Ces derniers temps, on a beaucoup parlé des universités dans les médias, et pas toujours sous son meilleur jour. Les thèmes de discussion sont l’islamo-gauchisme, l’intersectionnalité, le racialisme, le décolonialisme, l’indigénisme (et j’en oublie sûrement). Il s’agit assurément de notions qui font une entrée fracassante dans l’espace médiatique national, même si des esprits éclairés nous ont alerté depuis quelques années sur cette vague qui n’est, parait-il, qu’à son début.

L’université est pointée du doigt car on soupçonne que des universitaires sont des activistes qui utilisent leurs travaux de recherche pour accompagner et légitimer des idéologies discutables. Pour ma part je n’ai pas d’avis sur la question mais ça serait bien de savoir si effectivement de la recherche du service public est utilisée pour alimenter ces courants de pensée et s’il y a un défaut de devoir d’objectivité (ce dernier est inscrit dans le code de l’éducation). Je précise que je n’ai rien contre le militantisme, peut-être que ces universitaires font ça sur leur temps libre et que ça n’a rien à voir avec leurs travaux de recherche.

Ces derniers jours, des personnalités du monde politique, médiatique ou artistique ont pris la parole pour dire ce qu’ils pensaient de l’Université. Ça part bien entendu un peu dans tous les sens, c’est normal mais sans trop me tromper je pense qu’on peut faire le résumé suivant : l’Université est décrite comme un panier de crabes dans lequel chacun de ses membres tente d’imposer à l’autre une domination idéologique.

Certaines de ces réactions ont été remarquées car particulièrement incisives. C’est par exemple celle d’Éric Rochant, qui a eu plusieurs milliers de « like » sur twitter, dont je recommande la lecture parce que « ça claque bien » :

Bien entendu ça provoque des réactions. J’en cite deux, chacune a pour origine des universitaires qui sont des gros influenceurs sur Twitter (plusieurs dizaines de milliers de followers).

« Mais de quoi il parle, lui? Il fonde son expertise sur quelle enquête? Est-ce que, comme universitaire, je lui donne des leçons de cinéma? Que sait-il de l’Université? Non, mais, cela suffit, les propos de comptoir! »

« Excusez-moi, est-ce que Frank Dubosc a donné son avis sur l’analyse du racisme à l’université ? Non parce que visiblement, n’importe qui qui lit le Point se sent autorisé à avoir un avis définitif sur la question alors ça serait dommage de se passer de l’avis de quelqu’un qui n’y connaît rien quand même »

Je ne sais pas si la première personne partage ses analyses sur le cinéma, mais ce que je peux vous dire c’est que ces dernières 48h il en a donné sur la constitution, sur Olivier Dassault, sur E. Macron, sur A. Hidalgo, sur la naïve extravagance du technocrate … oui, c’est vrai quoi, de quoi j’me mêle ! Quant au second, je trouve son analyse très juste et je me disais justement qu’on commet une grosse erreur de confier l’Université à des universitaires : l’Université est une affaire trop sérieuse …

On sent bien que ces débats récents dans l’espace médiatique gênent un peu certains universitaires. Il y a donc une tendance au repli sur soi (cet entre soi tellement plus confortable, surtout quand on est dans la caste des dominants) et à disqualifier le contradicteur en le déclarant illégitime d’apporter son point de vue. Ou alors l’autre technique c’est de le classer comme étant de l’extrême droite, là ça calme tout de suite. Comme les universitaires ont un sens critique et un esprit de synthèse très aiguisé, tout cela est résumé sur le petit synoptique ci-dessous.