inegalitésSouvent, le thème de l’inégalité des chances dans l’enseignement supérieur refait surface. On l’a déjà beaucoup discuté dans ce blog. Si on examine les statistiques sur l’origine sociale des étudiants dans les différentes filières et sur la durée des études dans le supérieur, il semble assez évident qu’elles profitent davantage aux enfants issus des classes favorisées (d’où un certain questionnement qui me parait légitime quant à sa gratuité …). Certains pensent même que beaucoup de choses sont organisées pour « renforcer et de légitimer les inégalités de la société » :

« Peu importe la place de l’examen, sa cohérence pédagogique ou les connaissances et compétences qui ont été acquises. L’objectif est de trier une cohorte d’étudiants pour définir les bons et les mauvais, ceux qui ont le droit d’étudier et ceux qui ne l’ont pas. L’évaluation ne participe pas à la progression des étudiants, elle a comme seul objectif de renforcer et de légitimer les inégalités de la société. Aucune reconnaissance des qualifications n’est possible, et les jeunes diplômés sont en concurrence sur le marché du travail » (William Martinet, Président de l’UNEF, dans une tribune publié par Le Monde, à lire ici).

Si on s’en réfère à certaines pratiques à l’université, on ne peut pas lui donner tort. Je recopie ci-dessous la recette de tata Fubar, c’est édifiant et surtout diablement efficace :

« Ma méthode de notation ne se fait que sur des critères sociaux, car il ne faudrait tout de même pas que ces salauds de pauvres gravissent l’échelle sociale. Au début de chaque semestre je demande l’avis d’imposition des parents de mes étudiants. Je fais ensuite trois tas, les assujettis à l’ISF, les assujettis à l’impôt tout bête, et ceux qui ne paient pas l’impôt sur le revenu (les plus nombreux, d’où l’échec en licence). Assez généreusement j’accepte de prendre en compte le quotient familial. Ensuite c’est facile, les notes de 0 à 20 sont données en contrôle continu en fonction des informations fiscales en ma possession (20/20 aux plus riches, ça va sans dire). C’est génial parce qu’avec ça, une fois passé l’examen un peu fastidieux des dossiers fiscaux en début de semestre, la notation ne me prend que quelques minutes. Toujours à la pointe de l’innovation pédagogique, je me demande s’il n’y aurait pas moyen d’affiner le système en incluant une pondération sur critères géographiques » (source ici).