Comme il fallait s’y attendre, l’ESR n’est pas mentionné dans la lettre du Président Macron aux français. Il a pourtant rajouté deux thèmes supplémentaires (immigration et laïcité). Il est vrai que l’ESR n’est pas vraiment un thème qui est mentionné par les acteurs du mouvement GJ.

J’ai cherché un peu sur la toile comment les universitaires percevaient le mouvement des GJ mais je n’ai pas trouvé grand-chose. Il semble qu’il y a une certaine prudence, ou bien alors on manque encore de recul. C’est vrai que c’est compliqué tellement le mouvement est multiforme, avec une liste de revendications longue comme le bras d’un basketteur américain, et dans lesquelles chacun pourra trouver son  bonheur. Ça doit pourtant être un sujet passionnant pour les sociologues (je dis ça moi j’en sais rien, je ne suis pas sociologue).

Ah si j’ai entendu une chercheuse du CNRS qui explique ses difficultés pour mener des recherches sur le mouvement des gilets jaunes alors que les comptes de son laboratoire sont arrêtés en novembre (et qui ne rouvriront qu’en février ?). C’était une discussion mi-décembre, avec la ministre F. Vidal, à la radio. La ministre lui répond : « pour des raisons de tuyauterie administrative et parce que les laboratoires ont de multiples tutelles, les comptes financiers des laboratoires sont bloqués très tôt » (dépêche EAF du 19/12/2018). Il est vrai que cette chercheuse CNRS n’a pas les pieds sur terre : chercher des sous en décembre pour lancer une étude scientifique, tout le monde sait que ce n’est pas possible. De plus elle n’a pas déposé de projet (appel, deadline, dépôt, review, ouverture des crédits, …), tout ça prend au moins un an au minimum. Dans un an elle pourra faire son projet sur les GJ, si elle parvient dans la liste des 10% happy few qui ont été sélectionnés.

J’ai vu aussi que des universitaires ont quand même réussi à faire une petite enquête. Ceux-là sont des malins, ils ont commencé fin novembre et il semble qu’ils n’ont pas demandé de sous. Ils y sont allés avec un appel à volontariat et nul doute qu’ils ont pris les frais de l’étude sur leurs deniers personnels. Un résumé de leur étude est disponible ici ou ici (très intéressant). On reste surtout sur du factuel de résultats d’un questionnaire, il n’y a pas de conclusion, ou du moins un portrait type ne ressort pas clairement. Moi je vais ici faire une confidence, car je sais depuis le début. Je vous l’explique tel que je l’ai découvert : un jour, pas longtemps après le début du mouvement, à la sortie d’un virage, je vois la route bloquée par des gilets jaunes. Je m’arrête et là je vois un Monsieur qui s’approche et qui me dit « ben il est où votre gilet jaune, car vous êtes avec nous, hein ? ». Quelle cruche ! je n’avais pas mis mon gilet jaune sur mon tableau de bord ! Et donc j’ai réparé vite fait mon étourdie. Et là, le vent s’est levé et a soulevé un peu le gilet jaune que portait le Monsieur et j’ai vue la couleur en dessous était différente, beaucoup plus sombre, ça tirait franchement sur le brun.

Enfin mentionnons que samedi, des universitaires publient un texte de soutien aux gilet jaunes « Nous ne serons pas les chiens de garde de l’État! » (lire ici). Amusant de voir que les sciences dures ne sont quasiment pas représentées. Le texte est mise à la pétition aujourd’hui et atteint à cette heure bientôt 6000 signatures (pétition ici). Moi je ne signe pas.

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