Bigre, que le temps passe vite ! Encore une année de plus que je n’ai pas vu passer … Pourtant, on ne peut pas dire qu’on ait été débordé cette année, c’était un peu le calme plat. Que retenir de cette année ? Rien, je crois. Je pourrais terminer cette chronique annuelle sur ce constat : rien, il ne s’est rien passé dans l’ESR. Heureusement, mes commentateurs ont tenté de mettre un peu d’animation, sinon c’était clair : je fermais la Gaïa Universitas. En fait je n’ose pas de peur que Fubar sorte sa hache et me règle mon compte façon games of thrones. Comme chaque année, je dois faire mon rapport annuel pour l’OGU (observatoire galactique des universités)  et rendre mes feuilles de temps. Mais là, cette année, j’ai un peu envie de zapper ce rapport. Franchement, à quoi ça sert de faire un rapport ? qui va le lire ?

excellence15Si, quand même, cette année on a eu droit à la troisième saison des « Bidulex », comédie à peine amusante et un peu lassante. Je pensais qu’on allait en avoir marre, qu’on allait mettre à la poubelle tous ces Bidulex, mais non, les universitaires semblent toujours aimer ça. Donc ce fut la troisième vague de Bidulex, avec tout de même un nouveau personnage, nommé « Isite ».

asterixLa série un peu plus amusante, peut-être parce que c’est la première saison, mais qui semble être prometteuse, c’est « COMUE ». Cette saison 1 a été consacrée à la constitution de ces COMUE, avec les inévitables bagarres entre villages et autour de l’élection du chef.  Moi les COMUE, je n’arrive pas bien à comprendre ce que c’est ni à quoi ça sert. Seraient-ce des machines à vassaliser le CNRS ? Mais alors dans ce cas, pourquoi les EC comptent-ils pour du beurre ? Autant de questions mystérieuses dont on n’aura pas la réponse dans l’immédiat. D’ailleurs, fusions, pas fusion, les destins sont contrastés et le moral est en berne. A vrai dire, je n’ai pas l’impression que quelqu’un soit à la barre en ce moment. Quel est l’avenir de l’ESR ? Rien n’est clair, entre les Bilulex et les COMUE, il semble que la préoccupation principale est d’éviter que les étudiants aillent dans la rue.

argent3Cette année, on a pu constater des restrictions budgétaires pour les universités. Du fait de la non compensation du fameux GVT, les budgets de fonctionnement des universités se sont retrouvés en diminution. De plus, le volet recherche du CPER s’est aussi retrouvé en baisse dramatique, puis partiellement compensé (surtout par les régions) (lire ici et ici), tout cela dans une très grande confusion. Tout cela s’est terminé par un exercice de solidarité. Partout c’est difficile de trouver des sous, surtout à l’ANR où le taux de succès est au plus bas. Pourtant, il y aurait quelques solutions … ou alors il faudrait augmenter le montant des droites d’inscription ? Certains se mobilisent, font trois tours de vélo et s’en retournent dans leur labo. Alors, évidemment, compte tenu du manque d’argent, les tensions et notes de service se multiplient . Ah l’argent, j’ai l’impression que cette année, mes chroniques ont été centrées sur le thème : serons-nous pays en décembre ? I want my money back ! Petite coupe de dernière minute, Elsevier, la freddom a un prix, et surtout, cachez ce CIR que je ne saurais voir !

poubelleCette année, on s’est reposé la même question que les années précédentes : l’université est-elle la poubelle de l’ESR ? On nous demande l’impossible : faire réussir tous les étudiants, tout ça dans un champ de ruines ou concepts de l’utilité de l’inutile. Mais faut-il vraiment sauver l’étudiant médiocre ? voilà une question très centrale, mais au bout de 142 commentaires endiablés, on n’a toujours pas la réponse. D’après l’UNEF, c’est tout dit : les universités ne remplissent pas leur contrat, « leur mission est de permettre à l’étudiant de sortir avec un diplôme. Leur contrat, c’est qu’elles doivent s’assurer de la réussite des élèves » Leur mission est de permettre à l’étudiant de sortir avec un diplôme. Leur contrat, c’est qu’elles doivent s’assurer de la réussite des élèves. Pourtant, comme chaque année, le jury de licence est sans appel : l’échec est massif. Commençons déjà par faire des cours d’orthographe, ou de l’enseignement numérique avec Moodle, ça ne fait de mal à personne. D’après certains, il y a trois catégories d’étudiants : « ceux qui réussiraient partout, ceux qui n’ont rien à faire à l’université et que vous pouvez garder des années sans aucun résultat jusqu’à ce qu’ils renoncent d’eux-mêmes et enfin ceux qu’il faudrait pouvoir aider et mieux orienter ». Et si on sélectionnait les étudiants ? Immanquablement, ce sont des billets qui ont toujours du succès (lire ici et ici). Ça serait la solution à tous nos problèmes, sans compter le passage au numérique qui permettra de se passer des enseignants (et donc on pourra enfin faire des économies). Mais le gouvernement a tranché, non l’université ne sélectionnera pas et ceux qui « trichent » avec les licences « bi-cursus » seront châtiés.

smallbeautifulCette année, c’était l’avènement du « small is beautiful ». En vrac sur le sujet: Caltech, Jean Tirole, les petites universités, les COMUE trop grosses, et même les petites villes qui défendent leurs petites universités. On ne compte plus le nombre de (petites) tribunes sur ce thème. Il est devenu très tendance de glorifier le « petit », autour d’un petit café et à l’occasion d’un petit séminaire bien sympathique. Le monde d’aujourd’hui est devenu « petit » (mais le nombre d’étudiants ne l’est pas, lui). On retrouve les mérites de la petite entreprise familiale, à « taille humaine ». Le service public peut certainement aller se rhabiller, il n’est pas vraiment à l’ordre du jour.

dualCette année, le groupe Marc Bloch s’est invité dans les débats, ou plutôt a proposé une tribune « le continuum bac-3 bac+3 » mais n’est pas venu la débattre … alors on s’est défoulé sur d’autres thèmes, comme celui de la séparation de l’enseignement et de la recherche, de la gouvernance universitaire, des leçons américaines, des propositions u CNU pour réformer le recrutement des EC, de la guerre des masters, de la laïcité à l’université (le bide de l’année en termes de commentaires, des lobbys qui réclament un doctorat light. Enfin et pour terminer, ayons une pensée pour ceux qui nous ont quitté cette année : l’AERES est morte, sacrifiée sur l’autel des noniste par G. Fioraso, qui d’ailleurs nous a quitté aussi, remplacé par je ne sais qui (il y a un remplaçant maintenant ?).

Bon, en conclusion, ce fut une année un peu triste, je trouve. Ma mission de l’OGU patine un peu dans la semoule et je crois bien que je vais arrêter là, faute d’y comprendre quelque chose. Faut se faire une raison …

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… quoi ? le système l’alerte de ma puce intégrée fait bip bip ? Quelqu’un serait-il en péril quelque part dans la galaxie ? Arghhh !! c’est de nouveau la princesse Leila qui a encore été imprudente. D’après ce que je comprends, cette cruche s’est inscrite pour le concours de l’ile de la tentation de la planète Kepler 452-b. Et elle est aux prises avec Kara Cucumber … je ne peux rester insensible à ses cris de détresse, je file la rejoindre !!

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