cnrsLes organismes de recherche ont un positionnement difficile dans les COMUE. Ces dernières sont en effet des regroupements territoriaux, alors qu’au contraire, les organismes de recherche sont nationaux (avec une distribution géographique extrêmement hétérogène). Imaginons un instant que ces COMUE soient un succès et conduisent à notre future structuration de l’ESR. Plutôt qu’un paysage fragmenté à l’extrême (donc politiquement inopérant), on aurait alors environ 25 entités unifiées qui pourraient alors peser beaucoup plus fortement dans le paysage de l’ESR. Par exemple, elles pourraient renforcer significativement leur rôle d’opérateurs de recherche ou réussir enfin l’idéal d’un lien étroit entre recherche et enseignement supérieur.

Bien entendu, certains, qui ne jurent que par le CNRS et sa prétendue politique nationale, tirent la sonnette d’alarme. Un exemple, par le SNTRS-CGT : « Les dix grandes universités (COMUE avec Idex) seront désormais les opérateurs majeurs de la recherche française. Le CNRS doit donc se dissoudre dans la politique de sites et renforcer son ancrage territorial. Le contrat d’objectif révèle le grand écart de la direction qui consiste à vouloir assurer les missions de coordination nationale voire européenne tout en engageant les laboratoires dans la politique de site ». […] « Le SNTRS est résolument pour que la France conserve un Centre National de la Recherche Scientifique dont les laboratoires travaillent, avant tout, à développer toutes les connaissances de la recherche fondamentale à la recherche appliquée utiles pour l’ensemble de la société employant des personnels à plein temps dédiés à la recherche publique protégés par un statut de fonctionnaires de l’État. Le SNTRS appelle les personnels à refuser cette vassalisation du CNRS ». Source ici.

Personnellement, j’ai un peu du mal à me laisser convaincre qu’il existe encore une recherche « nationale ». C’est quoi ces thèmes et enjeux nationaux, et en quoi ils se différencient de ceux des autres pays ? C’était certainement très différent il y a 60 ans, dans la période de l’après-guerre et d’avant la mondialisation. Mais aujourd’hui ? Ça me fait un peu sourire également de lire une alerte sur une possible « vassalisation du CNRS ». Ce dernier ne s’est pas privé, pendant des décennies de vassaliser les laboratoires et les personnels des universités (dans le cadre d’UMR), faisant la pluie et le beau temps, mais aussi empêchant ces universités d’avoir leur propre politique de recherche ou de tricoter des liens étroits entre enseignement supérieur et recherche (aujourd’hui fort distendus).