L’évaluation du semestre est bien évidemment une problématique complexe dans le contexte actuel. Il se dessine trois options : (1) des examens en ligne avec le maintien du calendrier initial, mais il parait difficile d’éviter la triche (2) un report des examens en septembre (3) une neutralisation du semestre, ce qui revient à valider tout le monde (la fameuse notion du « 10 améliorable »). Aucune de ces options n’est vraiment satisfaisante, avec parfois des impacts considérables pour la rentrée prochaine (en particulier les options 2 et 3).

Le semestre n’est toutefois pas terminé, il reste deux mois pour organiser ces examens. Par ailleurs, le déconfinement du 11 mai laisse entrevoir une quatrième option, qui est celle du maintien des examens en présentiel, avec bien entendu des conditions sanitaires adaptées. Je trouve que l’option expérimentée en Corée du Sud est intéressante : il s’agit de faire passer en présentiel les examens dans un stade.

Un examen de recrutement à Ansan (Corée du Sud) pendant la pandémie de Covid-19, le 4 avril 2020. YONHAP / AFP (source ici)

Cette solution est pleine d’avantages : (1) elle permet de faire respecter les distances de sécurité entre les candidats, par ailleurs ceux-ci auraient pour obligation de porter un masque (2) les grandes distances entre étudiants permet d’éviter la triche (3) un examen en plein air favorise l’oxygénation du cerveau et donc des performances intellectuelles améliorées (4) c’est plutôt facile à mettre en place car les stades sont inoccupés actuellement, il faudra juste un peu de manutention de tables et de chaises, ce qui ne parait pas démesuré.

On pourrait aussi mobiliser les sportifs (qui sont tous désœuvrés actuellement) afin d’aider à cette logistique et à la surveillance des examens. Par exemple, plutôt que Neymar nous casse les oreilles sur son piano dans son petit studio au sud Rio de Janeiro, il pourrait venir donner un coup de main pour distribuer les copies et répondre au pied levé aux sollicitations en cours d’épreuve. Enfin, faisons un petit calcul pour savoir combien d’étudiants on peut mettre dans un stade de foot : la surface est de 7000 m2. Soyons ici très sécuritaire, pour rassurer les plus sceptiques, et positionnons un étudiant tous les deux mètres. Chaque candidat occupe donc 4 M2 de terrain. On peut donc mettre dans un stade de foot 1785 étudiants, ce qui est très efficace. On peut parfaitement faire tourner plusieurs épreuves en même temps, pour plusieurs formations, comme on le fait usuellement dans nos salles d’examens

Enfin, il faut noter que sur ce principe, on pourrait aussi mobiliser des gymnases, des salles de concerts ou des halls d’exposition si la météo s’annonce mauvaise (ou fournir du matériel waterproof aux étudiants si on tient au plein air). Ou alors, on pourrait organiser ça sur des lieux emblématiques comme par exemple le champ de mars (capacité 50000 étudiants), sur le parvis de la tour Eiffel (capacité d’environ 4000 étudiants) ou le jardin du Luxembourg (j’estime à la louche qu’on peut faire tenir 35000 étudiants). Cela donnerait un impact médiatique d’enfer à l’Université !