Cela avait annoncé par E. Macron dans son programme : avec lui, pour s’inscrire dans une formation, il faudra avoir les prérequis nécessaires (dingue !). « Chaque université affichera les prérequis de chacune des formations qu’elle propose. Par exemple, pour une licence en sciences, ces prérequis pourront être des acquis minimaux en Mathématiques, en Sciences Physiques ou en Sciences de la Vie et de la Terre. Un lycéen ne disposant pas de ces prérequis pourra s’inscrire après avoir comblé ses lacunes, par des cours d’été ou par la validation de modules universitaires. Un « contrat de réussite » sera établi entre chaque étudiant et son établissement » (source : programme d’E. Macron). « Il n’est pas normal qu’on laisse un étudiant avec un bac littéraire s’inscrire en faculté de biologie sans vérifier qu’il sera capable de suivre les enseignements. Cela revient à envoyer nos jeunes vers un échec garanti » (source ici). Cela revient à dire que ce sera la fin du tirage au sort pour certaines formations sous forte pression et le début d’une période où on examinera le dossier des étudiants, bref le début de la sélection à l’université.

Sur le sujet, le gouvernement précédent a fait publier une circulaire, dans l’entre-deux-tours de l’élection présidentielle, autorisant ce tirage au sort pour départager des candidats, alors même que Thierry Mandon, secrétaire d’Etat à l’enseignement supérieur, disait que c’était le « plus bête des systèmes » (source ici). Cela illustre bien la politique menée depuis 5 ans : ne rien faire qui puisse envoyer les étudiants dans la rue – donc ne rien faire.

Hier, la nouvelle ministre de l’ESR, Frédérique Vidal, a déclaré « Je ne serai pas la ministre qui pérennise cette pratique » (à propos du tirage au sort) (source ici). Elle va donc, pour la rentrée 2018, proposer une nouvelle forme de régulation. Peut-être mettre en place le programme du nouveau président ? En attendant, elle nous dit qu’elle va mettre en place une expérimentation sur les prérequis à l’entrée à l’université (source ici, par exemple). Mais une expérimentation de ce type, ça peut prendre du temps. Il faut d’abord choisir quel est le site qui servira de cobaye, il faut ensuite laisser le temps de l’expérience (plusieurs années s’il s’agit d’évaluer les taux de réussite), puis analyser les résultats, écrire le rapport de l’expérience et enfin proposer une réforme pour faire évoluer le système. Lancer une expérimentation de ce type, c’est un peu comme dire qu’on va créer une commission pour ne pas garder en main une patate chaude …

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