mooc3Pour ma part, j’ai du mal à bien comprendre la forme que prendront « les nouvelles pédagogies » à l’université de l’ère numérique. Il est vrai que je n’ai pas beaucoup réfléchi à la question. Je continue à faire de l’enseignement « à l’ancienne », comme une très grande majorité de mes collègues (il me semble). Bien entendu j’ai conscience que les choses ont changé, en particulier avec l’émergence d’internet. A quoi sert d’enseigner des connaissances alors que celles-ci sont disponibles à foison sur la toile ?

L’élément le plus clair de l’enseignement numérique me parait être les MOOC. Là je vois bien à quoi ça ressemble : ça revient à remplacer l’enseignant par une interface numérique de contenu préenregistré. Les tenants de cette pédagogie vous diront que non non non, ça ne remplace pas l’enseignant, qu’il faudra toujours des bras pour assurer le soutien des étudiants et le service après-vente. Je demande à voir …

Je suis cependant très consciente de tous les avantages de l’enseignement par MOOC. J’en avais d’ailleurs fait un billet pour les lister (lire « Mon plaidoyer pour les MOOC ». Lire aussi « les MOOC, une époque formidable »). Parmi eux, le problème du coût est bien entendu à prendre en considération. Le développement des MOOC permettrait une réduction importante du budget consacré à l’enseignement compte tenu que la dépense est très majoritairement composée des salaires des profs.

Une idée intéressante qui serait peut-être à importer dans nos universités est celle de l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), qui dispense ses cours de première année sous la forme de MOOC. « C’est comme dans une salle de concert, on aime rencontrer les gens au moins une fois mais ensuite on peut être plus flexible et ne les revoir que de temps en temps » (source ici). Cool. Et par ailleurs, si c’est appliqué en première année, on pourrait alors faire l’écrémage sans trop se fatiguer et sans trop de mauvaise conscience. On pourrait alors se consacrer avec plus d’attention aux niveaux supérieurs (mais en pédagogie inversée, hein !).

D’ailleurs je ne comprends pas pourquoi les universitaires ne s’approprient pas davantage ces MOOC. Il y aurait là l’occasion de diminuer fortement la charge d’enseignement des EC (qui parmi les EC n’a jamais entendu ses collègues se plaindre d’être débordés par l’enseignement et de ne pas pouvoir faire assez de recherche ?). L’occasion rêvée d’y parvenir est à portée de main, il suffit de la tendre. La CPU ne s’y trompe pas. En conclusion de son récent colloque intitulé «Université 3.0 : nouveaux enjeux, nouvelles échelles à l’ère numérique », elle fait dix propositions (les lire ici). Parmi elles, il y celle pour « Inciter les enseignants à investir de nouvelles postures et pratiques pédagogiques intégrant les capacités des technologies numériques au bénéfice des étudiants. Pour cela il faut repenser la manière de définir les obligations de service pour prendre en compte l’usage des nouvelles technologies, et le développement de la formation continue. Et intégrer cette dimension dans les évolutions de carrière ».