comueDans le billet précédent, on a parlé des ComUE. Les deux cartes que j’avais mises dans les liens donnaient quelques informations quantitatives sur les forces en présence. Dans l’article du Monde sur le sujet (lire ici et ici), il est tenté une analyse du volet recherche, avec une méthodologie que je trouve discutable. En effet, l’article ne compte que les chercheurs des organismes de recherche des ComUE: «  Les indicateurs choisis se concentrent sur la recherche et non sur l’enseignement. Pour cette raison, le nombre d’enseignants-chercheurs n’est pas présenté car leur recrutement dépend plus d’une politique de besoins en enseignement qu’en recherche. Néanmoins, il se lit en filigrane dans le nombre d’étudiants ».

On est donc clairement dans un schéma qui est fortement ancré dans la tête des journalistes et du grand public : les chercheurs font de la recherche et les universitaires font de l’enseignement. Tout cela fait bien rigoler (jaune) l’ensemble des EC, mais précisons pour le tout-venant qui viendrait s’échouer ici (et aux journalistes de l’ESR qui viennent lire Gaïa), que les EC ont deux mi-temps : l’un pour la recherche et l’autre pour l’enseignement. Je connais un paquet d’EC qui sont tout autant performants en recherche que les C, malgré leur mission d’enseignement. Précisons aussi qu’un paquet de chercheurs font de l’enseignement (vous me direz alors, à quoi sert de différencier les deux … mais c’est une autre question).

L’article du Monde dit que le recrutement des EC dépend plus d’une politique de besoin en enseignements qu’en recherche. C’est à moitié vrai et à moitié faux. Un poste EC est la synthèse de l’expression de deux besoins, celui d’une formation qui s’ajoute à celui d’un laboratoire. Le poste est publié si une articulation convenable est trouvée avec ces deux expressions de besoin. Précisons aussi qu’au stade du recrutement, le choix du candidat est très souvent largement dominé par les questions de la recherche.

En résumé, se baser que sur le nombre de chercheurs pour calculer le potentiel recherche d’une ComUE, cela me parait très réducteur et largement faux. La bonne équation devrait prendre également en compte la moitié du temps de travail d’un EC, bref prendre en compte les équivalents temps plein recherche (ETPR). Est-ce trop compliqué ?

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Pour compléter le billet (ajout au 31 janvier 2015)

Sur le site de la CPU, il est également publié une carte avec des données provenant de l’AEF (lire ici). Pour chaque ComUE, il est donné le nombre « enseignants et chercheurs ». Les chercheurs, on sait ce que c’est : ce sont des personnels des organismes de recherche. Mais les enseignants, c’est qui ? Où sont les enseignants-chercheurs ? On ne fait pas de recherche à l’université ? Franchement, lire ça sur le site de la CPU, c’est une honte !

Par ailleurs, sur Wikipédia, sur les pages qui présentent les universités (toutes sous le même format, semble-t-il), là encore, pas d’enseignants-chercheurs … seulement des enseignants (parfois il est mentionné qu’il y a des chercheurs).