Comme nous l’avons discuté dans un billet précédent (ici), le gouvernement veut augmenter les droits d’inscription pour les étudiants étrangers  extracommunautaires. Suite à cette annonce, il y a eu quelques blocages et manifestations, largement occultés par le mouvement des gilets jaunes. Même la CPU a fait sa tribune pour protester et a demandé l’ouverture d’une concertation (lire ici). Le 20 décembre dernier, la CPU a voté, à l’unanimité, la demande de suspension de la mesure d’augmentation des droits d’inscription (lire ici, communiqué du 11 janvier). Certains présidents d’université vont plus loin et affirment qu’ils n’appliqueront pas la hausse des droits d’inscription (lire ici).

La ministre Frédérique Vidal n’est pas contente du tout : « Je tiens à rappeler que les universités sont des établissements publics, opérateurs de l’État et qu’effectivement, en tant qu’opérateurs de l’État et fonctionnaires d’État, il est évidemment très important qu’ils portent les politiques publiques décidées par l’État » et elle évoque le « devoir d’obéissance et le devoir de loyauté » (source ici, déclaration au Sénat, le 16 janvier 2019).

Ce que je regrette dans ce dossier, c’est qu’on n’a guère d’informations qui nous permettraient de se faire une idée sur la pertinence de la mesure imposée par le gouvernement. On a  le nombre d’étudiants étrangers (information très facile à trouver), mais on n’a aucune information sur l’origine sociale de ces étrangers. Peut-être qu’une fraction importante est issue de familles riches, et dans ce cas ça ne me parait pas choquant de les faire participer un peu au système, d’autant plus que cet argent serait utilisé pour financer des bourses pour les étudiants qui n’auraient pas de moyens. Mais au contraire, si l’essentiel des étudiants sont pauvres, alors cela va poser beaucoup de problèmes car il n’y aura clairement pas assez de bourses pour cet ensemble d’étudiants pauvres (le gouvernement prévoit qu’un étudiant sur quatre pourrait ainsi être exonéré des droits d’inscription et avoir une bourse).  Donc des chiffres seraient utiles…

Par ailleurs, je me pose les questions suivantes : quel est le facteur majeur d’attractivité pour des études en France ? Pour la gratuité ? Pour la qualité de la formation ? Pour la langue ? Pour la douceur de vivre ? Pour voir la tour Eiffel ? Là encore, si vous avez connaissance d’une enquête sur ce sujet, je veux bien l’avoir aussi.

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