Comme moi, vous avez certainement reçu les informations sur le plan de reprise des activités (PRA) de votre université et laboratoire. Cette reprise sera très progressive, avec beaucoup de précautions sanitaires. J’ai parfois l’impression qu’on adopte un prudentiel excessif et d’un autre coté je comprends aussi qu’on cherche à minimiser autant que possible l’explosion de clusters. Je trouve que ce n’est pas évident de placer le curseur.

Coté enseignement, il n’y aura pas d’enseignement en présentiel avant la rentrée en septembre 2020 et les examens se font en ligne. Dans mon département, on commence à parler de la rentrée et bien entendu divers scénarios sont discutés dont celui d’une rentrée alors que le Covid-19 sera toujours présent : comment fera-t-on pour l’accueil des étudiants ? Devra-t-on poursuivre l’enseignement à distance ? comment hiérarchiser ce qui doit être fait en présentiel et ce qui peut être fait à distance ? Mais bon, c’est encore loin, on verra le moment venu car faire des plans actuellement sur ce qui passera dans 4 mois me parait relever de la science-fiction. Cela dit, il y a deux jours, la ministre F. Vidal a commencé à préparer le terrain : elle a « demandé aux établissements de faire durer les cours magistraux à distance ». En revanche, la rentrée ne sera pas décalée (source ici). « L’idée serait de maintenir un maximum de cours à distance, ce que les professeurs ont déjà fait depuis mars. Les cours en amphi pourraient avoir lieu avec moins d’étudiants pour respecter les distances. Le professeur ferait son cours en direct ou serait enregistré pour les autres étudiants qui suivraient de chez eux à partir d’une plateforme » (source ici). Ça promet bien évidemment d’être compliqué …

Coté recherche, les laboratoires vont rouvrir très progressivement. La première semaine, c’est le nettoyage, le redémarrage des gros équipements et leur vérification, la mise en place des procédures de sécurité sanitaire. Ensuite, en ce qui concerne mon laboratoire, seuls les travaux urgents ou stratégiques pour le laboratoire pourront reprendre dans un premier temps, avec un présentiel qui ne devra pas excéder 20% des effectifs. On pourra augmenter éventuellement en juin si ça se passe bien. Bref, pour ma part, je vais poursuivre le télétravail pendant tout le mois de mai, je crois …

Sinon, rien de neuf. Durant cette période j’ai suivi occasionnellement les réactions de la sphère universitaire à ce confinement et j’ai trouvé ça d’une médiocrité affligeante. A début c’était pour se plaindre « des injonctions incessantes » quand il fallait se confiner et s’organiser pour travailler autrement. Ensuite c’était « le silence assourdissant … les universités sont abandonnées …mais que fait le gouvernement ? … ». C’est vrai que si on ne nous dit pas ce qu’on doit faire on est perdu, d’ailleurs je suis surprise de ne pas recevoir chaque matin de la part de la ministre mon plan de travail de la journée. Il semble que la préoccupation essentielle, du moins pour certains assez visibles sur les réseaux sociaux, c’est d’ajouter des problèmes au problèmes, d’amplifier l’atmosphère anxiogène ou de monter les uns contre les autres par des enfumages continuels, des procès d’intention ou des discussions sans fin sur une petite phrase sortie de son contexte. L’ESR ne sortira pas grandi de ce confinement …