On ouvre les églises, les écoles maternelles, les collèges et les lycées. On peut prendre les transports en commun, on peut se déplacer sur de grandes distance (au moins en France). On peut aller faire ses courses dans les supermarchés depuis toujours, on peut maintenant aller dans les petites boutiques. Les cafés et les restaurants rouvrent également. Les entreprises sont autorisées depuis longtemps à fonctionner. On peut aller se promener dans les parcs, les forêts, aller se faire bronzer sur les plages. Mais les Universités, on ne les rouvre pas aux usagers. On nous diffuse multiples reportages sur le déconfinement dans les écoles, les boutiques, les entreprises, etc … mais au sujet des Universités c’est le silence complet. Peut-être qu’on en a profité pour faire disparaitre les universités pendant le confinement, sans que je m’en aperçoive ? Tout cela est assez incompréhensible. On aurait pu au moins organiser en toute sécurité sanitaire les examens en juin, j’avais proposé des solutions innovantes et pragmatiques et qui en prime aurait donné un coup de projecteur attractif, mais comme d’habitude on ne m’a pas écouté.

Comme on ne sait pas trop si l’Université existe encore dans notre pays, dans le doute on nous demande de travailler sur les scénarios d’une rentrée qui peut-être se fera ou non. Il semble que la solution qui émerge soit une solution hybride, c’est-à-dire une partie de cours en ligne et une autre partie de cours en présentiel, en petit comité, avec une rotation possible entre les étudiants. Alors il va falloir utiliser des moyens techniques mais on ne sait pas trop ce qui est disponible … attendez on fait l’inventaire et on vous dira. On nous fait comprendre que ces retransmissions vidéo ne pourront pas se faire en direct, pas possible car il n’y a pas assez de bande passante à l’Université. Il faudra l’enregistrer pour une visualisation off-line en différé mais quand même il faudra prévoir un chat en même temps que le direct pour les étudiants en déporté puissent poser des questions au même titre que les étudiants qui sont en présentiel.

Bien entendu je comprends qu’il faille préparer la rentrée. Mais la rentrée c’est dans trois mois. Peut-être que le virus aura disparu cet été ? Peut-être qu’il sera encore là et on sera en pleine seconde vague ? Tout le travail fait actuellement, basé sur des critères de sécurité sanitaire actuels, sera-t-il encore valide en septembre ?

A vrai dire, pour ma part, je me demande si je ne vais pas basculer la totalité de mon enseignement en virtuel car j’ai quand même un doute sur l’existence même de l’Université, doute qui s’est sérieusement renforcé durant cette crise sanitaire. Faire des cours dans quelque chose d’aussi insignifiant politiquement et socialement, autant le faire de chez soi bien calé dans le canapé.