L’université ne pourra plus accueillir les étudiants, sauf pour des rares travaux pratiques (au bon vouloir des établissements). D’un autre côté, les BTS et les prépas pourront continuer en présentiel. On a vraiment du mal à comprendre la logique ces arbitrages. J’imagine que c’est parce que ces formations sont hébergées par des établissements scolaires (lycées). Mais ces formations ne font-elles pas partie de l’enseignement supérieur, comme les Universités ? Au premier abord, ça donne une impression de deux poids deux mesures …

Mais à y réfléchir, c’est plutôt logique : en effet il suffit de regarder l’origine sociale des étudiants en prépa et à l’université. Les étudiants (pardon … les lycéens !) des CPGE habitent certainement dans de grands lofts qui permettent la distanciation physique avec leurs parents. Ce n’est surement pas le cas des étudiants de l’Université dans ses 10 m2 ou en co-location de type auberge espagnol. Et puis, ces élèves de prépas sont l’élite de notre nation et il convient d’être vigilant à une bonne poursuite de leur étude. Ou alors, il y aurait une réalité plus sombre qu’on nous cache : les élèves en prépas sont mauvais et ils ont besoin d’un suivi au quotidien pour éviter le décrochage ? Il faut également convenir que les lycées ne sont pas des repères islamogauchistes comme peuvent l’être les facultés, il y a donc certainement moins de risque de contamination.

Il faut aussi convenir que depuis la rentrée on a droit à une véritable campagne de bashing à l’encontre des universités. Celles-ci ne seraient pas capable de mettre en place les protocoles sanitaires. Ces campagnes de désinformation sont souvent menées par les universitaires eux-mêmes. On pourra relire par exemple cette tribune un tantinet confusionniste (lire ici). Dans cette tribune, on apprend que « rien n’a été fait ». Je trouve cette tribune particulièrement injuste et limite insultante pour toutes les personnes qui ont œuvré pendant des mois pour rendre possible l’accueil des étudiants. Je pense plus particulièrement aux nombreux BIATSS qui sont impliqués dans la mise en place des diverses procédures sanitaires ou aux responsables de formation qui ont eu un travail de dingue pour organiser la rentrée. Ce que j’ai pu voir dans mon environnement, c’est que les étudiants sont très responsables et respectent bien les consignes sanitaires. Pour ma part je n’ai pas eu l’impression d’être en danger, en tout cas beaucoup moins que dans les magasins ou grandes surfaces.

A ma connaissance, rien ne prouve que l’université soit le lieu de contamination massif des jeunes (je veux bien qu’on m’indique des données concrètes sur le sujet si cela existe). La vie des jeunes ne se limite pas à la fréquentation de bancs de la fac. Les soirées festives ou autres moments de convivialité me paraissent être potentiellement bien plus risqués car ils sont souvent associés à un relâchement naturel des gestes barrières.

Je me doute bien qu’il fallait faire quelque chose en réponse à l’accroissement affolant du nombre de personnes contaminées. Mais on a l’impression d’une injustice (lycées ouverts en 100 % présentiel ; formation à l’université en distanciel). Au-delà des conséquences purement Covid, les dégâts collatéraux devraient également être pris en considération, même si j’admets qu’ils sont très difficiles à quantifier.