Alors que la campagne présidentielle bat son plein et qu’elle passionne les français (surtout au sujet des questions autour de l’ESR), nous allons aujourd’hui examiner le programme de Yannick Jadot, candidat des écologistes. On pourra lire le programme dans sa globalité ici. En ce qui concerne l’ESR, sans surprise la rubrique est titrée « Préparer la transition climatique avec l’enseignement supérieur et la recherche« .

Parcoursup sera remplacé par « un système transparent, qui tient compte des priorités de choix des élèves et n’introduit pas d’inégalités de traitement en lien avec le milieu social de l’élève« . Chaque bachelier pourra accéder à une des filières souhaitées. Il augmentera donc le nombre de places en priorisant les filières courtes (BTS et IUT), augmentation ciblée à 100 000 places. Il y aura la création de nouvelles universités (où ?) et des recrutements d’enseignants chercheurs (entre 8 000 et 10 000).

Gratuité des études: les études resteront gratuites et la hausse des droits d’inscription pour les étudiants étrangers sera supprimée.

Intégration des CPGE dans les universités, « sous forme de parcours spécifiques, » et convergence de l’effort budgétaire entre Grandes écoles et universités.

Construire de nouvelles universités ? « Nous équilibrerons la carte de l’enseignement supérieur en ouvrant des formations hors des grandes métropoles, au plus près des bassins de vie. » Là on aimerait bien plus de détails sur ces formations : cela sera-t-il des universités ? ou bien des IUT et STS ?

Une place en master garantie : Si tout bachelier pourra avoir la licence de son choix, Y. Jadot promet aussi une place en master à tous les étudiants ayant obtenu leur Licence.

Recherche : on reste beaucoup sur des généralités (interdisciplinarité, travail collectif, mobilité, etc …) ou des propositions sans précisions de chiffrage. Il mentionne toutefois un « renforcement de la capacité de pilotage des organismes de recherche« , ce qui bien entendu ne me plaît guère car je n’ai nullement envie de revenir au moyen âge (le temps de l’assujettissement universitaire/dictature UMR). C’est par ailleurs complètement incompatible avec la liberté académique. Il propose une augmentation du budget de la recherche publique (de 0,76 à 1% du PIB d’ici 2025), ce qui est positif. Il prévoit une dotation de base pour chaque chercheur (combien ? quel proportion du budget ? avec une clé de répartition ?). Il renforcera « la part des crédits récurrents délaissée au profit des appels à projet dans la Loi de programmation de recherche » (quelle proportion ?). Pour revenir sur le thème des organismes de recherche, pour ma part j’ai du mal avec ce sujet d’une recherche nationale, je pense que ça n’existe plus. La recherche est aujourd’hui un secteur très mondialisée et je trouve qu’il est bien naïf de penser qu’il existe encore une « recherche nationale ». Les sujets de recherche qui sont traités en France sont les mêmes que ceux partout ailleurs. Au mieux un gouvernement peut orienter cette recherche par les financements. C’est sûrement ce qui sera fait sur le sujet de la transition climatique (titre du paragraphe – et c’est déjà largement développé mais on peut l’intensifier).

Évaluation: « Nous mettrons fin aux évaluations purement quantitatives. » C’est déjà le cas, non ?

Doctorat : « Nous améliorerons les conditions de travail des jeunes chercheurs en augmentant le nombre de doctorats financés, en particulier dans les sciences humaines et sociales aujourd’hui sous-dotées, afin de tendre vers un contrat de travail pour chaque doctorant. »

Précarité : « Un plan de résorption de la précarité dans la recherche publique sera mis en oeuvre afin de stabiliser les personnels contractuels dans des postes titulaires. Les nouveaux contrats précaires introduits dans la loi de programmation de la recherche seront supprimés. »

Infrastructures : mise en place d’un plan de rénovation des bâtiments.

Personnels d’accompagnement : « Des personnels supports dédiés à aider les enseignants-chercheurs et les personnels administratifs à l’intégration de ces enjeux dans les formations, et dans le fonctionnement des établissements, seront déployés dans tous les établissements. »

Énergie : même si ce c’est pas directement lié aux problématiques de l’ESR, je me permets un court paragraphe sur les énergies. Yannick Jadot fera sortir la France du nucléaire, avec un horizon à 2035 (au moins 10 réacteurs arrêtés). L’EPR de Flamanville ne sera pas ouvert. Ce n’est pas dans son programme, mais il souhaite également stopper dès maintenant l’importation de gaz et de pétrole russes.

En conclusion, le thème de l’ESR est traité par EELV. C’est peu précis sur les actions concrètes et c’est bien dommage. On est là sur des grandes orientations générales mais c’est mieux que rien.


Les billets sur le programme ESR des autres candidats:

Et bien entendu le programme ESR de Gaïa Universitas !