Ça y est, les universités commencent à dévoiler leur plan de sobriété énergétique. C’est un peu la panique dans les labos, surtout si les établissements se trouvent sur un secteur d’un potentiel délestage. Certains instruments ne peuvent pas être arrêtés. D’autres machines énergivores sont utilisées pour des cœurs de recherche et l’arrêt met en péril l’activité. Mais comme dans tous les autres secteurs d’activité, on demande aux universités à examiner comment elles peuvent diminuer leur consommation d’énergie (et aussi leur facture).

Comme l’automne arrive et que le chauffage n’est pas encore remis, les plus frileux commencent à allumer leur petit chauffage d’appoint dans les bureaux. Hier je passe dans un secrétariat pédagogique, il faisait une chaleur tropicale. Je fais la remarque à la secrétaire que son petit chauffage d’appoint sera bientôt interdit : elle m’a assuré qu’alors elle ne viendra plus travailler s’il fait trop froid …

Bien entendu on peut baisser le chauffage, tout le monde est d’accord (sauf ma secrétaire pédagogique). Mais il faut aussi convenir que ce n’est pas simple car beaucoup de bâtiments sont vétustes et sont des vraies passoires thermiques. L’hiver il y fait froid même quand le chauffage est à fond. Par exemple, dans mon labo il y a des fenêtres, pourtant changées récemment, qui ne ferment plus certainement à cause de choix de matériaux très bas de gamme (certainement à la suite d’un « marché » de l’université, qui a pris le moins cher sans regarder la qualité du matériel). Faudra-t-il condamner ces pièces pour l’hiver ? Que faire des occupants actuels ?

Ainsi chaque université travaille à survivre à l’hiver. L’objectif donné semble être d’économiser au moins 10% en consommation d’énergie. L’université de Strasbourg a communiqué sur le sujet : elle va faire une mise en route plus tardive du chauffage, viser une température de 19°, fermeture de 2 semaines de plus, encourager les écogestes, … chez moi le plan de sobriété énergétique n’a pas été dévoilé (le sera-t-il ?) mais il semble que la chasse aux chauffages d’appoint a déjà commencé. Il se murmure que des milices de l’énergie vont venir sillonner les labos et confisquer tous les petits radiateurs d’appoint.

Pour l’instant, il ne semble pas qu’il soit prévu une compensation budgétaire pour les factures de chauffage des Universités. La ministre Sylvie Retailleau a dit qu’il faut faire des arbitrages, que c’est discuté pour voir qui aider et où trouver les sous. D’une façon plus générale, je me demande si les dotations aux universités prennent en compte la dimension du chauffage. Peut-être que ça n’avait pas beaucoup d’importance quand l’énergie était peu chère. Mais aujourd’hui il y a une vraie inégalité quand la facture de chauffage d’une université atteint plusieurs dizaines de millions d’euros dans le nord/est de la France et certainement beaucoup moins à Marseille ou Montpellier.