ski_ou_tennisJe ne sais pas si vous avez entendu cette déclaration d’Hélène Pilichowski, qui parait-il est une journaliste distinguée:  « Moi qui suis grenobloise, il y a des centres de recherche énormes à Grenoble, avec des gens qui étaient nommés à vie – comment voulez-vous qu’on cherche et surtout qu’on trouve pendant toute une vie ? Quand ils arrivent à 25 ans, 28 ans, ils sont plein d’ardeur puis après ils vont sur les pistes de ski et dans les clubs de tennis, à Grenoble c’était comme ça, c’était tous les chercheurs qui étaient là, bien évidemment ! Ils sont nommés à vie c’est terrible, ça n’a pas de sens ! » (source ici, lien vers la vidéo ici)

Ça m’a rendu perplexe tout ça. Je pensais proposer le hashtag #jesuisgrenobloisetjenesaispasskier pour les grenoblois qui auraient pas aimé le message de la dame mais voilà que j’apprends que le grenoblois est finaud : en plus du ski, il fait du tennis. Quand Hélène le cherche sur une piste de ski, pouf le mec ruse et il se planque sur un cours de tennis. Remarquez que ça doit compliquer les recrutements chez eux car il faut trouver des mecs (ou des nanas) qui non contents d’avoir une thèse soient capable de skier d’une main et de taquiner de la raquette de l’autre.

Bon j’imagine que le concept s’applique pas qu’aux grenoblois :
– Le marseillais joue à la pétanque avec un pastis. Et comme il est aussi rusé que le chercheur grenoblois, parfois il fait diversion en jouant au tarot ou en faisant de la plongée sous-marine
– Le bordelais s’investit dans l’œnologie et les visites des caves de la région
– Le gars de Chambéry fait la même chose que le grenoblois ce qui explique que dans sa grande bonté et dans un désir de simplification le ministère l’a mis dans la même COMUE que le grenoblois
– Le niçois fait la même chose que le marseillais mais ne boit pas de pastis. Du coup il n’est pas dans la même COMUE que les marseillais car pour les gars du ministère c’était trop compliqué
– Le lillois boit de la bière et prépare la grande braderie qui a lieu juste avant la rentrée universitaire

Après une question me taraude : comment faire lorsqu’on n’est pas dans une fac près de la mer ou de la montagne ou qu’on est un boulet comme moi et qu’on ne sait ni skier, ni jouer au tennis, ni jouer aux cartes, qu’on distingue médiocrement un Bordeaux d’un Bourgogne et qu’on n’aime pas la bière? (ceci dit je m’explique mieux pourquoi j’ai eu du mal à passer MCF, je me demande même comment j’ai réussi à me caser).

Je propose que le CNRS fasse des formations adaptées à tout un chacun pour les aider à se reconvertir

– Origami pour les puristes
– Bulles de savon pour les fans des inégalités isopérimétriques
– Organisation d’une CDthèque pour les amateurs de grande musique, qu’on rebaptisera pudiquement « Classification de signaux audio et music retrieval »
– Jeu de go assisté par ordinateur…Bien évidement tout le monde aura compris que le jeu d’échecs est terriblement dépassé. Le jeu de go demande plusieurs années de formations rien que pour comprendre les règles et puis on peut organiser des tournois dans son labo, des trucs sympa quoi. L’assistance est avant (pour comprendre les règles) et après parce que même une fois qu’on a compris les règles ça reste compliqué…

Bref je devine que certains d’entre vous restent sur leur faim, déçus de ne pas voir représenté leur hobby préféré. Je fais donc un appel à tous et à toutes. N’hésitez pas à envoyer vos idées, proposer des formations novatrices et innovantes pour aider ceux et celles d’entre nous qui ne savent pas et/ou ne peuvent pas skier sur leur lieu de travail…. Et pour les grenoblois n’oubliez pas le hashtag #jesuisgrenobloisjenesaispasskiernifairedutennisetjesuisunvraiboulet!

Ce billet nous est proposé par Marianne