Quand on veut calculer son h-index ou celui d’un collègue, on est bien embarrassé : quelle base de données utiliser pour faire un calcul fiable ? Les plus utilisées sont le Web of Science de Thompson Reuters, Scopus qui est développé par Elsevier et Google Scholar. Les deux premières sont payantes et la dernière est gratuite. Mais sont-elles équivalentes ? Donnent-elles des résultats fiables ? Plusieurs études sont disponibles sur le sujet. Nous allons illustrer ici un cas d’étude proposé par J. Bar-Ilan, Which h-index ? – A comparison of WoS, Scopus and Google Scholar. Scientometrics 74, 257-271, 2008. Dans cet article, l’auteur a calculé le h-index de 40 chercheurs Israéliens de différents champs disciplinaires avec les trois bases de données (Web of Science, Scopus et Google Scholar).

Traçons tout d’abord un graphique avec le h-index calculé par WoS et par Scopus. On constate que la corrélation est excellente, et ceci quelque soit les champs disciplinaires. D’autres études montrent également cette même tendance. Mais si maintenant on trace un graphique avec le WoS (ou Scopus) pour le comparer avec Google Scholar, là on constate que ça chahute un peu … Les deux graphiques sont ci-dessous (figure 1 & 2).

Figure 1 : h-index de 40 chercheurs calculés par Web of Science (axe horizontal) et par Scopus (axe vertical). On constate l’excellente corrélation entre les valeurs car les résultats restent proches de la droite de pente 1.

Figure 2 : h-index de 40 chercheurs calculés par Web of Science (axe horizontal) et par Google Scholar (axe vertical). On constate que la corrélation est faible.

Pour cette dernière figure, il est intéressant d’examiner plus en détails les résultats selon le champ disciplinaire des chercheurs (figure 3, les champs disciplinaires sont mis en couleur). Alors on constate alors que le h-index des mathématiciens et des informaticiens est beaucoup plus élevé si on prend Google Scholar. Au contraire, celui des physiciens ou chimistes est plus faible avec Google Scholar (ceci comparé à WoS). Pour les biologistes, on trouve une assez bonne corrélation.

Figure 3 : h-index de 40 chercheurs calculés par Web of Science (axe horizontal) et par Google Scholar (axe vertical). Les h-index des mathématiciens et informaticiens sont en bleu. Ceux des physiciens, chimistes, astrophysiciens sont en rouge. Ceux des biologistes (au sens large) sont en vert.

En conclusion, on peut utiliser indifféremment le WoS ou Scopus, on obtiendra alors des résultats assez similaires. En revanche, si on est informaticien ou mathématicien, il est fortement recommandé d’utiliser Google Scholar si on ne veut pas trop déprimer … ou alors calculer son h-index avec Google Scholar et celui de ses collègues avec WoS ou Scopus. Mais dans tous les cas, n’oubliez pas que le h-index doit être utilisé avec modération

A lire également: Les chroniques du h-index – celles d’Albert Einstein, de Jacques Benveniste, de Jorge Hirsch, du Professeur Tournesol, de Piotr Chomczynski,  de mon collègue de bureau, de Solomon Snyder,  de la France, de Grigori Perelman et de Claude Allègre.

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