Résumé :  » Redonner de l’attractivité aux carrières universitaires et de recherche en France. Revaloriser notamment l’entrée dans la carrière des maîtres de conférences. Alléger les contraintes statutaires, encourager l’internationalisation et la mobilité professionnelle. Laisser les établissements choisir leurs enseignants-chercheurs, fonctionnaires et/ou contractuels, tout en s’assurant de leur haut niveau par un avis favorable du CNU. De même, fixer des règles éthiques qui encadrent l’éventuelle promotion d’un maître de conférences comme professeur dans son université d’exercice « . Source ici.

Avec un peu plus de détails :

 » Le statut des enseignants-chercheurs n’a pas été fondamentalement revu depuis le dernier grand texte de 1984 alors que le paysage de l’enseignement supérieur a été profondément bouleversé. Ce constat explique le hiatus actuel et donne prise à de nombreuses critiques qui portent aussi bien sur la place du doctorat, le processus de qualification et les conditions du recrutement. La mobilité européenne et internationale révèle l’inadaptation du système qui conduit à un phénomène de départ assez important des jeunes chercheurs formés en France vers l’étranger sans assister au mouvement inverse, en particulier à l’issue de « post-doc », privant par là-même la Nation de l’investissement qu’elle a fourni. Peut-on parler sur ce point d’autonomie des établissements alors que les rémunérations, les statuts, les conditions d’accès au corps enseignant sont encore fixés par des réglementations nationales ? Il est donc temps de repenser notre système et les grands principes qui l’animent. Il faut dire clairement ce que la Nation attend de ses enseignants-chercheurs, quel que soit le statut qui sera le leur, tout en restaurant la dignité des carrières académiques. La comparaison des systèmes européens montre une très grande diversité de situations et de solutions. Il est probablement difficile d’en retenir un plus qu’un autre. Comme le rappelle l’IGAENR dans un rapport récent, si la France n’est pas le seul pays où les universitaires ont un statut de fonctionnaire (par exemple : Espagne, Grèce, Italie et, pour les seuls professeurs, Allemagne), à l’échelle mondiale, cette situation ne concerne qu’une minorité d’universitaires et elle est en voie de régression. Plusieurs Etats ont, en effet, mis en extinction le statut de fonctionnaire de leurs enseignants-chercheurs (par exemple : Russie, Chine, Autriche ou Suisse). La bonne démarche est alors de partir des défis et des besoins auxquels les universités en France ont à faire face pour tracer la voie : stabilité des effectifs académiques pour mener à bien des projets de long terme, réactivité pour répondre à des demandes nouvelles, internationalisation des effectifs, spécialisation selon une logique d’identification…

Dorénavant laissons les universités choisir leurs enseignants, fonctionnaires et contractuels, et gérer ensuite leur carrière. Toutefois elles devraient respecter deux règles : afin de garantir la qualité de la personne nommée pour la première fois aux fonctions de maître de conférences ou de professeur, l’université devrait recueillir un avis favorable d’une autorité indépendante : le Haut conseil de l’évaluation pourrait donc voir ses compétences élargies à cet effet. Par ailleurs, un second principe de nature éthique devrait être posé : sauf dérogation dûment justifiée par l’intérêt de la recherche collective, un maître de conférences ne pourrait pas être promu immédiatement professeur dans son université d’exercice. Cette mesure favoriserait la mobilité indispensable dans une carrière académique digne de ce nom. Ces enseignants, comme leur établissement, doivent être évalués. Evaluation qui aura alors de vraies conséquences sur la carrière. L’idée de faire évaluer les enseignants par leurs pairs est admise par tous et ne saurait être remise en cause. Ce sont plutôt les conditions de l’intervention des pairs qui méritent débat avec la communauté universitaire, en particulier leur mode de désignation ; en France les évaluateurs ne sont pas choisis en fonction de leurs qualités scientifiques, mais du score obtenu par le syndicat qui les a désignés sur une liste pour les élections au CNU.

Enfin le gouvernement doit davantage consulter les équipes d’universitaires et de chercheurs sur les grands sujets d’avenir : il est dommage d’ignorer souvent, alors qu’il réfléchit aux enjeux du pays, le formidable réservoir de connaissances et de réflexion que notre pays possède grâce à leur science et à leur travail. » Source ici.

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