Alors que les projets ANR doivent être déposés dans quelques jours (clôture le 1er décembre), l’ANR communique sur le budget, le taux de succès et le préciput de la saison 2021. Le budget sera porté à 1,19 Md€ (0,75 Md€ l’année passée). Le taux de sélection passera de 17 à 23 % et enfin le préciput sera augmenté à 25% (contre 19 % actuellement). On ne va pas faire la fine bouche, ce sont de bonnes nouvelles pour la recherche et qui font suite à la LPR et au plan de relance.

Pour ma part, j’ai milité pendant longtemps sur ce blog pour une augmentation massive du budget de l’ANR, pour un taux de succès à 30 % minimum, pour un préciput important et une focalisation franche pour le soutien à des projets non fléchés (que j’aimerais revoir appelés « programmes blancs »). J’avais aussi recommandé des formulaires simplifiés et une bureaucratie encore plus light. Mais bon, si tout va bien, c’est vers cela que va tendre l’ANR les années à venir et donc on peut dire que c’est moi qui ai écrit la LPR, je ne vous cache pas ma fierté !

Ce que je regrette, c’est que ce choc financier ne soit pas plus brutal. Il aurait pu commencer plein pot dès 2021 si le gouvernement n’avait pas décidé de faire porter l’essentiel du paquet sur les gouvernements suivants. Mais peut-être qu’il faut y aller doucement, les chercheurs ne sont pas habitués à recevoir beaucoup d’argent et donc il faut certainement leur éviter la surdose soudaine.

Pour le taux de sélection, je reste à recommander 30 % minimum, et ceci quel que soit le montant. J’appelle donc les comités scientifiques (qui sont des pairs et qui sont libres de leurs choix) de ne pas respecter l’objectif de 23 % et de le fixer à 30 % dès 2021. Pour cela, c’est simple, il faut couper peu le budget des projets retenus. Chercheurs, allez, les 30 %, on y est presque !

En ce qui concerne le préciput, il sera donc porté à 25 %, avec la répartition suivante : il y aura 10 % pour les établissements gestionnaires, 13 % pour les établissements hébergeurs et enfin 2 % pour le laboratoire. Le pourcentage qui revient au labo est une nouveauté. Là encore, on pourrait ici militer pour changer un peu cette répartition. Je recommande à l’avenir diminuer la part de l’établissement hébergeur (maximum à 5%) et augmenter la part de l’établissement hébergeur et du laboratoire. Ce sera une maigre façon de contribuer au financement de l’Université, très largement « oubliée » (pour rester poli) par la LPR et autres dispositifs. Ce serait justice étant donné que la très grande partie de la recherche est hébergée dans les Universités.

Enfin je me permets de rappeler mon billet récent sur l’ANR et la LPR (ici), qui démontre que les dispositions sur l’ANR dans la LPR (articles 1 et 2) ne correspondent en rien à une démarche « injuste et darwinienne » comme peuvent le dire les multiples collectifs confusionnistes. Bien entendu, et comme beaucoup, je regrette qu’il n’y ait pas eu un rééquilibrage entre les AAP et le récurrent.