Beaucoup pensent qu’on va vers une crise post-confinement de grande ampleur, alliant difficultés économiques et crises sociales. Le gouvernement multiplie les « plans de relance » dans l’automobile, l’aéronautique, le tourisme et autres secteurs. La priorité est de relancer l’économie et la consommation. Pour ma part, et comme un certain nombre, j’avais naïvement imaginé que cette crise aurait pu être une belle occasion de repartir sur des bases un peu différentes mais ce ne sera pas le cas. J’avais aussi imaginé que cette crise sanitaire aurait pu être l’occasion d’une relative cohésion sociale (le « tous ensemble pour surmonter les difficultés ») mais il parait très clair que nous sortons de notre confinement encore plus divisés, échaudés en permanence par des torrents de propos haineux sur les réseaux sociaux (y compris dans la sphère universitaire).

Ces mesures de relance économique sont d’une ampleur budgétaire considérable. Je peux comprendre certaines des motivations (emplois en particulier). Il y a une frange de la population qui est actuellement dans un certain désarroi. Il s’agit des jeunes qui sont dans l’enseignement supérieur, en passe de rentrer sur le marché du travail . Voici un extrait d’un récent article dans Le Monde : « Pour les 700 000 diplômés sur le point d’entrer sur le marché du travail, l’angoisse est bien plus concrète : comment décrocher un poste alors que le pays s’enfonce dans une récession annoncée, par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), comme l’une des plus brutales parmi les économies industrialisées ? « Je vais sûrement enchaîner sur un deuxième master pour éviter le chômage, mais après, on me reprochera d’être surdiplômé », appréhende Alexandre, en master de mathématiques, à Paris » (source ici). Le nombre d’étudiants exposés à ces difficultés est considérable, certainement tout autant ou plus que des secteurs comme l’automobile et l’aéronautique. Il serait judicieux d’y porter une forte attention sinon nombre d’entre eux iront alimenter les mouvements radicaux et populistes qui ont le vent en poupe actuellement. Il serait également judicieux d’adjoindre à la LPPR un volet sur l’enseignement supérieur et d’y investir très massivement, en particulier dans les Universités qui comptent la majeure partie de cette jeunesse.