lemonde_23maiÇa chauffe aujourd’hui sur la toile à propos des coupes budgétaires affectant l’ESR. Rappelons les faits : le gouvernement prévoit des dépenses supplémentaires pour boucler l’année 2016 (les dépenses urgentes). Il a donc été décidé, par la commission des finances de l’Assemblée Nationale, d’annuler certains crédits affectés (et voté par l’assemblée Nationale). L’ESR est fortement touché par ces annulations, à hauteur de 256 millions d’euros. Une partie concernerait les organismes de recherche (pour 134 millions d’euros) et le reste sur le « programme formations supérieures et recherche universitaire ». Les économies devraient servir, en grande partie, pour l’accueil des demandeurs d’asile (source ici) ou le plan d’urgence pour l’emploi et l’augmentation des fonctionnaires (selon d’autres sources).

Plusieurs prix Nobel ont publié une tribune dans Le Monde pour dénoncer un « suicide scientifique et industriel ». Extraits : « Ce que l’on détruit brutalement, d’un simple trait de plume budgétaire, ne se reconstruit pas en un jour. Les organismes nationaux de recherche vont devoir arrêter des opérations en cours et notamment limiter les embauches de chercheurs et de personnels techniques. Ce coup d’arrêt laissera des traces, et pour de longues années ». […] « Nous sommes encore loin des 3 % du PIB fixés comme objectif pour les dépenses de R&D par la stratégie Europe 2020, et nous n’y parviendrons pas en fragilisant à ce point les principaux organismes de recherche. Les mesures qui viennent d’être prises s’apparentent à un suicide scientifique et industriel ». Lire la tribune ici.

Au ministère on tente d’éteindre l’incendie : « Les moyens de la recherche seront intégralement préservés », Les annulations de crédits « n’auront aucun impact sur l’activité des organismes de recherche » (source ici). On est rassuré, on comprend qu’en fait on avait 256 millions d’euros qui ne seraient à rien, dont on ne savait pas quoi faire pour faire tourner la machine recherche. J’espère qu’on expliquera bien aux perdants des appels à projets ANR que leur échec est dû à un mauvais projet, et non à un budget trop contraint.  Dans les labos, on aura certainement du mal à comprendre pourquoi on doit arrêter cette expérience à cause d’une panne pour laquelle on n’arrive pas à trouver le financement pour la faire réparer (la galère des pannes …). Ou alors les organismes de recherche avaient des fonds de réserve gigantesques et ils ne faisaient rien ?

LesEchos.fr rappelle aussi une promesse du président, en avril 2014 : La recherche était « une priorité pour la France » et « la clé de sa compétitivité ». « Et même si nous avons à faire des économies ailleurs, nous n’en ferons pas dans ce domaine fondamental pour le pays » (lire ici).

Quand je dis que ça fait un buzz sur la toile, restons relatifs. La préoccupation majeure du jour reste quand même de savoir si les stations essence pourront être réalimentées bientôt …