Le 4 février dernier, notre ministre de l’ESRI Frédérique Vidal était au séminaire d’accompagnement des nouveaux directeurs et directrices d’unité organisé par le CNRS. Elle a donné quelques indications sur l’orientation de la LPPR. Chacun sera libre de la croire ou non, car pour l’instant personne ne dispose du moindre texte de cette LPPR. Cela n’empêche pas des flots de nonistes de l’ESR de se mettre en lutte contre cette réforme qu’ils ne connaissent pas. Mais laissons un temps les problématiques de dérives populistes et les propos irrationnels ou haineux des réseaux sociaux pour se concentrer sur les propos de la ministre. On pourra lire la retranscription de ses propos ici.

A mon sens, le message le plus important est que cette LPPR « n’est pas une loi de programmation thématique ou une loi de structures. C’est une loi de programmation budgétaire, avec une trajectoire financière spécifiquement dédiée à l’investissement dans la recherche ». Cela veut dire qu’on ne s’attaquera pas à une simplification de notre ESR. Ceci dit, je comprends la ministre car vouloir simplifier, c’est supprimer des choses et c’est donc faire des mécontents et donner des occasions de slogans de type « casse du service public ». Pourtant, il y aurait tant de choses à réformer dans notre ESR. Il est tellement complexe que personne ne le comprend vraiment. Cette complexité consomme aussi une part non négligeable de crédits qui seraient mieux utilisés dans des actions concrètes de formation ou de recherche.

La LPPR sera donc une loi de programmation budgétaire pour tenter de contrecarrer le sous-investissement dans l’ESR, pour « atteindre le chiffre de 3% du PIB pour la recherche ». La ministre ne précise pas le fléchage de ces investissements (mis à part qu’elle évoque à nouveau la rémunération des jeunes recrutés). A mon sens, cet investissement doit aller massivement et prioritairement vers les universités. Il faut aussi investir dans l’ANR afin d’atteindre un taux de succès d’au moins 30 %. La ministre sous-entend des investissement dans les Bidulex du PIA qui arrivent à terme, mais là franchement ce n’est pas une bonne idée. Leur financement arrive à terme, c’est entendu, mais c’était prévu par le contrat et il y avait un objectif à terme d’être en capacité d’autofinancement pour des outils. Donc fermons les Bidulex et faisons tourner la roue.

En ce qui concerne une réforme des statuts des personnels, la ministre dit ceci : « J’entends et je vois circuler beaucoup d’affirmations, souvent erronées. Non, il n’est pas question de supprimer les maîtres de conférences ni de mettre ce corps en extinction. Non, il n’est pas question de supprimer le CNU ou de toucher aux obligations de service, aux 192 équivalents TD ou de relancer l’épouvantail de la modulation de service. Ce n’est pas à l’ordre du jour. Je suis ici pour que cessent de circuler ces inquiétudes totalement infondées ». Quel dommage, car la suppression du CNU ou la modulation de service, c’est un peu le fonds de commerce de ce blog … !