StranesOn a dit, ici et ailleurs, que le rapport de la StraNES était un peu insipide. C’est certainement vrai pour nombre de questions, mais pas pour toutes. Par exemple, le rapport traite de la question de la sélection à l’université de façon assez franche et a fait des propositions claires pour remédier aux problèmes actuels. Bien entendu, le mot « sélection » n’est pas utilisé, on préfère parler « d’orientation », qui est plus politiquement correct (car le but n’ai certainement de jeter les étudiants dans la rue).

Le rapport parle en particulier des bacheliers professionnels, avec le constat accablant que tout le monde sait depuis longtemps : « Poursuivre des études dans les conditions actuelles n’est pas pour les bacheliers professionnels une solution à leurs difficultés d’insertion professionnelle, car leur taux de réussite y est trop faible : 1 sur 2 réussit dans les filières de STS, et – surtout – ils sont moins de 5 % à réussir dans les parcours universitaires. Ils ont parfois une réelle volonté d’intégrer des formations académiques – ce qui pose alors la question des acquis dont ils ont besoin pour y réussir –, mais c’est aussi faute de trouver une formation supérieure adaptée ou d’espoir d’une bonne insertion professionnelle qu’ils choisissent de s’inscrire dans des filières universitaires. Les échecs qu’ils subissent alors ne font qu’accroître leur désarroi. »

Le rapport va plus loin, parlant même « d’hypocrisie » du système : « La situation actuelle, où des lycéens professionnels qui souhaitent poursuivre des études supérieures dans le cadre d’une STS se voient refusés et se tournent vers l’université sans motivation ni prérequis, est préjudiciable pour tous. Elle génère de la souffrance pour ces jeunes qui se retrouvent en échec à l’université, et de la colère devant l’hypocrisie d’un système où des filières plus adaptées pour la réussite de ces bacheliers les refusent car elles considèrent qu’ils ne sont pas au niveau, tandis que des filières moins adaptées leur offrent un droit d’accès qui n’est qu’un droit à l’échec ».

Allez, le rapport en rajoute : « Cette hypocrisie est d’autant plus forte que certaines filières de BTS n’accueillent des bacheliers généraux qu’après une année 0 destinée à acquérir les connaissances professionnelles nécessaires. Réciproquement, il serait cohérent que les bacheliers professionnels qui veulent suivre une filière de licence générale puissent bénéficier d’une adaptation des parcours leur permettant d’acquérir les connaissances et compétences qu’ils n’ont pas acquises pendant leur formation au lycée et dont ils ont besoin pour réussir dans la filière générale visée ».

Le rapport propose de faire évoluer le système. Le bac comme droit d’accès à n’importe quelle filière, c’est terminé ! « Pour les bacheliers, ce droit d’accès ne sera pas automatique, il s’inscrira dans un processus d’orientation et d’examen de leurs capacités de réussite dans chacune des filières souhaitées. Il s’agit donc de passer d’un droit formel et aveugle à un droit réel et éclairé pour améliorer la réussite des étudiants. Pour les filières générales de l’université, l’accès doit être de droit pour les bacheliers des séries générales. Pour les autres, c’est sur la base d’un examen du dossier du candidat qu’un avis favorable, favorable sous condition ou bien défavorable sera donné ».

Bigre, ils ont osé !!