jeunes, y’en a pas ! En attendant, certaines universités proposent des cours d’orthographe, les jeunes ne sont pas au niveau, je m’en rends bien compte quand je corrige mes copies … Mais c’est sans compter avec nos amis les étudiants étrangers. Vers l’occident compliqué, ils s’envolent avec des idées simples, certains d’entre eux à l’abordage de la gestion. Pourtant, la rigidité croissante des politiques d’immigration européennes pourraient bien venir les refroidir. Car les étudiants étrangers, désormais il faudra les sélectionner, les encadrer et les orienter. Et si, de notre coté, nous faisions cap vers le Sud ?

Premier cycle

Le point faible de l’université, c’est son premier cycle. Les refondateurs ne s’y trompent pas quand ils parlent du verrou du premier cycle. Faut-il sélectionner les étudiants ? Faut-il rénover les pratiques studieuses ? En mai dernier, la CPU a ouvert son grand colloque, consacré au cycle licence. Le titre de ce colloque était « la licence, une ambition« . D’après la CPU, il faut oser la cohérence, diversifier les parcours. L’UNEF? de son coté, nous donne ses raisons de l’échec en licence. Mais que les conclusions de ce colloque paraissent décevantes ! Ceci dit, la rénovation est en marche, ça commence par un décret et la création de référentiels nationaux.

Le mépris

Pourquoi en France méprise-t-on autant l’université ? Cette question a été l’occasion d’une grande enquête sur le Gaïa Universitas, provoquée par Dan le visseur caléidoscope. Quelles sont les raisons de ce mépris ? Le manque d’exigence ? Les grandes grèves et es blocages idéologiques ? Est-ce à cause de l’absence de sélection ? Ou de l’enseignement-punition ? La rigidité des statuts ou autre obsession statutaire ? La polémique provoquée par la situation inconfortable de Luc Ferry a été une nouvelle occasion de réfléchir sur nos statuts universitaires. Une solution évoquée: l’habilitation à diriger des formations.

IUT

Tout comme l’année dernière, nous avons consacré plusieurs chroniques aux IUT. L’université est-elle en capacité d’accueillir comme il se doit les filières technologiques ? Rien n’est encore acquis, malgré les tentatives de signature de contrats de confiance. En décembre ils réclament de nouveau leur indépendance. Quel avenir pour les IUT ? Pour comprendre ce dossier, on pourra lire le document « l’avenir des IUT pour les nuls« . Une chose est sûre: les IUT et BTS marchent sur la tête. Va-t-on un jour oser la grande réforme de ces filières professionnalisantes ? Pas gagné d’avance

Bibliométrie

Cette année n’a pas été très riche en bibliométrie. Je n’ai eu le temps que de m’occuper que de celle de Ike Antkare, c’était facile car son h-index est nul. Mais on s’est quand même posé quelques questions: Est-il préférable d’écrire plusieurs papiers courts ou bien un seul papier long ? Et l’évaluation des EC, doit-elle être qualitative ou quantitative ? Faut-il publier seul ou avec des collaborateurs ? Pour ma part j’ai trouvé la solution: désormais, je soumets mes articles à une seule revue, le « journal of universal rejection« .

T1852

L’astronaute est un grand voyageur. En janvier il rejoint T1852, une nouvelle planète où ses services ont été requis. On peut lire son installation sur cette planète étrange, ses premiers cours, les petits scandales et autre drames intergalactiques, l’histoire de la révolution sur H1636, la chronique d’une sélection, des Community Colleges à l’université, des salaires de présidents et autres fuites, de l’anniversaire du MIT, des petits incidents de la vie quotidienne sur cette étrange planète, parfois d’affaires troublantes, de leurs choix financiers, de la mise au ban d’une université, du bon diplôme, du concept du « commencement« , et nous donne l’exemple d’une belle leçon de courage.

Des livres …

Beaucoup de livres sur l’université ont été publiés cette année. Nous avons discuté de celui de Louis Vogel, dans lequel il fait 10 propositions de réforme pour l’université. Parmi les thèmes discutés avec plus de détails: changer la pédagogie, le point mort. Les refondateurs ont aussi écrit leur livre de refondation, ils nous parlent du tabou des grandes écoles, du bonheur dans le prés ou d’un choix de civilisation.

… et encore des questions …

On s’est posé bien des questions cette année sur Gaïa. Par exemple, peut-on envisager une bibliothèque universitaire sans livres ? Ou alors tout simplement une université sans enseignants ? Une université sans heures complémentaires ? Et puis, qui doit payer pour financer les universités ? (même thème ici et ici). Quel enseignement tirer de l’expérience anglaise, shocking, isn’t it ? Lever des fonds auprès de donateurs ? Et les filles dans tout ça ? Elles sont premières de classe au bac, mais ensuite dans l’enseignement supérieur, la tendance s’inverse pour nombre de disciplines. Encore un phénomène inexpliqué ! Tout comme cette fameuse démocratisation de l’enseignement supérieur, que l’on retrouve en berne. Et les classements ? Peut-on s’en passer ? Lequel choisir ? Allez, classement, dis moi qui est la plus belle ! Et puis il y a ces fameux concours de recrutement des EC, que décidément il faudrait réformer, un des rares points qui fait une assez bonne unanimité sur ce blog. Tout cela déprime Marianne quand elle prépare ses concours. C’est vrai que tout ça ressemble à un tout petit monde … de brutes. Mais gardons le moral, car tout cela n’est qu’une tartufferie universitaire, ne nous laissons pas aller à trop de sérieux et tentons de rire de toutes ces crispations. Mais que vient faire ce mystérieux photographe ? Et ce Monsieur Huet, quel blagueur lui aussi ! Presque aussi doué que nos nouveaux alchimistes ou que notre ami mathématicien qui a découvert comment contrôler l’Univers !

Vroum vroooouummm !!

S’il sait contrôler l’Univers, alors moi je n’ai plus rien à faire ici, il est temps que je m’échappe. J’ai fait le plein de ma navette, je l’ai lustré et vérifié toutes les jauges. Merci à vous, mes aimables lecteurs et commentateurs, de m’avoir accompagné cette année, c’était très précieux et riche. C’est maintenant l’heure du départ … il me faut vous quitter …

An 1 (mai 2009 – juillet 2010)

Comme vous le savez je suis une extraterrestre. Je viens de la planète Gliese 581e, à 20 années lumière de la Terre, dans la constellation de la Lyre. Je suis chargée de mission auprès de l’OGU (Observatoire Galactique des Universités) afin d’étudier l’étrange comportement des universitaires Terriens en cette période trouble pour l’université. Pour être franche avec vous, malgré toute l’aide précieuse fournie par l’Astronaute, ma mission ne se déroule pas vraiment comme prévue. En effet, j’ai quelque peine à comprendre votre organisation de l’enseignement supérieur et de la recherche. Sans vouloir vous vexer, on peut dire que c’est un peu n’importe quoi … Tout cela est bien embarrassant car j’ai une mission d’observation et je dois rendre compte de mes observations. En clair je dois écrire un rapport pour l’OGU mais pour l’instant je n’arrive pas à constituer un dossier qui se tient ou qui présente une certaine logique. J’ai pourtant transmis quelques éléments mais tous ont été refusés … Ils rigolent bien là haut … En attendant, moi je suis bien obligée de rester sur Terre alors que j’aurais plein d’autres exploits à accomplir au travers de la galaxie !

Quand je suis arrivée, c’était en janvier 2009, juste avant le pitoyable mouvement universitaire saison hiver/printemps. Début février, au cours d’une AG, très naïve et ayant un peu sous-estimé les tensions, je prends la parole pour défendre l’autonomie des universités et une évolution du statut des EC. Holalala … holalala … la réaction fut immédiate sous forme d’insultes et d’intimidations, jusque dans ma boite mail quelques jours après. Franchement je pensais qu’on pouvait discuter à l’université, que c’était un lieu ouvert dans lequel chacun pouvait exprimer ses idées. Car ces idées je ne les pense pas spécialement déviantes : la liberté et la responsabilité sont des concepts que j’aime bien … Mais je ne vais pas jouer la fiérote, j’ai été très nulle ce jour là et j’en suis sortie très marquée. J’ai mis longtemps à m’en remettre. Je crois que c’est un peu pour ça que j’ai créé ce blog, la Gaïa Universitas, quelques mois plus tard, histoire de contribuer à quelque chose, pour se donner une chance de comprendre car de tout ça, à l’université, je ne suis guère tentée d’en rediscuter. Je me tais. Pas très courageuse, je le concède.

Pourtant en janvier 2009, la situation n’était pas si catastrophique. La LRU était voté depuis 2007, une réforme des statuts des EC était préconisée par les états généraux de 2004, la mastérisation était sur une bonne voie, à la fois par les IUFM, universités et syndicats. Les organisations contestataires tentaient assez vainement de mobiliser, mais sans provoquer une adhésion massive. C’est alors que c’est produit l’inconcevable : le 22 janvier 2009, le président Sarkozy fait un discours et tout dérape …

9 juillet 2006, finale de la coupe du monde. Z. Zidane donne un coup de tête à M. Materazzi, provoquant (peut-être) la défaite de l’équipe de France lors de la finale de la coupe du monde. Après plusieurs jours de suspens insoutenable, on apprend ceci : « ben quoi, il a traité ma sœur ! » ! Le concept du « syndrome Zidane » est né.

22 janvier 2009 : Dans une période de délicatesse de sa ministre V. Pécresse et dans une période pendant laquelle le mouvement de contestation n’était encore qu’embryonnaire et pas encore dans la rue, le président Sarkozy houspille les enseignants-chercheurs. Bilan : il provoque une vive émotion dans le monde de la recherche et jette les EC dans la rue, au grand bonheur des syndicats qui peinaient à mobiliser les troupes. « ben quoi, il nous a traité! ».

Je ne peux pas imaginer une seconde que ce discours, de part sa teneur et par l’attitude utilisée par l’orateur, ait été un dérapage. Je pense que tout ceci a été une action délibérée de jeter le l’huile sur un feu encore couvant. Et ça a marché, les universitaires se sont retrouvés dans la rue. Tout cela est très curieux, j’avais l’impression qu’une qualité essentielle d’un chercheur était d’être apte à enclencher une réflexion objective quand un nouveau problème se présentait. Mais il est vrai que le contexte était tendu, sous un flux de désinformations venant de toutes parts, et donc peu propice à se donner le temps d’analyser sereinement le « pourquoi ». D’autant plus que certaines organisations ont su saisir la balle au bond : vous avez entendu, il nous a insulté ! Je trouve tout ça un peu binaire (manichéen, comme on dit chez vous ?). La porte ouvert au grand dérapage …

Notre communauté universitaire était à cette époque atteinte d’une maladie grave qui s’appelle le nonisme. Est-ce grave, docteur ? Sans alarmiste exagéré, la Gaïa Universitas se penche sur la question. « Qu’est-ce que le nonisme ? » est une question bien délicate à trancher. Mais on peut toutefois donner sans difficulté un « petit bréviaire du nonime universitaire » (à titre d’exemple). Bien entendu on peut sans hésitation faire quelques rapprochements entre le nonisme universitaire et celui qui a conduit au non à la constitution européenne en 2005, tout ça à la sauce Bolognaise et morue Lisbonnine. Ce nonisme universitaire a été un peu le cœur éditorial de ce blog, un peu comme l’histoire de  Rachel au pays des nonistes, une sorte de ronde infinie d’une obstinée, une lutte contre les fossoyeurs d’université, contre ceux qui voulaient faire de l’université un objet politique, contre les mauvais vents (et il y en a beaucoup, encore aujourd’hui …) … Je me souviens d’une époque où il était si seul

Vous allez me dire que tout ça c’est du passé, c’était l’année dernière. D’ailleurs, y a-t-il eu un quelconque mouvement de contestation cette année ? Je dois bien constater que non. Mais l’année passée m’a profondément marqué … d’accord, n’en parlons plus … Parlons plutôt de cette année universitaire qui vient de s’écouler. Cette année avait bien mal commencé, je trouve, de façon très terne: celle qui nous aimait d’amour ne semblait plus guère nous porter d’attention. Une année sans amour, c’est long à vivre. Mais comme chaque année, quand on est EC, on est bien occupé, pour ne pas dire débordé

Incontestablement, le gros dossier de cette année a été le grand emprunt, devenu à présent les initiatives d’excellence. En novembre 2009, la commission Juppé-Rocard a rendu son rapport sur quelques grandes orientations d’avenir. Puis le 14 décembre 2009, notre président N. Sarkozy a rendu les arbitrages du gouvernement : ce grand emprunt national est très favorable à l’enseignement supérieur et à la recherche ! Est-ce une dernière chance pour nos universités ? Malgré cela, les universitaires ne sont guère emballés par ce projet d’avenir. Pour ma part je lui trouve une philosophie très élitiste que je juge assez discutable. On pourra relire sur le sujet nos chroniques, présentées ici par ordre chronologique: « Emprunter utile », « mutisme universitaire », « désir d’avenir », « Juppé et Rocard font du SWOT », « L’université devra faire ses preuves », « Construire des internats d’excellence ?», « Fuites industrielles », « Les meilleures universités du Monde », « Un grand emprunt diabolique », « Journée cruciale à la CPU », « Premier mariage annoncé », « Bonne nuit les petits », « Dans mon aéroplane blindé », « A quoi servira la grand emprunt ? », « Panique chez les Ch’tis », « Les initiatives d’excellence », « Sprechen Sie Deutsch, Monsieur le Professeur? », « Universités de recherche ou de proximité ? », « Qui veut gagner des milliards ? », « Excellemment bien équipé ».

Cette année a vu aussi l’enlisement du dossier sur la mastérisation, dont l’enjeu me paraissait important. Comme disent mes collègues nonistes, « la mastérisation ça rend sourd! ». Qu’importe, nous sur la Gaïa Universitas on préconise de s’y adonner sans retenue ! Quoi de plus beau pour l’université d’accueillir en son sein la formation des futurs enseignants de nos enfants ? C’était également une occasion unique pour l’université de travailler son gros point faible, qui est l’articulation entre le lycée et la première année post-bac, soit un enjeu majeur de la mastérisation pour l’université. De façon incompréhensible, certains universitaires continuent de lutter farouchement contre cette mastérisation. Il faut convenir que les ministères concernés n’ont guère forcé le mouvement vers une solution acceptable. A mon avis, on n’a pas fini de reparler de ce dossier, mais pour l’instant j’ai renoncé à y comprendre quelque chose. En attendant la prochaine crise, on pourra relire également nos chroniques « Le brouillard», « Le statu quo est-il enfin atteint ?», « Principe d’universitarisation», « l’âge des lauréats du concours actuel», « le concours est-il soluble dans le master ?», « le positionnement du concours », « la finalité du concours », de « l’offensive de l’enseignement catholique », « Une chance pour l’université », « Le théorème de la  mastérisation», « SuperProf bientôt de retour », « Sortie de tunnel ?», des tensions que ça peut créer dans les régions « du rififi chez les Chtis » et « Schéma directeur régional: l’autonomie des universités piétinée par V. Pécresse ».

La démocratisation de l’enseignement supérieur est un thème qui me tient particulièrement à cœur. En janvier, la polémique a enflé très rapidement. Elle concerne les 30 % d’élèves boursiers dans les grandes écoles, objectif fixé par Valérie Pécresse en novembre dernier. La Gaïa Universitas a consacré plusieurs chroniques à ce thème: « Bonne nuit les petits », « Dauphine: le nouveau Robin des bois de l’enseignement supérieur ? », « Démocratisation de l’accès aux masters de l’université », « Dauphine: coup de tonnerre ou coup d’épée dans l’eau ? », « Des classes préparatoires à l’université ? », « Valérie Pécresse enfonce le clou», « Démocratisation de l’enseignement supérieur : circulez, y’a rien à voir …», « l’âge des lauréats du concours du CAPES», « Démocratisation de l’enseignement supérieur : se pose-t-on la bonne question ? », « Ouverture sociale des universités et des écoles », « Faire payer les riches ? ».

S’il y a un autre sujet d’importance, c’est bien celui des IUT. Pourtant, ce sujet est peu médiatisé mais le malaise est grand. Il s’agit d’un dossier très sensible: l’université est-elle en capacité d’accueillir comme il se doit les filières technologiques ? Sur la Gaïa Universitas, on pense que oui. Sur le sujet, on pourra lire les chroniques suivantes: « Faut-il réformer les IUT ? », « IUT maltraités », « IUT : le grand malaise » et « Les IUT sont une chance », «Les directeurs d’IUT maintiennent la pression », «Semaine d’information dans les IUT ».

Cette année, il y a eu des élections régionales. A cette occasion, la Gaïa Universitas a tenté un état des lieux de l’enseignement supérieur et la recherche dans les régions. Les chroniques sont essentiellement orientées vers un comparatif entre régions, sur les thèmes suivants: Universités d’excellence et régions, les régions qui investissent dans la recherche et le développement, investissement dans l’enseignement supérieur et contribution du CNRS, les régions et leurs chercheurs, les régions qui publient, votre région aime-t-elle la recherche ? , les régions et leurs organismes de recherche. A coups d’histogrammes !

Comme vous le savez, nous avons une mission auprès de l’observatoire galactique des universités (la fameuse OGU). Même si nous focalisons notre attention sur les universités françaises, nous aimons aussi aller voir ce qui se passe hors hexagone. On pourra lire quelques brèves « Le dilemme européen », « L’appel des cimes …et du chocolat ! », « Fuir ou reconstruire ? », « Un bon coup de rame », « Dans les décombres de l’université », « La route des Indes », « Pessimisme ambiant », « T’as acheté du Cambridge ? », « Le temple du savoir », « Dis, achète moi une université! », « On reparle de la crise », « La bourse ou la vie! »« Le campus de la terreur », « Polar à l’université »« Les sciences humaines persanes »« Surfons dans les Universités! ».

Tenir un blog demande du temps. Si j’ai tenu aussi longtemps (plus d’un an!), c’est certainement que j’avais besoin d’écrire pour clarifier mes idées sur la question de l’université. L’interaction avec les commentateurs m’a aussi beaucoup aidé. Certains commentaires ont été un véritable prolongement, très souvent bien plus pertinents que mes propres billets ! et donc une aide très précieuse. Je n’ai jamais rien censuré, sauf deux fois pour des propos discourtois (il se reconnaitra !). On a essayé de traiter de nombreux sujets, souvent sur la structuration de l’enseignement supérieur et de la recherche, qui est une question qui m’obsède, il semble. Voici quelques uns de ces billets :  « Le bon grain et l’ivraie », « Le triangle du matching », « Les visseurs de boulons », « L’insolence de la recherche », « Professeur des universités, un métier d’homme ? », « Le dernier lieu de civilisation », « Pourquoi la R&D française est-elle si mauvaise ? », « La R&D selon Sanofi-Aventis », « La politique de regroupement universitaire est-elle cohérente ? », « Faire un don à l’université », « La feuille de temps », « La recherche positive », « Élections étudiants: abstention », « Qu’est-ce que la bonne recherche ? », « #loveHE », « Une université très marquée », « Faire ses humanités = devenir fonctionnaire ? », « Auberge chinoise », « Read (rock) around the clock », « T’as acheté du Cambridge ? », « Financer l’université privée », « Propédeutique », « Esprit d’équipe », « Soigner son agonie », « Dis, Achète moi une université! », « Les universités de recherche intensive », « Atomes crochus ou électrons libres? Les Grandes Écoles et la science », « Passage en revue », « Profession libérale d’État », « Les présidents d’universités sont-ils des dictateurs ? », « Prépas… pour l’Université? ou à l’Université? ».

Car finalement, le but n’est-il pas de devenir un jour libres et responsables ? Et au sujet de la liberté, faut-il dire « libertés universitaires » ou « libertés académiques » ? Peu importe le vocabulaire ici, ce que nous voulons c’est de la liberté ! Les enseignants chercheurs doivent préserver cet espace de liberté, leur indépendance et intégrité vis à vis des multiples pressions auxquelles ils sont confrontés. Plusieurs chroniques sont donc consacrées à ce thème: « les libertés universitaires: un texte d’Olivier Beaud », « Le rôle des syndicats », « Refaire de l’université un objet politique », « L’article L952-2 du code de l’éducation », « Clôturer les universitaires », « S’en remettre aux hommes politiques », « Le rôle du CNRS », « Autonomie ».

Un autre avantage de tenir un blog, c’est qu’on peut estimer quel est le centre d’intérêt des lecteurs en suivant les statistiques de consultation des billets, ou alors en regardant les statistiques des mots clés utilisés dans les moteurs de recherche. Sans hésitation, les grands vainqueurs sont : le h-index, les heures complémentaires. Bref l’argent et l’égo. Arrivent ensuite les classements et le thème de l’évaluation.

C’est vrai que j’ai un petit faible pour le h-index. Ce sont d’ailleurs des chroniques qui rencontrent toujours beaucoup de succès.Parmi elles, on a celles d’Albert Einstein, de Jacques Benveniste, de Jorge Hirsch, du Professeur Tournesol, de Piotr Chomczynski, de mon collègue de bureau, de Solomon Synder, de la France, de Grigori Perelman, de Claude Allègre et du boson de Higgs. A lire également, notre dossier sur le h-index et les champs disciplinaires dans lequel nous comparons les différences entre les disciplines en matière de publications. On vous dit tout aussi sur quelle base de données choisir pour calculer son h-index ! Attention, le h-index est dangereux pour la santé, c’est une conclusion de chercheurs spécialisés en médecine comportementale (voir les pathologies du h-index) !

Sur la Gaïa Unisersitas, on aime bien les classements. On aime aussi les polémiques qu’ils provoquent ! Ça nous fait beaucoup rire. On pourra lire nos chroniques sur le sujet  « Classement des licences: small is beautiful », « Le classement des licences », « Le nouvel ordre mondial », « Comptes rendus », « Le classement européen des universités », « Faire du SWOT à l’université », « Image de marque », « Ranking Web of World Universities », « À quel (saint) classement se vouer? », « Quand les doctorants notent les Universités».

L’évaluation est un sujet assez connexe  aux classements et à la bibliométrie. Que ça soit l’évaluation des structures (AERES) ou l’évaluation individuelle, cela provoque inévitablement des discussions sans fin. A quoi ça sert de faire des évaluations ? Quels sont les critères utilisés ? Et comment seront utilisés les résultats des évaluations ? sans être exhaustif, voici quelques éléments que nous avons traité cette année: « Accompagner l’évaluation des EC », « Le SWOT de l’AERES », « Quel devenir pour le non publiant ? », « Fiche individuelle de l’AERES et bibliométrie », « L’évaluation des enseignants-chercheurs par le CNU », « Les notes de l’AERES », « La fièvre de l’évaluation selon Pierre Jourde »

Les universitaires sont très attachés à leurs heures complémentaires. Nous y avons consacré plusieurs volets. Le volet 1 qui dresse un panorama général sur les heures complémentaires à l’université. Dans le volet 2 nous comparons le salaire de personnels statutaires avec différentes configurations (par exemple avec ou sans heures complémentaires). Dans le volet 3 nous tentons de discuter très sommairement de l’influence des récentes réformes sur ce thème des heures complémentaires. Dans le volet 4, nous focalisons plus spécifiquement sur la réforme du statut des EC et la relation avec les HC. Enfin dans le volet 5, nous faisons état des rapports de la cour des comptes sur le sujet et nous posons la question d’une université équitable. On pourra également lire nos chroniques sur la prime d’excellence scientifique, Pour qui la prime ?, Partageons la prime et le reste, le référentiel national de tâches, le refus des heures complémentaires et la comparaison avec  d’autres pays européens.

Allez terminons cette année dans la bonne humeur! Car sur la Gaïa Universitas, on aime bien rire – et les occasions sont nombreuses !  car franchement, tout ça ressemble souvent à une grande tartuferie. Voici un petit « best of »  : « Rage against the machines », « Les architectes de la vie », « La machine à écrire les publications », « Bidouillage nécessaire: l’IPad et les universités », « Le nuage noir », « Y’a plus d’saisons ! », « C’est pourtant simple ! », « Les pathologies du h-index », « Comment savoir si mon lapin a de la fièvre ? », « Peer Review, ca. 1945 », « Le théorème de la mastérisation », « Sauvages! », « Est-ce grave, docteur ? », « De Micromégas à la Gaïa Universitas », « Les présidents d’universités sont-ils des dictateurs ? », « L’équation de la trajectoire de la tomate pourrie », « Nous aimes-tu encore ? », « J’suis déééééébordée …! », « Rachel téléphone maison », « Homo Spatiopithecus », « La vérité sur V. Pécresse », « Où allez-vous vivre demain ? », « L’Origine des Terriens: L’Homme asiatique est entré dans l’Histoire! », « Comment je suis devenue Sarkozyste », « Dame Pécresse et les chevaliers qui disent “Non !” », « Une modeste proposition de réforme », « L’appel du 18 juin ».

Mon Dieu … j’allais oublier le plus important ! nos refondateurs … Les refondateurs d’université, nous les aimons bien sur la Gaïa Universitas. Ces refondateurs constituent un groupe de personnalités hétéroclites qui comprend des vrais réformateurs, des pompiers pyromanes, des nonistes confirmés… On se souvient de la première phrase glaciale de leur appel en mai 2009 « Il est désormais évident que l’Université française n’est plus seulement en crise. Elle est, pour nombre de ses composantes, à peu près à l’agonie ». Peu après, les refondateurs nous ont proposé quelques propositions de réformes. Ils ont ensuite lancé un appel à des états généraux et enfin, en juillet, à l’élaboration d’une charte de l’université. Mais voilà, nos refondateurs ont disparu ! Mais en janvier 2010, on est bien rassuré car ils sont de retour ! Pour fêter l’évènement, la Gaïa Universitas leur consacre une nouvelle série de chroniques: « le retour des morts-vivants », « favoriser ce qui marche », « le déclin de l’université publique », « Gribouille rencontre une autruche », « mourrons pour l’université, d’accord, mais de mort lente », « sélection-orientation à l’université », « S’en remettre aux hommes politiques », « An 1 ». Puis nos refondateurs disparaissent de nouveau, aucune nouvelle depuis le mois de janvier. J’étais très inquiète mais voilà qu’on apprend qu’ils ne nous ont pas oublié !  Les refondateurs écrivent un livre qui sortira à la rentrée !

J’ai commencé ce blog avec les refondateurs et je le termine avec eux (ma dernière chronique leur était consacrée). Vous êtes maintenant entre de bonnes mains car leur livre sera indiscutablement lumineux, comme une sorte de guide qui vous ouvrira la voie vers un avenir radieux. Voilà, avec les refondateurs, la boucle est bouclée (comme on dit chez vous). La refondation, c’est un peu comme une seconde fondation, un rêve de Gaïa. Je dois maintenant vous quitter car j’ai un long voyage à faire … tout un monde à réinventer, mes petits terriens, ne vous trompez pas !