Le gouvernement l’a annoncé récemment, par Edouard Philippe le 19 novembre dernier : les étudiants étrangers extracommunautaires vont devoir payer des droits d’inscription beaucoup plus importants (grosso modo, le prix est multiplié par 10). La motivation principale est que cette augmentation permettrait de rendre la France plus attractive sur le volet de l’enseignement supérieur. L’argent récolté par cette mesure permettrait de financer des bourses et d’attirer donc des étudiants qui ne pourraient pas se permettre de suivre des études (gratuites ou non).  On pourra lire les détails des mesures proposées sur le site du ministère, ici.

D’après le gouvernement, il s’agit « d’instaurer une forme d’équité financière. Actuellement, la France est l’un des pays au monde où les droits d’inscription des étudiants internationaux sont les plus faibles : c’est presque comme s’ils n’existaient pas. En bref, un étudiant étranger très fortuné qui vient en France paye le même montant qu’un étudiant français peu fortuné dont les parents résident, travaillent et payent des impôts en France depuis des années. C’est absurde et injuste. Et ce choix a comme conséquence la faiblesse des moyens disponibles pour accueillir et accompagner les étudiants internationaux »  (lire ici, site du gouvernement).

Si on parle d’équité financière (c’est un sujet profondément d’actualité, il semble), on pourrait aussi s’interroger sur le bon fondement d’avoir un enseignement supérieur gratuit. Cet enseignement supérieur est financé par l’Etat, donc les contribuables. Cependant, il est très manifeste que ceux qui en profitent le plus, c’est plutôt les classes aisées si on en croit les statistiques de l’origine sociale des étudiants.

Autour de moi, c’est un peu l’inquiétude, plus particulièrement pour les masters. Ces derniers sont souvent à faible effectifs, sur la corde raide et tiennent grâce aux effectifs d’étudiants étrangers, souvent en provenance d’Afrique ou d’Asie. Le gouvernement prévoit de financer environ ¼ d’étudiants extracommunautaires par des bourses. J’ai du mal à me convaincre que les ¾ des autres auront les moyens de payer 3000 euros supplémentaires pour faire des études en France.

Les réactions ne se sont pas faire attendre. On pourra trouver une liste de réactions sur le site de Sauvons l’Université, ici. On y parle de service public, de fin du monde, d’un ES demain payant pour tous …. Brr ça fait froid dans le dos, moi j’enfile mon gilet jaune !

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