Il ne fait aucun doute que la rentrée universitaire sera compliquée. A présent, on ne sait pas trop si on pourra faire cours avec tous les étudiants, ou bien la moitié, si on aura les possibilités techniques de faire des cours en distanciel (moins improvisés qu’au printemps) ou faire du distanciel synchrone (moitié de promo présente, l’autre suit en vidéo de chez elle). C’est vrai que le gouvernement ne nous aide pas et il nous dit que les consignes peuvent être remises en cause « en fonction de l’évolution de la situation ». C’est très anxiogène. « Gouverner c’est prévoir », comme disait l’autre, mais là cette crise sanitaire est un cas un peu spécial.  Evidemment sur les réseaux sociaux ça s’énerve déjà. Au printemps, quand le ministère donnait des consignes ça râlait contre les « injonctions incessantes » et quand il ne communiquait plus pendant quelques jours on était perdu dans un « silence assourdissant ». Alors aujourd’hui, à quelques jours de la rentrée, ça recommence : « Quid des universités ? La rentrée est le 1er septembre et la ministre vidal n’a donné aucun signe de vie sauf un cameo hitchcockien sur BFM. Pas de document officiel. Rien. Pas de publication de recommandations au JO. Rien. C’est plus qu’inquiétant. A-t-elle démissionné ? » ;  « Quelqu’un peut rappeler à l’immonde connasse du @sup_recherche (La ministre) que la rentrée c’est AUSSI la semaine prochaine dans les universités et qu’elle pourrait avoir la décence de sortir de son trou pour communiquer a minima sur ce qu’elle a prévu de ne pas faire ? ».

Mais laissons un moment les crétins haineux qui foisonnent sur Twitter. La ministre a pourtant communiqué sur la rentrée, le 6 août dernier (circulaire à lire ici) : ce sera une rentrée avec des masques pour tout le monde, en présentiel si possible et en respectant les gestes barrières. C’est aux Universités, libres et responsables, d’organiser cette rentrée. Bien entendu ça donne des décisions qui varient selon les établissements, donc ce n’est pas uniforme, et qui peuvent évoler si la situation sanitaire s’aggrave. Les sites internet des universités ont publié leur politique de rentrée, ce qui n’empêche pas bien évidemment les critiques et les réserves : « Toutes les universités ont des politiques différentes face à la crise sanitaire (cours 100% en présentiel, rentrée hybride, cours à distance…). Cela renforce encore plus les inégalités d’accès à l’éducation entre les universités » (source Twitter).

Une personne sur Twitter demande : « Des masques, ok. Mais du papier et du savon aux toilettes….? ». Car cette rentrée un peu particulière impose des mesures spécifiques qui sont chronophages et onéreuses. Les Universités sont déjà largement sous-financées et j’avoue ne pas bien savoir si elles ont bénéficier de crédits spéciaux pour faire face aux surplus de dépenses liées à cette crise. Il semble que dans le plan de relance, on ne trouve pas beaucoup d’investissement dans l’Université, mis à part l’annonce de créer des places supplmentaires en santé. Peut-être que la recherche, le développement de la connaissance ou la création de nouvelles compétences ne sont finalement pas des éléments utiles à une relance économique. Compte tenu du sous-financement récurrent des Universités, un plan de réinvestissement massif me parait nécessaire (voir les récents billets sur ce blog). Mais ne soyons pas mauvaise langue à ce stade. Le plan de relance prévoit un investissement de 11 Md€ d’ici à 2022 pour investir dans les technologies d’avenir. Peut-être que l’Université, en termes de recherche, pourra tirer son épingle du jeu concours du PIA4.

Mais revenons à cette rentrée, qui sera certainement crépusculaire (comme dans le primaire ou le secondaire). Il ne fait nul doute que des multiples clusters vont apparaitre ici et là, entrainant la fermeture de formations ou de sites. Faut-il se préparer mentalement à refaire des enseignements à distance. Si c’est le cas, j’ai l’intention d’utiliser les outils de l’Université mais est-ce que cette fois les serveurs vont tenir le choc ?