argent6Tous les ans, vers la fin novembre, c’est le même problème dans les laboratoires: il nous faut dépenser le reste de l’argent « non reportable » (celui des dotations récurrentes de l’université ou du CNRS). J’ai un peu de mal à bien comprendre ce que peut représenter de l’argent non reportable. Est-ce une sorte d’argent virtuel qui disparait en fumée à une date donnée, d’un coup de baguette magique du grand chef administrateur de l’argent des universités ou du CNRS ? Ou bien est-ce de l’argent bien réel ? Dans ce cas, que devient cet argent s’il n’est pas effectivement dépensé avant la date fatidique ?

Alors, cet argent on le dépense autant que possible, pas toujours de façon optimum, quand on se rend compte en fin d’année qu’il en reste un peu plus qu’on avait prévu (car on prévoit quand même un peu, de façon à étaler les dépenses sur l’année). Tout cela me fait un peu penser à l’époque où les militaires faisaient bruler l’excédent de leur essence afin que leur prochaine citerne soit équivalente à la précédente. C’est un peu la même chose à l’université : si on ne dépense pas tous les crédits de l’année, on prend le risque de voir notre dotation diminuer l’année suivante.

Ceci dit, je comprends un peu la philosophie, qui est celle d’ajuster au mieux les dotations avec les besoins réels. Mais faut-il pour autant être si rigide ? On pourrait mettre un seuil, par exemple une « obligation » de dépense de 80 % et laisser une possibilité d’un report de 20 %.

Par ailleurs, une chose qui me parait curieuse également, c’est la longue période durant laquelle on ne peut plus faire de dépenses, typiquement entre fin novembre et de mi-janvier (fermeture de l’exercice de l’année et ouverture des nouveaux crédits de l’année suivante). Il y a peut-être là un verrou administratif que je ne sais pas, comme par exemple le temps que pourrait pendre de tout vérifier au centime près les dépenses des chercheurs ? En attendant, on ne peut plus rien commander et ce n’est pas toujours simple de prévoir les aléas durant cette période (un appareil en panne, un produit qu’on aurait oublié et indispensable aux expériences en cours, un ordinateur qui lâche …).

Indépendamment de la qualité des services de gestion des laboratoires, j’ai quand même l’impression que les règles administratives de gestion des crédits dans les universités ou au CNRS ne sont pas vraiment faites pour nous aider … (voir également sur un sujet connexe le dernier billet de Mix, ici).