selectionL’UNEF sort son enquête annuelle sur la rentrée universitaire et les possibles dérives des inscriptions (frais et sélection). Cette année, il semblerait que des universités aient décidé de réduire leur capacité d’accueil dans certaines licences. Ou alors, quand elles ne les réduisent pas, elles utilisent alors un tirage au sort pour sélectionner les étudiants dans les filières très demandées. Cela fait hurler certains étudiants malchanceux : « C’est scandaleux que l’on ne puisse pas choisir sa licence. Surtout à cause d’un tirage au sort… Si au moins l’université s’était fondée sur mes résultats au bac… » dit une étudiante. Le président de la CPU répond : « Le tirage au sort est la pire des solutions, mais c’est la seule que nous ayons. Le nombre d’étudiants augmente et nos moyens baissent. A un moment, ça coince… Nous ne souhaitons pas réduire le nombre d’étudiants, mais réguler les flux comme nous pouvons. » (Sources ici)

Toujours au sujet de la sélection des étudiants, les universités développent de plus en plus des licences « bi-cursus », dont l’entrée est sélective et les capacités d’accueil limitées. Pour rentrer dans ces licences, il faut passer un entretien ou déposer un dossier. « Préparer deux licences, c’est difficile. Il faut donc un niveau de départ qui permette à l’étudiant de réussir. Il faut comprendre ces entretiens comme un processus d’orientation, non de sélection ». Mais les étudiants ne l’entendent pas de cette oreille : « Il existe déjà une sélection, c’est le bac. La responsabilité des universités est de proposer des formations accessibles à tous les bacheliers. Le ministère sait que c’est illégal, mais il laisse cela se développer. Il est temps de faire le ménage et de rappeler la loi » dit M. Martinet, le président de l’UNEF. D’ailleurs Thierry Mandon du ministère ESR vole à son secours : « Quant aux licences sur prérequis, elles ne sont pas autorisées par la législation. Nous allons regarder avec les universités comment réorganiser ces cursus » (sources ici). C’est maintenant une certitude, le ministère écoute bien plus les étudiants que les universités …

Certaines universités vont beaucoup plus loin, comme par exemple l’université Pierre et Marie Curie qui « est une université scientifique, et intègre uniquement des étudiants titulaires d’un bac général scientifique section S » (Source ici). Pour ma part je trouve scandaleux qu’on puisse fermer ainsi la porte à un titulaire d’un bac pro qui voudrait préparer une licence de physique théorique.

Pour terminer, rappelons que si la sélection est en principe interdite à l’entrée, elle se pratique au fil de l’eau, et s’appelle la sélection par l’échec. Cela contraste fortement avec la philosophie des grandes écoles, qui elles pratiquent une sélection à l’entrée mais qui accompagnent ensuite la très grande majorité des élus vers le diplôme.