Comme il fallait s’y attendre, un grand nombre de clusters sont apparus récemment chez les étudiants peu après la rentrée universitaire. La cause de cette explosion de contamination est sujette à polémique sur les réseaux sociaux.  Pour la ministre et les établissements, la cause est externe : « Les dernières données confirment que la multiplication de nouvelles contaminations est majoritairement liée à des rassemblements privés (soirée étudiante, privatisation des bars…) associés à un relâchement des consignes sanitaires notamment des gestes barrières » (La ministre F. Vidal). Certaines pointent des « comportements irresponsables » de la part des étudiants.

De leur côté, des étudiants se scandalisent des conditions d’accueil dans certaines universités. Il a quelques jours, le hashtag #balancetafac sur Twitter a provoqué un flot de réactions. Quelques exemples : « Le ministère de l’enseignement est pitoyable, la seule fois où il communique sur la situation sanitaire c’est pour mettre la faute sur les étudiants… ». « Aucune aération de salles ; flacons de gel hydroalcoolique vident ; cas de COVID19 dans l’établissement et je dois en louper. C’est pas les soirées étudiantes le problème, c’est le manque de moyen/préparation… ». « En pleine pandémie mondiale, en pleine zone rouge, on est + de 400 dans des amphis de 300 personnes, sans gestes barrières, juste avec un masque sur le visage, aucun cours à distanciel + sans pause pour manger ». « C’est surréaliste dans la plupart des facs. Les soirées étudiantes sont beaucoup plus ‘safe’ que certains amphis ! ». Souvent, ils joignent à leur tweet des photos d’amphis bondés et on constate que le principe de distanciation n’est pas respecté. Certains établissements semblent être tout particulièrement visés par ces réactions #balancetafac.

Dans mon département je n’ai pas identifié de gros dysfonctionnements. Tout le monde porte le masque, il y a du gel hydroalcoolique dans toutes les salles et des rouleaux papier pour désinfecter après chaque passage (ce sont les étudiants qui le font, bien entendu), il y a un plan de circulation. On fonctionne en mode hybride donc le nombre d’étudiants dans le bâtiment est divisé par 2. Je ne dis pas que c’est exemplaire mais il y a beaucoup d’efforts déployés. Dans mon établissement (donc au delà de mon département), il semble que les recommandations sont très diversement appliquées ainsi que les modes d’enseignement. Il me parait évident qu’il y a un manque de moyens (à la fois humain et de crédits directs) et parfois de bonne volonté ou de compétences, éléments qui ne favorisent pas la bonne mise en place d’une configuration optimisée.

Si dans mon département les consignes sanitaires semblent bien en place et semblent bien appliquées, j’ai appris hier qu’un grand nombre d’étudiants sont contaminés « probablement à cause de soirée étudiante » dit-on à la direction. Bref il semble qu’un cluster se soit développé (mais je n’en connais pas encore la taille).

Afin d’apporter un peu d’éléments factuels aux opinions ou croyances divergentes à propos des sources de contamination (soirées étudiantes ou cours en amphis ?), je trouve qu’il serait bien qu’un minimum de données soient publiées. Prenons un exemple : 127 étudiants de l’INSA Toulouse ont été contaminés,  ces étudiants ont-ils participé à une soirée étudiante et/ou ont-ils fréquenté un bar, et bien entendu lesquels ? Ces étudiants sont-ils majoritairement d’une même promo ou d’un même groupe de TD ? Ces étudiants prennent-ils les transports en commun ? J’imagine que ces questions sont posées à chaque cas positif afin de tenter de retracer la propagation de la contamination. Toutefois je regrette qu’une synthèse de ces données ne soit pas publiée (même si elles restent certainement partielles à ce jour) car cette absence d’identification de la cause de contamination laisse la porte ouverte à toutes les interprétations, aux polémiques et dans certains cas aux dérives complotistes.