Je ne sais plus où j’ai lu ou entendu que la campagne présidentielle n’est traditionnellement pas adaptée à des discussions sur l’enseignement supérieur et la recherche. Pourtant je trouve que cela devrait l’être, encore plus que les autres élections car le caractère national est évident. Les autres élections (municipales, régionales, européennes) ne concernent pas le niveau d’organisation de l’ESR.

Mais on ne peut que constater que l’ESR n’intéresse personne. Cela concerne pourtant environ 3 millions de personnes (étudiants, personnels de l’ESR). En outre, la formation conditionne fortement le devenir des jeunes dans la société et donc l’évolution de cette société. Il y a sûrement des explications pour ce désintérêt mais ce n’est pas clair pour moi. Est-ce parce que « l’électorat ESR » est majoritairement constitué de jeunes et qu’il est bien connu que les jeunes sont des abstentionnistes ? Est-ce parce que les universitaires sont tous des islamo-gauchistes et voteront de toute façon pour Mélenchon ? Ou bien est-ce parce que les politiques ne comprennent rien à l’ESR et ne peuvent donc pas en parler ?

J’ai l’impression que les élections législatives s’orientent vers un duel LaREM – LFI. En effet le paysage politique s’est clarifié après l’auto-dissolution du PS, d’EELV ou du PCF. Coté RN, les législatives ne semblent pas les passionner. Enfin personne ne sait si LR est encore vivant ou si ses membres se sont convertis en livreurs Uber Eats pour payer la dette de V. Pécresse.

Je pense que chacun est d’accord pour situer la configuration actuelle de l’ESR non satisfaisante, positionnée inconfortablement au milieu du gué en termes d’autonomie des Universités. Si on regarde les programmes de la campagne présidentielle, E. Macron et J.-L. Mélenchon avaient clairement les programmes les plus fournis. E. Macron veut avancer vers une autonomie des Universités plus étendue alors que J.-L. Mélenchon veut clairement revenir à il y a 15 ans. L’un est plutôt libéral et décentralisateur, l’autre prône une organisation « à la soviétique » pilotée par un ministère. Deux mondes très différents … 

On va bien se marrer si on se retrouve avec un binôme Macron – Mélenchon.