grillesQuelle proportion de ce que fait votre université est-elle derrière une porte bouclée à double tour ? Les établissements d’enseignement supérieur sont en général de très bons gardiens et ont toujours su protéger leurs campus derrière de grandes grilles bien closes.

Le pouvoir de l’ouverture

Et si on ouvrait les portes ? Quelles sont ces choses que nous pourrions libérer ? Essayez d’imaginer au moins une partie de vos plateformes d’enseignement en ligne ouvertes, non seulement pour tous les étudiants inscrits dans votre établissement (et à bien des endroits, les étudiants n’ont pas de droit d’accès à toutes les ressources produites par leur université qui pourraient leur être utiles et restent cantonnés à celles disponibles dans leur cursus), mais aussi aux non-étudiants, aux étudiants potentiels, aux collègues d’autres universités en recherche d’inspiration et qui se demandent ce qui se passe de l’autre côté de la rue, du pays ou du monde, ou dans telle faculté qui poursuit les mêmes objectifs qu’eux.

Pouvoir observer les différentes manières d’enseigner quelque chose dans tel ou tel département aurait un tel potentiel ! Par exemple : quels sont les départements de biologie qui mettent en oeuvre telle ou telle manip dans leurs laboratoires ? quelles approches théoriques privilégient-ils ? etc. etc.

Barrières payantes et mots de passe

Une bonne part de la pédagogie et des contenus produits par les universités sont sous clé. Cela a des conséquences non seulement du point de vue des étudiants potentiels mais aussi sur un plan politique : si une partie des enjeux actuels de l’enseignement supérieur est que la société civile ne comprend pas bien ce que fait l’université, privilégier l’ouverture serait un excellent moyen de lever cette méconnaissance.

Qu’adviendrait-il sur un plan politique, en termes de financement et de gouvernance de l’université, si les gens qui réclament un retour sur investissement de l’argent engagé dans les universités pouvaient vraiment voir ce qui s’y fait ? Si nous bouclons tous nos contenus derrière des barrières payantes et des mots de passe, nous ne donnons pas au public l’opportunité de voir ce qui se fait vraiment à l’université et laissons la place à bien des malentendus.

Connectées, ouvertes, transparentes

L’éducation doit produire de la citoyenneté effective, qui se joue au grand jour. J’aimerais voir nos universités prendre pour modèle la société idéale à laquelle nous sommes nombreux à aspirer. Une société connectée, ouverte, transparente, travaillant en réseau, et qui permet aux gens de créer des choses qu’ils ne pourraient pas faire tous seuls.

Je comprends les arguments des gardiens de portes. Je ne suis juste pas convaincue qu’un système fermé offre autant de potentialités qu’un système ouvert.


Ce billet est le second volet de la série « Digital natives & co ». Il est un copié-collé d’un texte que j’ai lu par hasard sur un blog de l’université d’Angers et que j’ai trouvé fort intéressant (voir ici). Il s’agit d’une traduction d’un article de D. Lanclos, initialement publié ici.  Il est republié ici avec l’accord de la personne qui a fait la traduction, qui avait elle-même l’accord de D. Lanclos (texte par ailleurs mis sous licence CC-by).

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