Les chroniques Gaïennes sont rassemblées ici. Elles couvrent la période 2021-2024, avec quelques excursions en deçà et au delà.

Épisode 1: l’exil

De son vaisseau spatial en orbite autour de la Terre, Rachel observait l’immense incendie qui ravageait la taïga canadienne, détruisant l’un des derniers biomes terrestres. L’incendie avait débuté dans les basses-terres de l’intérieur de l’Alaska et du Yukon, avait franchi ensuite les Monts Richardson et avait continué à serpenter vers l’ouest. A cette heure, il commençait à ronger le bouclier canadien oriental. Seul l’océan pourrait l’arrêter, à moins que celui-ci s’évapore à cause de la colossale quantité d’énergie dégagée. Le feu était très spectaculaire vu de l’espace car il s’étendait sur des milliers de kilomètres.

Ces dernières années, tout s’était subitement accéléré. Le climat était devenu fou, tout comme les terriens. Rachel avait été contrainte de quitter la Terre en urgence, en automne 2024, comprenant qu’il n’y avait pas d’autres issues. Dans la précipitation, elle avait pris avec elle Valérie et Greta, ses deux idoles qui, elles aussi, étaient en danger. Elle n’avait pas pu en prendre plus car l’espace dans son petit vaisseau spatial était assez limité. Avec trois personnes à bord, on se marchait déjà un peu sur les pieds. Mais à cette heure elle le regrettait car ses deux rescapées étaient insupportables. Valérie ne tenait pas en place, elle voulait retourner sur Terre pour « remettre le pays en ordre ». Rachel soupirait, elle n’avait plus l’énergie pour lui expliquer une énième fois que les vieux slogans de sa déculotté à la présidentielle de 2022 étaient vraiment dépassés. De son coté, Greta faisait la gueule en permanence et boudait seule assise en tailleur dans son coin. A l’heure de la fuite, elle avait voulu emporter sa pancarte « Skolstrejk för klimatet » qui l’avait rendu célèbre. Rachel tentait de la décrisper un peu : « Greta, viens voir toutes ces jolies lumières au Canada ! ». Mais rien n’y faisait, Greta restait assise, la tête baissée, tenant par une main sa pancarte.

A cette heure Rachel n’avait qu’une envie : expulser les deux pestes dans l’espace et retourner sur Gliese 581e, sa planète natale. Mais elle était piégée car elle ne pouvait pas prendre avec elle ses deux exfiltrées. Elle était donc obligée d’attendre là, en orbite autour de la Terre, que les conditions s’améliorent afin de pouvoir les débarquer. Elle soupira car l’attente risquait d’être longue …

Épisode 2 : le passe sanitaire

2024. En orbite autour de la Terre, Valérie était intenable. Elle n’appréciait pas du tout son exfiltration et voulait que Rachel la redépose illico sur Terre. Tant pis pour les dangers multiples qu’elle pourrait rencontrer. Mais Rachel se montra intraitable. Comme Valérie ne semblait pas bien comprendre la situation, elle demanda à l’IA de son vaisseau de refaire un petit résumé de la situation, juste les évènements clés qui avaient conduit à la situation actuelle. Rachel avait surnommé son AI « HAL », elle en était très fière car elle trouvait que c’était très original.

Cette fois-ci HAL débuta son récit à l’automne 2021. C’était l’époque de la quatrième vague de la pandémie, celle qui correspondait au variant delta et qui précédait le tsunami du variant epsilon. A cette époque, le gouvernement français, comme beaucoup d’autres ailleurs, avait décrété l’utilisation d’un passe-sanitaire pour avoir accès à des activités culturelles, gastronomiques ou festives. Or tout le monde n’était pas vacciné à cette époque et certains y voyaient une rupture d’égalité entre citoyens : « Nos libertés fondamentales sont menacées. Nous avons des droits acquis après de nombreuses luttes et on est en train d’un seul coup de nous les enlever, c’est très inquiétant, ce système autoritaire ». Il faut rappeler qu’à cette époque, à en croire certaines archives numériques qui ont été sauvegardées par miracle, le gouvernement en place était en pleine dérive pré-fasciste et cette pandémie n’était en réalité qu’un prétexte pour imposer un régime autoritaire de type dictature où tout le monde sera fiché avec ses moindres mouvements surveillés de près.  Les vaccins inoculés ne serviraient pas à protéger contre le virus mais plutôt à contrôler par la 5G les pensées des citoyens grâce aux nanoparticules magnétiques contenues dans le sérum. Il faut dire que la conjonction de la mise en route de la vaccination et celle du déploiement de la 5G était troublante. Selon des archives d’universitaires, certainement beaucoup plus fiables, on apprend que « Depuis le 16 février 2021, nous vivons une de ces séquences maccarthystes qui ont fait le quotidien des Bolsonaro, Trump, Johnson et autres Orbán, et qui se répètent désormais dans le nôtre. L’attaque de l’exécutif contre les scientifiques a été déclenchée à l’approche des élections régionales par Mme Vidal, possiblement tête de liste à Nice … » (lire la suite ici). HAL ne précisa pas ce qu’il s’est passé le 16 février 2021 mais peut-être elle y reviendra plus tard. Précisons également que Mme Vidal était la ministre de l’ESRI de l’époque. Grâce à la vigilance éclairée du professeur Sogol, elle avait été démasquée en début de l’année 2021 comme étant un élément de transmission de mots d’ordre pétainistes, au service d’une offensive du redoutable M. Blanquer, ministre influent du dictateur Jupitérien.

Rachel se crispa quand elle entendit HAL mentionner le professeur Sogol. Heureusement l’IA s’en aperçu et eu le discernement de poursuivre son récit sans s’attarder sur le personnage …

Épisode 3 : la dictature sanitaire

Depuis son arrivée sur Terre en 2009, Rachel avait rencontré de nombreux Terriens, surtout des universitaires car elle avait la charge d’observer leur étrange comportement qui avait été signalé quelques temps plus tôt. La situation était jugée suffisamment grave pour y envoyer un observateur. Depuis, missionnée par l’observatoire galactique des Universités (OGU), Rachel tentait de comprendre. Mais pour l’instant, c’est l’IA de son vaisseau qui avait la parole :

En juillet 2021, le président Jupiter a lancé un ultimatum aux Terriens : ils devaient tous se faire vacciner sinon ils seront privés de toute d’activité sociale ou culturelle, privés d’accès aux transports publics ou aux services de santé. La grande majorité des Terriens s’est ruée vers les centres de vaccinations mais une fraction non négligeable a courageusement résisté à cette pression. Dès le mois de juillet, les samedis, il fut organisé des manifestations pour protester contre la mesure liberticide. C’était peu courant d’avoir des manifestations durant les congés estivaux. D’ordinaire les Terriens sont plutôt sur les plages à rôtir au soleil, à picoler en terrasse ou bien à manger les saucisses bien grasses d’un barbecue. Mais là la mesure était trop grave. En plus, les manifestations étaient organisées le samedi après-midi, cela permettait de remettre en selle la sympathique tradition lancée quelques temps auparavant par le mouvement des gilets jaunes.

Au début, il n’y avait pas trop de monde mais au cours de l’été, l’intensité de la mobilisation a été croissante de samedi en samedi pour atteindre cinq cent mille personnes à la fin du mois d’août. On y trouvait un peu de tout : des patriotes, des souverainistes, des covidosceptiques, des gardiens de la liberté et de l’égalité, tous ensemble pour fustiger « l’apartheid entre vaccinés et non vaccinés », « Oui, nous sommes en dictature, nous sommes en tyrannie ».

A la rentrée, début septembre, LFI décida de rentrer dans le jeu. Elle ne pouvait pas laisser le devant de la scène aux populistes d’extrême droite. Au début, les cortèges étaient bien différenciés mais au fil des samedis, les démarcations s’estompèrent. Après tout, ils avaient un ennemi commun, ce président jupitérien au régime pré-fasciste. Alors il y eut une forme de convergence des luttes, une occasion trop belle pour mettre à genoux ce gouvernement illibéral.

En septembre, les manifestations dégénéraient presque systématiquement en affrontement avec les forces de l’ordre. Chaque samedi, les rues du parcours des cortèges étaient saccagées. Les voitures brûlaient, les vitrines des banques et des assurances étaient éventrées, le mobilier urbain était réduit en miette. Début octobre, on a vu un nouveau phénomène, certainement l’œuvre de « jeunes de banlieues » qui organisaient un pillage systématique de toutes les boutiques bordant le parcours du cortège, du moins celles qui ne s’étaient pas équipées de rideaux de fer suffisamment solides. Les forces de l’ordre étaient dépassées, usées par la succession des samedis qui tendaient à présent à virer à l’émeute hebdomadaire.

Pourtant le pire était encore à venir …

Épisode 4 : Offensive générale

Rachel aimait le silence. C’était pour elle le meilleur moyen pour entrer dans un état d’observation méditatif où toute influence est bannie. Avec le bruit, la pensée se biaise, la liberté se restreint et le vagabondage devient balisé. Dans son sens originel, le silence c’est aussi s’abstenir de parler. Mais Valérie n’avait manifestement pas la même approche : elle n’arrêtait pas de parler. Rachel se reprochait de l’avoir exfiltré de la Terre. Alors à défaut du silence, Rachel mit un peu de musique pour accompagner la suite du récit de HAL (l’IA de son vaisseau). Elle mit Le Beau danube de Johann Strauss, elle trouvait que c’était de circonstance.

Alors HAL poursuivit son récit. Cette fois, elle décida de mettre en avant trois évènements :

Le premier fait concerne le discours du président du 12 juillet 2021 et de ses conséquences. Ce jour-là, le président a dit que « nous devons aller vers la vaccination de tous les Français » et décrété l’instauration d’un passe sanitaire. Il fut évident que c’était une nouvelle expression d’une dérive autoritaire mais les personnes éclairées ont résisté. En effet, suivre les injonctions du président était considéré comme un acte de collusion. Ne pas se faire vacciner devenait un acte politique, une manière de lutter contre ce gouvernement illibéral. Les personnes qui s’étaient faites vaccinées durant la seconde quinzaine de juillet furent montrées du doigt et fichées « collabos ». D’autres personnes vaccinées de plus longue date entamèrent des démarches de « dé-vaccination » afin de purger leur corps du poison Jupitérien.

Le second évènement est plus tragique. Il s’est déroulé le samedi 30 octobre 2021, durant une des manifestations hebdomadaires que HAL avait mentionné dans le chapitre précédent. Un manifestant avait été écrasé par un fourgon de la police. Il était difficile de savoir ce qu’il s’était réellement passé. Dans la zone où s’était déroulé le drame, les fumigènes des manifestants mêlés aux gaz lacrymogènes de la police n’avaient pas permis d’avoir à disposition le moindre document vidéo ou photo. Tout était basé sur des témoignages. Les policiers donnaient une version de type accident durant un repli stratégique alors qu’une pluie de canettes et de pavés tombait drue sur eux. Des manifestants ont déposé une version très différente : le fourgon avait intentionnellement écrasé le manifestant.

En fin de journée, la nouvelle du décès du manifestant, « sauvagement assassiné par des policiers ultraviolents », circulait au sein de la manifestation. L’un des leaders populistes des gilets jaunes a alors appelé à « marcher sur l’Elysée ».  Un autre leader, cette fois issue de l’extrême gauche, avait appelé à un grand rassemblement devant l’Elysée « pour que la peur change de camp ». Il avait pris la tête du cortège en scandant à l’encontre du président « Vous êtes détesté d’emblée avant d’avoir mis le pied à l’Elysée. Vous êtes haï, vous êtes haï ». D’autres souffraient sur les braises : « Si l’offensive est générale, nous voulons le débordement général. Il faut dire à tous ceux qui se sentent dans le malheur qu’il y a une issue. Luttez, luttons, c’est le moment ! ». Alors la foule haineuse s’est dirigée vers l’Elysée. Devant la vague qui déferlait, il fut rapidement évident qu’il était impossible d’assurer la sécurité du président, malgré les imposantes forces de l’ordre qui avaient été déployées pour protéger le palais. Le président fut extrait par hélicoptère au moment où les premiers manifestants pénétraient dans le bâtiment. Celui-ci a été saccagé puis brûlé.

Épisode 5 : Sauvetage

Rachel écoutait le récit de HAL d’une oreille distraite. Elle avait entendu cette histoire au moins une centaine de fois. Bien sûr celle-ci n’était jamais tout à fait la même, certaines dates changeaient, ainsi que certains personnages. Mais la ligne centrale semblait être invariable, comme si les Terriens avaient du mal à intégrer qu’il y avait plein de mondes possibles à venir. Les versions qu’elle avait déjà entendues conduisaient toutes à une forme d’apocalypse autodestructrice. Après tout, une civilisation a une durée limitée, se disait-elle, mais elle était étonnée par l’application précipitée que mettaient les Terriens pour clore la leur.

La version d’aujourd’hui étant du même tonneau que les précédentes, elle se dit que ce n’était pas nécessaire d’être attentif. Et d’ailleurs qui se soucie de savoir où l’hélicoptère avait emmené le président Jupiter ? Il y a d’autres choses bien plus importantes, par exemple le devenir des Universités ou le réchauffement climatique ! En songeant à la crise climatique, son esprit s’évada et elle repensa à sa première rencontre avec Greta (qui était avec elle dans le vaisseau spatial, en faisant semblant de ne pas écouter HAL).

Sa première rencontre avec Greta, c’était en plein été 2022. Il faisait très chaud car cette année-là. Le « dôme de chaleur » s’était positionné sur l’Europe. Il n’avait presque pas plu durant l’hiver précédent et le printemps s’était révélé lui aussi très sec. Dès de début de l’été, de grands incendies s’étaient déclarés, le plus souvent incontrôlables, comme par exemple celui Land de Bavière qui brulait depuis plus d’un mois. On était alors au début de l’ère Pyrocène.

Courant du mois d’août 2022, le GIEG avait publié son nouveau rapport, encore plus alarmiste que les précédents. Mais il avait été reçu avec une certaine indifférence, les Terriens étaient alors trop écrasés par la chaleur. Ils étaient également très occupés à essayer de retrouver leur vie tellement parfaite d’avant la pandémie. Pourtant, certains irréductibles fanatiques persistaient à protester contre l’action humaine responsable de ce dérèglement climatique. Greta avait pris la tête d’une petite manifestation (une vingtaine de personnes environ) dont les slogans reprenaient les grandes lignes du rapport du GIEC.

Par le plus grand des hasards, la manifestation passait dans la rue où habitait Rachel. Du troisième étage, elle regardait le petit groupe qui défilait au pied de son immeuble. Elle était confortablement installée sur son balcon, les doigts de pieds en éventail, en train de siroter un mojito. Comme il faisait très chaud (42°C), elle avait mis la clim à fond dans son appartement et à l’entrée de la porte-fenêtre qui donnait sur le balcon, elle avait installé un ventilateur qui lui soufflait de l’air frais. Au loin elle entendait le tonnerre, il y avait de l’orage dans l’air car ce jour-là le dôme d’air chaud se retrouvait concurrencé par une masse d’air froid, ce qui provoquait des instabilités.

L’orage est arrivé avec une vitesse fulgurante. On entendit un coup de tonnerre puissant puis juste après il se mit à pleuvoir très dru. La rue de Rachel était en légère pente et déjà des flots d’eau la dévalait. La plupart des manifestants s’étaient dispersés mais Rachel voyait que Greta ne voulait pas lâcher sa pancarte et restait seule au milieu de la rue. Les flots d’eau se transformèrent rapidement en torrent et le niveau augmentait rapidement. Déjà Greta en avait jusqu’à la taille, puis jusqu’au cou et finalement on ne voyait plus que sa pancarte qui dépassait du torrent, toujours tenue bien droite. Rachel, qui observait la scène depuis le balcon de son appartement du troisième étage, commençait à s’inquiéter. Si elle ne faisait rien, Greta allait se noyer. Alors n’écoutant que son courage, Rachel se mis debout sur le garde-corps de son balcon et plongea dans le vide. Ses jambes et ses bras étendus, son corps parfait suspendu dans l’air, on avait l’impression qu’elle volait. Puis sa trajectoire s’inclina et piqua le torrent d’eau et de boue. L’entrée dans l’eau fut tout aussi parfaite, presque sans aucune éclaboussure. Rachel localisa Greta dans le flot rugissant, la pris sous les aisselles et telle une panthère agile la remonta jusqu’à son appartement en escaladant la façade de son immeuble.

Rachel installa Greta sur une chaise et alla chercher une serviette pour la sécher. Greta grelottait et Rachel tentait de la frictionner sur la réchauffer. Mais rien n’y faisait, elle n’arrivait pas à réchauffer Greta qui pourtant n’était restée que peu de temps dans l’eau. Rachel se rappela alors qu’elle avait mis sa clim à plein régime dans son appartement, pour apporter un peu d’air frais sur son balcon. Il faisait 12°C dans la pièce !

Oups …

Épisode 6 : How dare you!

Greta est restée quelques jours chez Rachel. Après l’épisode orageux (voir épisode précédent), l’air était devenu plus respirable. Mais Greta était maussade et sa lecture du nouveau rapport du GIEC n’avait pas calmé sa colère contre l’inaction des Terriens. Elle n’arrêtait pas de répéter en boucle « How dare you! You have stolen my dreams and my childhood with your empty words. And yet I’m one of the lucky ones. People are suffering! ».

Il apparut rapidement à Rachel que Greta entretenait une étrange relation avec la Terre. Elle semblait communiquer avec elle de façon permanente par des sortes d’ondes mentales. Par exemple, quand un arbre était coupé quelque part, elle ressentait un petit picotement sur le bout des doigts. Quand un incendie de forêt se déclarait, elle avait des rougeurs qui apparaissaient sur les avant-bras. Quand un navire se laissait aller à un dégazage sauvage, son ventre faisait des gargouillements qui lui étaient désagréables. Greta semblait former avec la Terre un ensemble interactif puissant, beaucoup plus que n’importe quel autre Terrien. Greta était la Terre.

Mais contrairement à la Terre, qui savait s’offrir de doux et paisibles moments, Greta était en permanence en colère. Rachel tenta de l’apaiser :

– Tu sais Greta, la Terre ne craint rien, elle en va vu d’autres ! Dans quelques dizaines de millions d’années, soit un temps très court, elle parviendra à retrouver un équilibre.
– Des gens souffrent, des gens meurent, des écosystèmes entiers s’effondrent. Nous sommes au début d’une extinction de masse. Et tout ce dont vous parlez c’est d’argent, du conte de fées d’une croissance économie éternelle. Comment osez-vous ? répondit Greta à Rachel.
– Ah oui, si tu parles de la civilisation, alors tu parles de petites constances de temps et là c’est vrai que c’est mal barré. Mais si la civilisation que tu connais ne survit pas, ce n’est pas une catastrophe. Dans les nouveaux écosystèmes, après le grand effondrement, d’autres formes de vie apparaîtront et qui sait, peut-être elles feront naître une nouvelle civilisation dans quelques centaines de millions d’années ? Tu imagines le bonheur des futurs archéologues ? Ils vont se gratter la tête ou bien se marrer comme des baleines à chaque découverte !

Avant d’arriver sur Terre, Rachel avait visité un grand nombre de systèmes stellaires. Elle savait que les civilisations avaient une durée de vie limitée. Mais depuis son arrivée sur Terre, Elle était étonnée par l’acharnement que mettaient les terriens à mettre un terme à la leur. Les terriens allaient certainement battre le record galactique de la civilisation la plus brève ! Était-ce de l’inconscience, de l’inconsistance ou bien un projet global de suicide collectif ? Il paraissait évident que les terriens ne se souciaient pas beaucoup de leur avenir, du moins de celui des générations suivantes.

– Comment osez-vous encore regarder ailleurs ? … 1,5°C d’élévation de la température mondiale … 420 gigatonnes de dioxyde de carbone …
– Oh Greta tu nous soûles avec tes chiffres. Et d’abord depuis quand tu sais compter ? T’as jamais été à l’école ! tu ne veux pas plutôt te détendre un peu, faire un truc de jeune de ton âge ? Tiens viens voir, il y a une nouvelle vidéo super marrante sur Tik Tok.
– Notre civilisation est sacrifiée pour permettre à une petite poignée de gens de continuer à gagner d’énormes sommes d’argent. Notre biosphère est sacrifiée ….
– Greta, arrête !
– … pour que des personnes riches dans des pays comme le mien puissent vivre dans le luxe. Vous n’êtes toujours pas assez matures pour dire les choses telles qu’elles sont. Vous nous laissez tomber ! Mais les jeunes commencent à comprendre votre trahison. Les yeux de toutes les générations futures sont tournés vers vous.
– Greta …
– Et si vous choisissez de nous laisser tomber, je dis que nous ne vous pardonnerons jamais. Nous ne vous laisserons pas vous en tirer. C’est ici et maintenant que nous fixons la limite. Le monde se réveille et le changement arrive, que cela vous plaise ou non. Merci.

Rachel soupira. Greta répétait en boucle des extraits de discours qu’elle avait pu faire ici et là. Rachel était perplexe. Il est évident que Greta avait raison sur bien des points. Elle était une guerrière et Rachel savait que personne par la guerre ne devient grand. Il y a trop de colère en elle, elle n’est pas prête. Le coté obscur de la colère, redouter elle doit. La colère mène à la haine, la haine … mène à la souffrance. Rachel savait que plusieurs mondes étaient possibles et que les Terriens étaient à l’orée d’un choix collectif à faire. Rachel se souvint que dans l’un des mondes des mondes possibles, Greta allait jouer un rôle capital. Difficile à voir.

Les paroles de Greta sont des extraits de ses discours à l’ONU, de la COP24 de Katowice. Les pensées de Rachel du dernier paragraphe sont influencées par Maitre Yoda (que Rachel avait rencontré lors d’un voyage précédent).

Épisode 7: la campagne présentielle

Rachel s’était endormie et quand elle s’est réveillée, elle ne savait plus trop où on en était dans les chroniques Gaïennes. Elle regarda autour d’elle et constata que Valérie n’était plus là. Elle avait laissé un message : « Chère Rachel, merci pour tout mais le devoir m’appelle, je dois aller sauver la France car j’ai le courage de dire et la volonté de faire ». Bon, OK se dit Rachel. En fait elle était soulagée car Valérie devenait vraiment insupportable. Seule Greta était restée, toujours prostrée et accroupie dans un coin de son vaisseau, sa pancarte à la main. Rachel demanda à HAL (l’AI de son vaisseau) de lui faire un petit résumé de la situation. HAL repris donc son récit.

HAL avait repositionné son récit en février 2022, juste après le grand chaos provoqué par le variant omicron. Après les évènements d’octobre (voir chapitre 4), le président Jupiter était finalement réapparu après son exfiltration. Mais le pays était complétement désorganisé avec un grand nombre d’usines fermées et des services publics quasiment à l’arrêt. Chaque samedi il y avait des manifestations monstres qui se terminaient systématiquement en émeutes.

Dans ce contexte, l’organisation de la campagne présidentielle n’a pas été facile. En particulier, il est apparu qu’il était impossible de mettre en place le parrainage des fameuses 500 signatures. De nombreux élus refusaient de voir leurs noms pour le soutien de tel ou tel candidat de peur de représailles. De plus, les divers instances politiques étaient à l’arrêt et un certain nombre d’élus s’étaient volatilisés pour cause de menaces ou de destruction de leur permanence. Il a donc été décidé d’abandonner, au moins provisoirement, la pratique des parrainages.

Au début, il y avait un grand nombre de candidats, souvent portés par des listes citoyennes se présentant comme étant « hors système » et défiantes à l’égard des institutions républicaines et des médias accusés de faire le jeu de l’élite mondialiste. Ces listes avaient rarement un leader clairement identifié, ni de programme clair et se manifestaient uniquement sur les réseaux sociaux. Au fil du temps, le nombre de candidats diminua grâce à des alliances. Par exemple le candidat soutenu par « Diesel Power » a fusionné avec celui du « collectif colère 50-90 », et celui de « La route c’est pour ma caisse » auquel s’est ajouté le soutien d’une personnalité très populaire qui militait pour la suppression du permis de conduire (jugé liberticide). Chez les adeptes du 2 roues, après une âpre primaire, c’est finalement la candidature « Vélorution » qui a été retenue, portée par un ancien coursier de chez Uber. Il a fallu recourir à une la photo finish pour les départager, ça s’est joué à une épaisseur de boyau. D’autres candidatures semblaient avoir le vent en poupe si on en croit les premiers sondages (on peut citer l’Alliance royaliste, le parti du plaisir, QAnon, les indigènes décomplexés, le mouvement raëlien, Conscience-Nature et Pâturages, les Pouliches Apostoliques, les ouvriers de l’améthyste noire, …). Il y avait plusieurs candidatures de « Gilets Jaunes » ainsi toutes les nuances de jaune étaient représentées. Il y avait aussi plusieurs candidats animalistes infusionnables, ce qu’on peut comprendre aisément car il n’est pas facile de faire cohabiter la poule et le renard. Coté des partis traditionnels, ça semblait confus. EELV, qui avait organisé sa primaire, s’est finalement rescindé en plusieurs mouvances irréconciliables (écoféministes, adeptes de la décroissance, écologie radicale, …). La gauche républicaine, laïque et universaliste présentait plusieurs candidats mais tout le monde s’en foutait un peu tant les sondages étaient médiocres. La droite était parvenue à maintenir sa candidature unique. On n’oubliera pas non plus la performance du tribun de LFI. Il a bien compté quelques désertions vers diverses candidatures séparatistes, mais le parti présentera un seul candidat. Le président Jupiter s’est finalement représenté aussi, malgré sa cote de popularité au plus bas. Enfin, le rassemblement national se retrouve affaiblit du fait des candidatures des Patriotes et des Zemmouriens.

Finalement, ce ne sont que 57 candidats qui se sont présentés au premier tour de le présidentielle. Il faut néanmoins se féliciter de ce nombre car il témoigne de l’intérêt des citoyens pour la démocratie. Durant les périodes de confinements successifs, la vie s’était ralentie et se fut une belle occasion pour des démarches introspectives. Grace aux réseaux sociaux, ils avaient pu échanger, se cultiver, explorer avec bienveillance la diversité des points de vue, rêver d’une vie meilleure, celle du monde d’après … on y était ! Les terriens étaient devenus éveillés !

Le soir du 10 avril, tout le monde était devant son poste de TV pour connaitre les résultats du premier tour.

Et les deux finalistes sont …

Rachel interrompit HAL car elle avait un petit creux. Alors elle commença à préparer un bœuf Stroganov mais elle se souvint juste à temps que Greta avait peut-être faim aussi. Alors elle s’est rabattue sur une petite salade d’endives, pommes et noix.

Bon appétit !

Épisode 8: l’entre-deux-tours

Attablées devant le hublot du vaisseau qui leur permettait une vue imprenable sur la Terre, Rachel et Greta se régalaient avec une petite salade d’endives agrémentée de pommes et de noix. Elles étaient en train de survoler le pacifique et allaient passer au dessert quand subitement un gigantesque champignon se dessina en plein milieu du pacifique. Elles regardaient son expansion rapide et l’onde concentrique qui déchirait l’atmosphère. C’est à cet instant que HAL (l’IA du vaisseau) repris son récit :

Nous en étions donc à l’annonce des résultats du premier tour des élections présidentielle (voir épisode précédent).

Et les deux lauréats sont … Eric Zemmour et Jean-Luc Mélenchon !

Rachel et Greta s’en foutaient un peu du résultat et écoutaient HAL d’une oreille distraite. Elles savaient que de toute façon la Terre était foutue car bientôt les terriens allaient cuire sur place tellement la température allait grimper. Alors un peu plus d’entropie dans le système n’allait pas changer grand-chose et par ailleurs, elles n’avaient nulle intention de revenir sur Terre. En revanche les terriens ne semblaient pas bien comprendre car les résultats avaient plongé la grande majorité d’entre eux dans une sorte de sidération à la publication du détail des résultats. Eric Zemmour était arrivé en tête avec 9,78 % des voix suivi de très près par les 9,77 % de Jean-Luc Mélenchon. On avait ensuite Valérie Pécresse à 9,76 %, Marine Le Pen à 9,75 % et Emmanuel Macron à 9,74 %. Les écolos s’en sortaient bien avec 9,79 % mais ces pourcentages étaient dispersés sur 3 candidatures. Ensuite il y avait une ribambelle de 2-3% (gilets jaunes, animalistes et autres candidats populistes). Puis en queue de peloton arrivaient les candidats de la gauche républicaine, laïque et universaliste, avec un peu moins de 1 % chacun.

Il n’y a pas eu de débat de l’entre-deux tours. Il avait été remplacé par deux grandes manifestations le samedi 16 avril. Les deux cortèges se sont collisionnés au niveau de l’arc de triomphe, auxquels s’est additionné des hordes de gilets jaunes et autres tribus des mouvances identitaires, séparatistes et antisystèmes. Au terme de la journée, il ne restait que des ruines du monument. Assurément, une page était tournée.

De son coté, le professeur Sogol était décontenancé. Roi du twittos pontifiant et assassin, ses cibles préférées étaient la macronie fasciste et la gauche universaliste, toutes deux infiltrées d’agents d’extrême droite tendance alt-right. L’espace de quelques heures il se demandait comment il allait pouvoir continuer à déverser son fiel quotidien. Mais il était plein de ressources et un immense travailleur. Déjà un nouveau plan se dessina dans son cerveau en suractivité permanente … héhéhé se dit-il …

Le 24 avril, à 20h, le visage du nouveau président de la République s’est cristallisé sur les écrans. Et le vainqueur est …

Rachel et Greta n’écoutaient plus HAL mais elles se sont rendues compte qu’il était bloqué et qu’il tournait en boucle (le vainqueur est .. le vainqueur est … le vainqueur est …). Mer .. alors, encore un bug … ! Rachel se disait que c’était sûrement quelqu’un qui avait déposé dans HAL un document non approuvé par les pairs – une vraie calamité !

Épisode 9: le monde d’après peut enfin commencer

Rachel n’avait pas beaucoup aimé cette campagne présidentielle. Elle s’attendait à des débats éclairés sur l’Université, les étudiants, la recherche, bref tout ce qui constituait le socle le plus solide pour aborder les transitions qui immanquablement nous attendent. Hélas on était resté que des sujets tels que le prix du litre d’essence ou des polémiques stériles à propos de petites phrases le plus souvent sorties de leur contexte. Allez HAL, dis-nous qui sera le prochain président de la France ! Alors HAL repris son récit :

Et le vainqueur est …  Jean-Luc Mélenchon

Le score était serré puisqu’il avait obtenu 50,1 % des voix, contre 49,9 % pour Eric Zemmour. La soirée avait été folle car pendant plusieurs heures, ce score avait oscillé d’un coté et de l’autre des 50 %. La nuit avait été chaotique avec des multiples émeutes qui fleurissaient un peu partout. Mais on y était habitué à présent, étant donné que le monde était devenu bipolaire et animé par les hordes haineuses des réseaux sociaux.

Dès le lendemain du résultat, le CAC40 a plongé comme jamais et on a observé des mouvements énormes de liquidité vers l’étranger. La semaine qui a suivi, de nombreuses usines ont fermé, abandonnées par leurs dirigeants qui n’avaient même pas pris le temps d’en informer leurs personnels. Les aéroports furent pris d’assaut à tel point qu’il n’était même pas possible de pourvoir toutes les demandes de voyages en classe affaire, de sorte que de nombreux voyageurs durent se contenter de la classe économique. La situation s’engageait donc fort mal, d’autant plus que LFI était très loin d’avoir obtenu la majorité aux législatives de juin. Mais peu importe, la VIe république était en marche et d’autres modes de gouvernance allaient régler ce problème mineur. Et puis …

Rachel interrompit HAL et lui demanda de recentrer son discours sur l’Université.

HAL : ah oui, l’Université … heu. En bien quelques jours après sa victoire, un nouveau gouvernement a été désigné. Le professeur Sogol a été nommé ministre de l’ESR. Sa première mesure …

Rachel n’écoutait plus, elle était blême …

Épisode 10: le sablier de l’enfer

En ce début d’été 2022, dans son vaisseau en orbite autour de la Terre, Rachel était morose. Quelque chose la préoccupait et ça n’avait pas échappé à Greta. Celle-ci ne savait pas trop quoi faire et comme Rachel ne voulait pas lui expliquer, elle décida d’essayer de trouver la cause du problème par elle-même. On a vu dans les chapitres précédents que Greta avait des super-pouvoirs mais peu de gens savent qu’elle est aussi un petit génie de l’informatique. Elle s’installa devant le poste de contrôle de HAL (HAL est l’IA du vaisseau) et elle commença à pianoter.

Comme elle ne savait pas trop ce qu’elle cherchait, elle décida d’aller fouiller dans le blog « Gaïa Universitas » de Rachel, peut-être qu’elle y trouverait quelques indices ? Le blog était un gros foutoir, rien n’était rangé dans les bonnes catégories et les billets s’enchaînaient sans aucune logique et avec des prises de position contradictoires. Par ailleurs, certains billets contenaient des centaines de commentaires. Elle mettrait des années à tout lire mais elle tomba un peu par hasard sur un billet titré « La guerre des groupes » qui attira son attention. Tiens curieux, il y avait eu une guerre en 2014 entre des groupes obscurs qui se réunissaient en cachette. Le billet ne précisait pas si cette guerre avait fait des victimes mais ça semblait être assez violent. Certains commentateurs du billet laissaient entendre que Rachel aurait pu être mêlée aux activités de l’un des groupes et qu’elle pourrait être une sorte de taupe téléguidée par une puissance maléfique et managériale qui travaillait à la destruction du modèle universitaire. Greta décida de creuser la question et elle activa tout ce qui était possible pour comprendre l’activité de Rachel en cette année 2014.

Elle se connecta aux archives des caméras de surveillance de l’époque afin de suivre tous les mouvements de Rachel. Elle activa un module de deep learning afin de l’aider à détecter des anomalies qui auraient pu émailler son activité quotidienne. Assez rapidement, son attention fut attirée par une caméra qui filmait un couloir d’une Université. Ce couloir desservait une salle dans laquelle Rachel faisait son cours hebdomadaire. Mais ce jour-là il y avait quelque chose d’inhabituel : un homme faisait les cent pas devant l’entrée de la salle et semblait attendre nerveusement la fin du cours. Qui était-ce ? un collègue qui s’était trompé d’horaire et qui s’impatientait pour avoir la salle ? un amoureux transi ? Le cours pris fin et l’homme aborda Rachel à sa sortie. On les voyait discuter pendant au moins cinq minutes, l’homme semblait conduire la conversation alors que Rachel écoutait la plupart du temps. Puis ils partirent ensemble. Greta activa les archives des autres caméras afin de suivre le chemin qu’ils empruntaient. L’homme était devant et Rachel le suivaient. Ils se dirigeaient vers les sous-sols, là où il y avait un labo. L’homme fit rentrer Rachel dans une salle et ferma la porte. Greta ne pu pas suivre la suite car il n’y avait pas de caméra à l’intérieur de la salle … shit ! se dit-elle.

Elle ne savait que faire. Elle avait l’intuition que la clé se trouvait dans cette pièce, dans les sous-sols d’une université. Que faisaient Rachel et l’homme qu’elle avait suivi jusqu’à cette salle très isolée ? Peu importe si elle allait commettre une indiscrétion, elle avait une intuition et il fallait qu’elle sache ! Alors elle alla voir Rachel et lui planta directement deux électrodes dans le crâne. Elle brancha Rachel sur l’IA et régla le visionnage de ses souvenirs précisément à la date et l’heure de la scène en question.

L’image n’était pas de bonne qualité, ce qui témoignait de l’état de confusion permanent de Rachel, mais elle put voir l’homme de beaucoup plus près : c’était le professeur Sogol !! Elle vit qu’il avait solidement ligoté Rachel à une chaise et il l’invectivait « alors t’es qui ? avoue que t’es une taupe du ministère ! ». Greta avait raison, le monologue exalté du Pr Sogol tournait autour de ces « groupes », d’espions et de guérilla de pouvoir et de domination. Voyant que Rachel gardait le silence, il déballa sur la table devant elle tout un arsenal d’instruments de labo : on y voyait des pinces, des scalpels, des forets, … « Alors, tu vas parler ? tu voudrais pas que je t’aide un peu avec ces instruments ? ». Son visage était déformé par la haine et il postillonnait abondement sur Rachel pendant qu’il continuait à l’interroger : « alors t’es qui ? » s’écriait-il en listant une ribambelle de noms. « Avoue que tu fricotes avec le réseau de l’Alt-Right maccarthyste de la sphère conspirationniste et que tu es un dégueuli macroniste versé dans l’obscurantisme néolibéral managérial ! ». Rachel ne disait toujours rien. Alors l’universitaire barbarisé s’écarta un instant pour saisir un gros objet non loin. « Je te laisse 3 minutes pour tout déballer, car au-delà tu vas m’obliger à utiliser la manière forte ! » dit-il en posant un énorme sablier sur la table. Il le retourna et le décompte commença. Il semblait fasciné par l’écoulement du sable qu’il regardait avec des yeux exorbités. Rachel en profita pour se tortiller un peu et tenta de desserrer les liens qui la maintenait attachée. Le haut du sablier était au ¾ vide quand elle parvint à libérer sa main droite. Elle attrapa le scalpel posé devant, coupa les liens et se libéra complètement, juste au moment où le dernier grain de sable franchissait l’encolure du sablier. Elle se leva alors avec la rapidité de l’éclair pour s’enfuir sans se retourner au travers d’unique étroit soupirail de la pièce. Elle était sauvée !

Greta avait eu sa réponse et elle lui enleva les électrodes du crâne. Pour sûr, elle n’allait pas rigoler avec le Pr. Sogol aux commandes du MESR !