parpaingIl y a 65.000 étudiant de plus en cette rentrée dans les universités. D’après un article dans Le Monde (lire ici), le nombre de bacheliers n’a pourtant pas augmenté. Le problème, c’est qu’il n’y a plus de boulot pour les jeunes. Dans cet article, Thierry Mandon explique : « Dans un contexte de chômage persistant et de précarité chez les jeunes, ceux-ci savent bien, qu’un diplôme d’enseignement supérieur protège du chômage et offre les meilleures perspectives d’emplois stables et de qualité. La modicité des droits d’inscription joue aussi un rôle : Une augmentation, même faible, des droits d’inscription dissuade les jeunes des milieux défavorisés d’entamer des études supérieures. ». Monsieur Mandon ne semble pas savoir que les jeunes des milieux défavorisés sont de toute façon exonérés des droits d’inscription.

65.000 étudiants de plus, c’est quand même beaucoup, l’équivalent de 3 ou 4 universités de taille respectable. A ma connaissance, aucun moyen n’est débloqué pour accompagner cette augmentation et les universités doivent donc assumer ce surplus à moyens constants (voire même avec une baisse de moyens si on prend en compte le fameux GVT non compensé). Thierry Mandon semble avoir déjà négocié qu’il n’y ait pas de baisse pour le budget 2016 et il y aura peut-être même « un plus ». Mais il dit aussi que « Il faudra adapter la pédagogie et les locaux ». Moi, mauvaise langue, je traduis : « plus d’étudiants dans les cours et les TD et on ajoute des tables et chaises dans des locaux dont on ne peut pas pousser les murs ». Il voulait dire autre chose de plus à propos de la pédagogie ?

A terme, l’idée de Thierry Mandon, c’est de faire construire de nouvelles universités de proximité dans des villes moyennes, là où il n’y en a pas encore (source ici). Je trouve cette idée fort curieuse à une époque où au contraire on a plutôt tendance à favoriser les fusions et à investir dans les grosses villes afin qu’elles puissent devenir des phares qui font de la lumière jusqu’à Shanghai. Et puis, qu’est-ce que réellement une « université de proximité » ? Est-ce une université où on ne ferait que de l’enseignement ? Dans ce cas, peut-on vraiment appeler ça une université ? Ou bien Thierry Mandon pense-t-il implanter aussi des labos de recherche ? Ne serait-il pas plus pertinent d’investir dans les résidences universitaires et renforcer les pôles déjà existants ? Quelle est la réponse la plus intelligente, en prenant en compte les diverses contraintes, telles que l’aménagement du territoire nationale, le meilleur bénéfice pour les étudiants et personnels de l’ESR, ou les « enjeux de la mondialisation » ?