L’articulation entre le lycée et l’enseignement supérieur est un sujet complexe que l’on discute beaucoup ici. Aujourd’hui, Gaïa Universitas accueille une contribution collective du groupe Marc Bloch sur ce thème.

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A)    État des lieux

1.    D’importantes évolutions

a. Un contexte d’évolution continue des publics néo-bacheliers…

Une importante évolution de la population de l’enseignement supérieur a eu lieu depuis trente ans. Elle doit être mieux prise en compte, ce qui n’est pas assez fait aujourd’hui :

–    Les bacs professionnels ont été créés et occupent désormais une place importante (20% d’une classe d’âge), et croissante.
–    15% d’une classe d’âge obtient un bac professionnel.
–    Les bacs généraux, pour qui l’université est « conçue », ne représentent que 38% d’une classe d’âge.

L’enseignement supérieur est aujourd’hui inadapté à une partie  croissante de son public. Sans un relèvement du taux de bacs généraux et technologiques, l’objectif de porter à 50% d’une classe d’âge au niveau de la licence est inatteignable.

b.    …et de concurrence accrue dans la course aux diplômes qui s’opère, de plus en plus, au détriment des bacheliers les plus fragiles, notamment professionnels, qui, par absence de choix ou erreur d’appréciation, se retrouvent dans des filières de licence où ils connaissent un taux d’échec important…

–    Les déterminants sociaux sont inertes, mais pas immobiles. Deux évolutions sont particulièrement notables : (1) Aujourd’hui, les enfants des milieux favorisés, même pour reprendre l’entreprise familiale, ont besoin de diplômes. (2) Les filles désormais accèdent massivement à l’enseignement supérieur, et elles y prennent la place qui leur revient dans la société.
–    Il est très difficile de se saisir réellement des conditions de cette concurrence accrue, car le poids de l’origine sociale reste particulièrement important, et est difficile à surmonter.
–    La meilleure réussite des étudiants issus des milieux les plus favorisés n’est pas une spécificité française : tous les pays sont inégalitaires dans l’accès et la réussite dans le supérieur. Toutefois le problème en France est que cette inégalité s’aggrave et que le poids des diplômes initiaux ne fait que se renforcer.
–    Les pays ont développé des critères de sélection afin de différencier les étudiants : dans certains cas, comme le Brésil, l’université est gratuite mais l’entrée s’y fait sur examen, et réussir cet examen suppose/requiert d’avoir été scolarisé dans des établissements privés en amont. Aux Etats-Unis, le déterminant financier est très important pour l’accès à l’université.
–    Le poids du diplôme dans la carrière professionnelle est une autre spécificité française : ce poids est déterminant à l’entrée sur le marché du travail, mais aussi, ensuite, tout au long de la carrière. Cela entraîne une course aux diplômes particulièrement importante – et stressante – au cours de la formation initiale. Exemple : les inspecteurs généraux de l’Education nationale quinquagénaires classés, en vue d’une promotion, en fonction de leur classement à l’agrégation 30 ans plus tôt.
–    Le système actuel est très pervers et tout est fait pour favoriser la réussite des plus favorisés. L’exemple de l’EPS en classe de terminale est à cet égard frappant. L’EPS, dont la notation pour le baccalauréat est en contrôle continu, se fait sur la base non pas des résultats des élèves, mais de leur progression au cours de l’année. Pourquoi ce type d’évaluation ne s’applique-t-il que dans cette seule discipline et pas dans les autres ? Une réponse hélas cynique : « pour ne pas risquer de pénaliser les élèves brillants des meilleurs lycées de centre-ville qui feraient de piètres performances sportives »…
–    Il ne faut pas non plus oublier que le contexte défavorable du marché de l’emploi pousse à une perpétuelle course au diplôme, qui conduit à un empilement de dispositifs visant la qualification. L’ensemble n’est jamais reposé ni repensé, ce qui aboutit à un mille-feuille illisible, incompréhensible et inégalitaire.

2.    Des réactions parcellaires et/ou inappropriées, avec le « -3/+3 » comme levier central

a.    Pour tenter de répondre à ces enjeux, les pouvoirs publics affichent désormais le continuum « -3/+3 » comme une priorité politique…

–     Le continuum « -3/+3 » est un concept ancien, initialement appelé « lien lycée-universités ». Aujourd’hui au cœur des politiques ministérielles, il n’est devenu une priorité politique affichée que récemment.

b.    … et développent des dispositifs nationaux et territoriaux, portant -hélas- principalement sur la pédagogie

La question du continuum pédagogique est souvent mise en avant lorsque l’on parle du « -3/+3 ».

Le cadre national des formations (CNF) est lui-même décliné en différents outils (simplification des nomenclatures, spécialisation progressive, passerelles, conventions EPLE-EPSCP…), dont les principaux outils sont :

–    la circulaire de juin 2013 qui renforce le rôle des commissions académiques post-bac, sur la base de laquelle a été conduit un travail conjoint DGESCO-DGESIP-recteurs de recensement des bonnes pratiques.
–    le service public régional d’orientation (SPRO), qui est en cours de déploiement opérationnel dans chaque académie, suite à la signature de la convention cadre.
–    le Comité sup’emploi, qui s’empare du sujet via l’entrée lien formation-emploi, mais dont les travaux ont une publicité faible
–    la stratégie nationale de l’enseignement supérieur (la Stranes), qui comporte un volet sur le sujet et a le mérite de poser un diagnostic clair, mais dont les conclusions définitives ne sont pas rendues à ce jour.

Mais la question de l’orientation est également centrale, en ce qu’elle est d’autant mieux maitrisée que les élèves et étudiants et leurs familles ont plus de capital social et scolaire. Néanmoins elle est souvent trop peu explorée.

c.    Ce concept, central, a toutefois des limites. Il conduit à reporter la responsabilité sur les seules universités… en laissant de côté le problème central du secondaire.

–    « -3/+3 » : élément clé de la réussite des étudiants, concept lui-même trop souvent réduit à la seule question de l’échec universitaire, qui conduit à pointer du doigt les universités comme principales responsables d’une situation (et alors que le taux d’abandon est finalement le plus faible des pays de l’OCDE).
–    Cela conduit à travailler sur des palliatifs, en occultant l’essentiel : le secondaire trie les élèves et le supérieur doit faire comme si tous les bacs se valaient. Les questions sont les mêmes depuis 30 ans, et une forme d’hypocrisie prévaut sur le sujet.

=> Les deux priorités de l’Education nationale devraient être l’échec scolaire et la lutte contre le déterminisme social, qui atteint un niveau insupportable et ne fait que se prolonger dans l’enseignement supérieur.

d.    Et les réponses mises en place, multiples, sont insuffisantes, parcellaires, et ne répondent pas aux problèmes de fond.

–    Si cette prise de conscience collective et la multiplication d’initiatives ne peuvent qu’être saluées, nombre de questions se posent.
–    Les dispositifs prévus par la loi sur l’enseignement supérieur et la recherche de 2013, dont la mise en œuvre est trop lente, sont bons. Mais ils n’apportent pas de réponse pérenne au problème de fond qu’est l’orientation.
–    Les universités sont donc, aujourd’hui, incitées à s’adapter à leurs publics les plus en difficultés, à « innover pédagogiquement » : cela conduit à une multitude d’initiatives nationales et locales qui font l’objet d’évaluation hâtives et peu réalistes, sans que le temps de concevoir, déployer, évaluer et ajuster les dispositifs ne soit laissé aux porteurs de projets et aux institutions. Par exemple : La commission pédagogique post-bac. Il est important que tous les acteurs s’y expriment réellement : elle devrait devenir véritablement le lieu d’examen des vœux des bacheliers et de réelles préconisations d’orientation. Les travaux y sont, aujourd’hui encore, parfois parcellaires.
=> Une expérimentation dans une académie pilote pourrait avoir lieu.

3.    Vers un délitement lent mais certain du système public d’enseignement supérieur ?

a.    Les problèmes de fond, auxquels aucun gouvernement ne s’est jamais attaqué, sont bien connus, mais la menace de mouvements étudiants en cas de remise en question du principe de l’accès de droit à l’université  bloque toute initiative.

Le gouvernement a refusé l’amendement porté par la sénatrice Gillot sur les parcours différenciés en licence, sous l’influence principalement des organisations étudiantes, qui posent comme condition que soit garantie l’obtention du même diplôme pour tous : le gouvernement n’est pas prêt à prendre le risque de mettre les/des jeunes dans la rue.

Le problème est que la réflexion d’une partie des organisations étudiantes sur ces questions est totalement auto-centrée : les évolutions tangibles de la société n’ont aucune prise sur elles.

b.    Tout cela aboutit à un « système D », à tous les niveaux (étudiants, parents, établissements, Etat) qui se traduit par le développement de l’enseignement supérieur privé et la multiplication, dans les universités, de filières sélectives, sur lesquelles le national « ferme les yeux », ou adaptées aux étudiants en difficultés, ce qui en revanche répond aux directives du ministère sur la spécialisation progressive.

–    Le système « -3/+3 » actuel est à bout de souffle. Il est en train de s’effondrer. Toutes les universités sélectionnent sans le dire. Ce système est devenu un labyrinthe, dont il faut avoir les codes pour s’orienter, et une passoire, dont les trous s’agrandissent. In fine, nous arrivons à une situation pire qu’une sélection transparente : une sélection de fait, au coût humain très élevé.
–    Pivot du « +3 », le dispositif APB se veut un outil sérieux. Mais, dans la réalité, malgré des améliorations récentes, il laisse le jeune seul face à lui-même et, dans le meilleur (ou le pire parfois) des cas, le jeune est assisté, voire remplacé, par ses parents. Appliquées, les universités y consacrent du temps, mais l’investissement est chronophage et aussi peu gratifiant qu’efficace du point de vue des résultats en matière de promotion sociale des étudiants.
–    Par ailleurs, les données récentes montrent que l’enseignement supérieur privé occupe une place de plus en plus importante, et est de mieux en mieux accepté dans la société.

c.    Par ailleurs, la question du « -3/+3 » interroge aussi l’image de l’université.

Il ne faut pas mettre en cause seulement l’organisation de l’enseignement scolaire. Tant que les enfants des milieux favorisés et des enseignants (et présidents !) d’universités n’iront pas dans les filières générales de l’université, autres que médicales, les choses resteront bloquées.

B.    Questions, pistes de réflexion et propositions

a.    La question du continuum ne peut faire l’économie de celle de l’équilibre entre les trois baccalauréats et de celle des pré-requis nécessaires pour l’entrée dans le supérieur

Le premier problème qui est posé est celui de l’équilibre entre les trois baccalauréats, la priorité devant être la relance de la voie générale : il s’agit de retrouver les 5% d’une génération perdus depuis 1995 et de fixer pour objectif 40% d’une génération titulaire d’un baccalauréat général. Réagir à la crise de la série littéraire est un élément de réponse et pour cela il faut lui dédier très clairement des formations d’excellence, ce qui doit conduire  aussi à n’offrir aux bacheliers S, en matière d’excellence, que des formations scientifiques. Il faut ensuite a contrario limiter le flux des bacheliers technologiques tertiaires et simultanément améliorer leur accueil en STS et IUT.

La question des pré-requis est centrale. Si elle n’est pas posée et résolue, les étudiants pour lesquels le système n’est pas adapté continueront à affluer et à échouer de manière quasi certaine à l’université. Cependant le problème des prérequis éventuels est plus complexe qu’il n’y paraît. Il faut savoir par exemple que les politiques publiques destinées à bloquer l’arrivée des bacheliers S dans certaines filières sélectives, en principe créées pour d’autres bacs, ont systématiquement été contournées par l’aval (prépas économiques avec filière math pour les S, filière éco pour les ES spécialité maths, exit les spécialités éco ; plus grave, certains lycées privés mais aussi publics font encore mieux, malgré quelques circulaires peu contraignantes : filière math pour les S avec mention, filière éco pour les S sans mention).

Aujourd’hui donc, aucune solution satisfaisante pérenne n’émerge.

b.    Mais dans la mesure où la question centrale taboue (filières différenciées/sélection…) ne trouve pas de réponse depuis 30 ans, se pose la question de fond de l’attitude à adopter : laisser le système imploser de lui-même ou travailler sur des leviers modestes mais concrets

–    Toutes ces questions ne sont pas nouvelles et il faut s’interroger sur les raisons de cet échec persistant : quels sont les obstacles à l’amélioration de la situation, et quelles sont les nouvelles questions qui surgissent concomitamment ?

=> Convient-il aujourd’hui de continuer à colmater les trous, comme on le fait depuis des décennies, ou d’attendre que le système s’effondre de lui-même ?

–    Il y a une hypocrisie et une faiblesse des pouvoirs publics à ne pas vouloir s’attaquer au vrai problème de l’orientation des étudiants dans des filières où ils peuvent réussir. Il serait regrettable que la gauche ne prenne pas des initiatives alors que le constat est partagé par tous.

=> Pragmatiques, nous sommes convaincus qu’il faut mobiliser des leviers modestes mais concrets.

c.    Un travail de discussion doit avoir lieu vis-à-vis des syndicats étudiants pour faire évoluer leurs positions

L’enjeu, aujourd’hui, c’est de dénoncer fortement ce gâchis. Il faut démontrer le scandale et agir sur des choses simples.

=> Cela requiert de réussir à rallier à cette position l’ensemble des acteurs qui empêchent aujourd’hui que les questions taboues soient véritablement abordées. Cela concerne notamment les organisations étudiantes, à qui il doit être possible de démontrer que nous sommes d’accord au fond, et poursuivons les mêmes objectifs, à savoir la réussite du maximum d’étudiants.

d.    Si le cadre législatif actuel n’évolue pas, diverses pistes doivent être travaillées en attendant une remise à plat des formations professionnelles en liaison avec le monde socio-économique :

i.    l’évolution des formations des lycéens professionnels

Si l’on considère comme acquis le fait que le bac professionnel ouvre le droit aux études supérieures, alors il faut une préparation au supérieur dans le secondaire et pas seulement une formation professionnelle supposée préparer à la seule entrée sur le marché du travail et rendant extrêmement difficile un retour ultérieur en formation.

ii.    le développement de filières adaptées du supérieur

–    Si on endosse l’objectif sociétal de 50% d’une classe d’âge au niveau L, inatteignable via les seules filières générales, alors il faut créer et multiplier les filières adaptées à la réalité des profils des bacheliers et diversifier davantage les parcours offerts par les universités comme par les autres établissements d’enseignement supérieur.

–    La qualité des IUT n’est pas qu’une question de moyens, mais aussi de système, adapté aux besoins des étudiants et permettant leur réussite. Les IUT sont des filières très intéressantes, mais il faut mettre fin au mythe savamment entretenu que ce sont des filières d’insertion professionnelle, alors que la majorité de leurs étudiants poursuivent des études. Ce sont des filières d’insertion dans des parcours d’enseignement supérieur souvent longs. Cependant ce détournement de l’objectif initial des IUT peut aussi être vu comme un atout d’attractivité pour les universités.

=> Si l’on part du constat de la nécessité d’augmenter le nombre de filières adaptées, où faut-il les implanter ? Lesquelles faut-il développer ? Faut-il faire cela dans l’université ou en dehors d’elle ? Faut-il multiplier par deux le nombre de BTS ? Mais l’actuelle donne budgétaire ne rend pas ces perspectives très réalistes.

=> Installer ces filières dans les universités, avec des dispositifs d’orientation progressive ? Mais comment ? Avec quelle adaptation législative ?

–    Il faut distinguer analyse et capacité d’action. La gauche n’est pas malthusienne ; elle veut la réussite réelle d’un plus grand nombre d’étudiants. Mais dans ce but elle doit assumer une différenciation des parcours qui doivent mieux correspondre à la diversité des profils. Il ne s’agit pas de poser le problème en termes de sélection-exclusion, mais en termes de différenciation-réussite.

–    Il faut distinguer les IUT des BTS, qui sont souvent traités dans les discours comme un tout, alors qu’aujourd’hui les IUT, qui sont dans les universités – ce qui est une différence majeure d’avec les BTS -, sont vus par bon nombre de familles et de jeunes comme des sortes de classes préparatoires.

e.    La question du territoire (carte des formations et articulation des filières) et de la place des universités et des regroupements

–    Les enjeux territoriaux sont déterminants, et se posent en des termes différents selon le profil des étudiants : la question de la carte des formations revêt une importance forte pour les étudiants les moins favorisés.

–    L’égalité des territoires est un élément important, à prendre en compte. Cela ne veut pas dire des formations du supérieur partout, tout le temps. Cela aboutit souvent aujourd’hui à des établissements de formation de petite taille, sans dispositifs de vie étudiante pourtant nécessaires à la réussite académique, et à une offre très limitée qui conditionne, parfois pour le pire, l’orientation des étudiants les plus modestes.

=> La question du réseau des formations du supérieur est importante pour l’objectif d’égalité des territoires.

=> Les regroupements d’établissements n’ont pas vocation à absorber toutes les formations : l’université peut être un pivot, sans gérer directement pour autant l’ensemble des formations, notamment le post-bac aujourd’hui extra-universitaire. En particulier les COMUE pourraient être responsabilisées et leurs compétences pourraient être étendues : compétences de pilotage de l’offre des établissements membres et compétences d’agence qualité pour l’ensemble du post-bac du territoire sans être nécessairement l’opérateur de tout.

=> La carte des formations gagnerait à être pensée autour de l’organisation universitaire, et la réflexion  impulsée et coordonnée par l’université/le regroupement.

=> La place des regroupements doit devenir déterminante et interroge la fonction de vice-chancelier.

f.    La formation tout au long de la vie (FTLV) doit être développée pour que les dés ne soient pas tous « jetés au 1er tour »

La FTLV doit être conçue comme une seconde chance de qualification et de certification. Il est stratégique et essentiel de montrer que les dés de la diplomation et de l’épanouissement professionnel ne sont pas tous « jetés au 1er tour », i. e. lors de la formation initiale.

=> Que la FTLV devienne réellement un élément déterminant dans les choix d’orientation doit être un objectif : un choix de poursuite, de suspension (césure) ou d’arrêt d’études à un moment donné ne doit pas être rédhibitoire à un parcours de réussite académique ultérieur.

=> A cette fin, c’est l’université dans son ensemble qui doit être construite comme une université de la formation tout au long de la vie (LLLU – life long learning university), ce qui est fort différent d’un simple développement de la formation continue universitaire (ULLL – university life long learning).

g.    La question de l’orientation des étudiants, en fonction de leurs pré-requis mais aussi de leurs appétences, doit être centrale et tous les leviers existants doivent être mieux mobilisés

Si l’on considère que l’orientation – librement choisie – suscitée – voire imposée (cf. prises de positions actuelles diverses à ce sujet) constitue un levier pour l’ouverture au plus grand nombre des formations supérieures et garante de la réussite pour tous, alors :

=> Tous les acteurs de l’orientation (parents, professeurs…) doivent s’affranchir des représentations faussées sur ce que doit être « la » meilleure poursuite d’études

=> L’articulation (intégration ?) réelle – et progressive – de tous les acteurs de l’orientation doit être organisée au sein d’un grand service régional de l’orientation. Et que tous les acteurs s’en saisissent.

=> Chaque jeune doit pouvoir prétendre à une voie de la réussite, combinant ses appétences et ses compétences. Toutes les voies de réussite doivent donc être considérées à égalité, « d’égale noblesse ».

=> L’accès des bacs pro en STS et des bacs technos dans les filières technologiques de l’enseignement supérieur doit être renforcé. Il est aujourd’hui largement insuffisant au regard des enjeux et du nombre croissant de bacheliers dans ces filières, au regard d’un taux de bacheliers généraux stagnant.

=> Le temps est venu de promouvoir un cursus universitaire de licence qui intègre dans un même ensemble licences générales et licences professionnelles. On ne peut que regretter que la gauche n’ait pas réalisé en 2013 ce que la droite avait raté en 2011… il faut maintenant déployer une offre globale sur trois ans qui permette une meilleur orientation progressive et une meilleure réussite.

=> La meilleure connaissance des acteurs du scolaire et du supérieur, que ce soient les professionnels de la formation ou de l’orientation, est une nécessité. L’une des pistes se trouve peut-être dans la commission post-bac : ces commissions devraient aussi être les lieux où le droit d’accès de tout bachelier à l’enseignement supérieur pourrait être regardé à l’aune de l’ensemble des filières publiques, et pas seulement à l’échelle de l’université. Les regroupements territoriaux doivent, à terme, faciliter cette dynamique.

h.    La question de l’insertion professionnelle réelle de chaque niveau de formation doit être posée

Partout dans le monde, on constate un déficit de formations qui permettent l’insertion professionnelle à bac, bac +2 et +3.

=> La question de la possibilité d’une réelle insertion professionnelle à chaque niveau doit être posée.

La question des IUT est centrale dans cette réflexion. Y travailler sérieusement requiert de  résoudre le décalage entre les moyens par étudiant qui y sont investis, comparés à ceux pour les étudiants de licence.

i.    La question des agrégés

La place de plus en plus importante  des agrégés dans l’enseignement supérieur, notamment dans le segment bac : bac+3 (universités dont IUT, CPGE, STS), et le rôle des agrégés dans le secondaire (segment bac-3/bac)  devraient conduire à des évolutions significatives des objectifs et de la forme des concours d’agrégation.

Une question qui doit être examinée en parallèle est celle des pratiques pédagogiques dans le secondaire, par rapport à l’accès et la réussite de tous les étudiants dans le supérieur.

j.    L’image de l’université

Il y a un important travail d’image à engager sur l’université afin, notamment, qu’elle apparaisse attractive aux yeux des étudiants scolairement et socialement favorisés.

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