Résumons la situation : les ennuis ont commencé au milieu des années 2000. Avant, la vie était un long fleuve tranquille et immuable. Mais en ce milieu des années 2000, un évènement eut lieu qui mit fin à la béatitude. La déflagration fut mondiale mais elle a tout particulièrement affecté la communauté universitaire française. En effet, pour la première fois, il a été publié un classement mondial des universités. Bien que nous soyons les leaders mondiaux du savoir et de la connaissance, le rang des universités françaises n’était guère glorieux, du moins par les rares établissements qui rentraient dans ce classement.

Les raisons de ce fiasco, on les connait bien à ce jour. Outre la nullité de nos universités, le paysage français est fragmenté, entre grandes écoles et organismes de recherche. Les universités sont les parents pauvres du système. Pour parer à ce choc de mondialisation, nos politiques ont bien tenté quelques actions. Par exemple, il a été mis en place des PRES (pôles de recherche et d’enseignement supérieur, aujourd’hui défunts) afin de regrouper au sein d’une même structure les différents acteurs. Mais ça n’a pas marché, les responsables du maudit classement ont vu tout de suite l’arnaque.

Alors il a été décidé de réformer nos universités, en leur donnant plus d’autonomie et de liberté. Mais c’était sans compter sur les nonistes universitaires qui sont descendus dans la rue pour entamer une ronde infinie des obstiné-e-s et défendre notre-système-que-pourtant-tout-le-monde-nous-envie. A cette époque, il fut aussi question de « rapprocher » écoles et organismes de recherche avec les universités. Mais partout ça a freiné des quatre fers.

Alors que faire ? hum hum … dans le cabinet noir du ministère, c’était la sinistrose. Alors que tout le monde se grattait la tête et le menton, quelqu’un a eu une idée : « et si on faisait comme les allemands avec leurs Exzellenzinitiative » ? Son voisin s’exclama : « Puisque les universitaires ne veulent pas se réformer par la loi, alors forçons-les à le faire par argent ! ». Tout le monde dans la salle trouva que l’initiative était excellente. Illico presto on rédigea un document et on alla le faire signer par deux hommes politiques emblématiques. C’est ainsi que le « grand emprunt » a vu le jour, qu’on appela un peu plus tard le PIA (plan d’investissement d’avenir). Depuis ce jour, les appels à projet pour obtenir un Bidulex se multiplient, imposant aux acteurs de l’ESR de se structurer. Progressivement le paysage se transforme. Peut-être aussi qu’un jour prochain, on mettra un peu d’ordre dans le chaos institutionnel dans lequel on est plongé.

Bon les amis, ne vous endormez pas, il reste peu de temps avant se rendre la réponse à l’appel à projet des EUR et autres « nouveaux cursus l’université ».

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