ANRDébut octobre, c’est la période de rédaction des projets ANR (dépôt à faire avant le 15 octobre). Il s’agit d’une pré-proposition, donc d’un dossier léger de 5 pages. Si la pré-proposition est retenue, il faut alors écrire un projet plus long (30 pages). Au final, le taux de succès est de l’ordre de 8 %( ! ). L’ensemble du processus dure presque un an, entre la pré-proposition et le résultat final. Cela mobilise beaucoup d’énergie, que ce soit pour l’écriture du projet, la constitution du consortium, les évaluations des projets et les arbitrages. Je ne sais pas si quelqu’un a pu évaluer le coût réel du processus (incluant donc le temps passé), mais je pense que ça doit être assez considérable. Certains disent (des mauvaises langues ?) qu’on passe plus de temps à écrire des projets de recherche pour trouver des sous qu’à faire de la recherche.

A l’origine, le taux de succès de l’ANR était d’environ 25-30 %. Je trouvais ça assez raisonnable. A cette époque, il est vrai que le budget était plus conséquent et que le nombre de dépôts était moins grand. Aujourd’hui, le taux de succès de 8 % me parait trop sélectif et il est évident qu’un tas de bons projets ne sont pas financés par l’ANR. Compte tenu de ce taux de succès très bas, il me parait légitime de s’interroger sur le bienfondé du processus.

Certains ont déjà entrepris des actions pour exprimer leur mécontentement. C’est par exemple le cas de Patrick Petitjean (astrophysique), qui a démissionné de la présidence d’un des comités ANR  « avec un taux aussi bas, on ne réussit qu’à se gargarisé hypocritement avec la soi-disante excellence des soi-disants meilleurs projets ». Il lance aussi un appel à se désolidariser des activités de l’ANR (lire ici http://sauvonslarecherche.fr/spip.php?article4168).

Une autre idée, qui traine dans les labos et boites mails, c’est de faire un tirage au sort pour sortir les projets financés, une fois qu’un premier tri aurait été fait et qu’on ait l’assurance d’avoir un panier qui tient la route. Cela aurait l’avantage d’une grande économie de temps et cela éviterait d’avoir à choisir entre deux « meilleurs projets » (car qui peut vraiment dire que l’un est meilleur que l’autre ?).

A budget constant, on pourrait également décider de mieux répartir l’argent. C’est-à-dire que les projets ne seraient plus financés à 100 %, mais à des taux beaucoup plus bas, afin d’augmenter le taux de succès (disons vers 25-30 %). Ça aurait l’avantage de mieux répartir l’argent entre les équipes/labos. Les projets qu’on ne pourrait pas raboter seraient disqualifiés, bien entendu (c’est un critère de sélection comme un autre …).

Bon allez, je m’en retourne bosser sur mon draft#1. 5 pages ce n’est pas la mort mais faut le faire quand même …