Ça n’en finit pas. Après les Labex, Equipex, Idex et autres trucs en ex, voici le nouveau appel à projet du PIA 3 (PIA = plan d’investissement d’avenir). Ils concernent, entre autres,  les EUR (écoles universitaires de recherche). On peut lire le texte de l’appel à projet ici sur le site de l’ANR. Et si on veut en savoir un peu plus sur le PIA 3, on pourra lire ici et ici (le dernier lien étant une version light si on n’a pas la patience de lire l’autre texte en entier). Ce dernier opus de l’excellence « mettra l’accent sur l’enseignement par la recherche au travers d’écoles universitaires de recherche réunissant laboratoires, masters et doctorats, dans une logique d’excellence et de renforcement de l’attractivité » (source : page 4 de la version courte)

Qu’est-ce qu’une EUR ? L’appel à projets est très clair sur le sujet : « création d’une ou plusieurs écoles universitaires de recherche qui rassembleront des formations de master et de doctorat ainsi qu’un  ou  plusieurs  laboratoires  de  recherche  de  haut  niveau. Il s’agit de financer en France le modèle reconnu internationalement des Graduate Schools ». […] « Ces  écoles  universitaires  de recherche définiront les modalités de recrutement de leurs étudiants tant en master qu’en doctorat » (source : appel à projet ANR, page 1).

Le problème, c’est qu’il y a déjà une structure de l’enseignement supérieur à ce niveau d’études : ça s’appelle le master et le doctorat. Il y a des structures en place qui gèrent ça, tout particulièrement les écoles doctorales. Que vont-elles devenir dans ce contexte des EUR ? Il parait assez clair que les étudiants qui feront une formation dans un cadre EUR ne seront plus gérés par les écoles doctorales, mais directement par l’EUR, cette dernière étant adossée à un ou regroupement de laboratoires de type Labex. Comme en France on n’est pas capable de supprimer la couche précédente quand une nouvelle apparait, tout cela risque de compliquer un peu le paysage, avec des systèmes à plusieurs niveaux car tout le monde ne sera pas EUR.

Le texte du PIA se veut rassurant sur ce point : « Si une Ecole universitaire de recherche peut constituer un projet totalement nouveau, la mise en place d’un tel label, sous la bannière duquel pourraient être regroupés nombre de projets financés par le PIA ayant contribué à distinguer des forces scientifiques spécifiques sous diverses appellations, serait aussi source de simplification pour le paysage français de l’enseignement supérieur et de la recherche. Une Ecole universitaire de recherche aurait des activités de formation et de recherche équivalentes à ce que font les LABEX, mais de manière plus massive et plus structurée et surtout en y incorporant d’emblée une mission de formation » (source ici, page 18 de la version longue PIA 3). Dans le texte de l’appel à projet, il est dit : « L’objectif n’est pas de créer une nouvelle structure » (page 6) et que c’est au porteur du projet de dire comment ces EUR s’articuleront avec les écoles doctorales et composantes. A mon avis, ça ne va pas être si simple tant le système est rigide et réglementé. J’imagine mal que ces EUR puissent avoir une autonomie qui ressemblera à celle des « graduate schools ».

D’après ce que je comprends, ces EUR doivent s’appuyer sur de l’excellence déjà en place. Ici il s’agirait plutôt de faire évoluer les bidulex car ces derniers ont été sélectionnés sur les critères de la recherche. A mon avis, si les Labex ne comprennent pas ça et s’ils ne font pas évoluer leur périmètre et s’ils ne travaillent pas mieux l’articulation avec la formation, j’ai comme l’impression qu’ils n’iront plus très loin.

Une chose est sûre, c’est qu’on cherche là à confirmer la création d’universités de recherche. Ce qui n’est pas dit, c’est qu’il y aura des perdants et que ceux-là se verront encourager à se focaliser sur la formation ungraduate, dans des universités de proximité.

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