argent7En cette période où on assiste à un « flux démographique » d’étudiants dans l’enseignement supérieur, T. Mandon nous dit que le « modèle économique des universités est bouleversé » (source ici). Il nous explique que nos universités ont trois types de ressources : les dotations de l’Etat, les droits d’inscription et les ressources propres (le premier compte pour 90 % et la somme des deux autres = 10%). Il nous explique aussi que les dotations de l’Etat ne vont pas augmenter de façon conséquente et qu’on ne touchera pas aux droits d’inscription. Il reste donc une seule option : augmenter les ressources propres. Pour dire les choses autrement, il nous dit de nous démerder avec ce flux démographique (à crédits quasiment constants). Il confirme l’obligation d’accueil des étudiants (pas de sélection à l’université). Ce n’est donc pas les filières sélectives qui doivent gérer ce flux démographique, mais bien les universités.

C’est donc vers les ressources propres que les universités doivent prospecter. T. Mandon donne des pistes : « il y a un champ considérable de ressources avec la formation professionnelle pour les universités. On a des pistes très importantes sur lesquelles il faut travailler plus fort et plus vite que ce l’on a faite jusqu’à présent » (source ici). « Si les universités récupèrent une part des 32 milliards d’euros du marché de la formation professionnelle, elles gagnent une marge de manoeuvre considérable. Notre objectif est de multiplier par quatre les recettes provenant de cette activité, pour atteindre 1,6 milliard d’euros d’ici à cinq ans » (source ici).

Je n’ai rien contre la formation professionnelle à l’université. Mais il faudrait aussi préciser que cela vient s’ajouter à la formation initiale. Si ça génère des recettes, il faut aussi des gens pour s’occuper de cette formation professionnelle. Je ne vois vraiment pas, dans les conditions actuelles, comment les universités vont trouver ces moyens humains car elles n’ont pas le droit de recruter du personnel supplémentaire (sauf des vacataires jetables, bien entendu). Dans un certain nombre de sites, on voit également que des postes sont gelés, faute de moyens (ce fameux GVT qui va dans le mauvais sens …). Ainsi, dans ces conditions, je ne comprends pas trop comment les universités vont pouvoir développer de façon importante la formation professionnelle. A moins, bien entendu, de détourner des EC de leurs missions initiales, pour les réorienter vers cette formation professionnelle. A effectif constant, cela impactera bien évidemment la formation initiale et la recherche. Mais peu importe, s’il y a des sous au bout du chemin, nul doute qu’on va y aller…