les_republicainsReprenons aujourd’hui notre examen du document d’orientation des républicains (ici) au sujet de l’enseignement supérieur (le volet précédent était sur l’autonomie des universités, ici). Les républicains proposent de réorganiser l’offre d’enseignement supérieur française autour de trois blocs distincts, selon un « modèle californien ». Ces trois blocs seraient :

  • Les « collèges » professionnels, proposant des formations BAC + 3, directement connectées au marché de l’emploi (DUT, BTS, licence pro) : c’est ce dont notre pays manque le plus cruellement ;
  • Les universités de proximité ;
  • Les grandes universités de recherche à rayonnement mondial.

Ce premier bloc de formations courtes et professionnalisantes est clairement à rénover car il y a certainement une synergie plus efficace à trouver pour les trois voies que sont les BTS, DUT et licences professionnelles. L’urgence me parait surtout d’ailleurs au niveau des DUT (diplôme en 2 ans), quand on sait que 80 % des étudiants ne s’orientent pas vers une insertion pro après son obtention. Mais plus généralement, où seraient positionnées ces formations professionnalisantes ? Dans des collèges universitaires ou bien créera-t-on des lycées professionnels « du supérieur »  dédiés ?

En ce qui concerne les universités de proximité, on en discute souvent ici. On peut imaginer le schéma suivant : il y aurait un maillage territorial pour des formations de type « licences générales » et parfois de master. Ça se ferait dans des universités des villes n’ayant pas eu le bonheur de gagner le concours Bidulex, ou bien dans des antennes universitaires de ces dernières. Bien entendu on ne ferait pas trop de recherche en ces lieux, ou alors des petits travaux partenariaux avec les entreprises du coin. Les EC de ces universités feraient surtout de l’enseignement (avec service rehaussé, ben oui quoi, ils ne font pas ou peu de recherche !). Ces formations seraient bien entendu non sélectives car il faut garder pour tous le droit de faire des études supérieures, une fois qu’on aura été boulé des « collèges professionnels » et des « grandes universités de recherche », les deux étant sélectifs.

Enfin, les grandes universités de recherche à rayonnement mondial seront bien entendu les IDEX en construction actuellement, auquel on ajoutera aussi des clusters de GE dans le cas où ces dernières ne parvenaient pas à se fondre dans un IDEX. Au final de la transformation, combien seront-ils ? 5, 10 ou 15 ? Ici les républicains veulent en finir « avec un égalitarisme d’un autre âge ». « Nous voulons donner plus aux meilleurs :  aux  centres  de  recherches  les  mieux  classés  internationalement,  aux  formations  qui   font le mieux réussir les étudiants… ». Ils veulent « privilégier une logique de concentration des moyens et en allouant les moyens en fonction de la performance, avec trois critères : l’excellence académique, l’insertion professionnelle des étudiants et la bonne gestion ».

Vivement 2017 !