smallbeautifulDans la dynamique de protestation contre les ComUE ou autre formes de fusion des établissements de l’ESR français, il est devenu très tendance de citer Caltech en contre-exemple (Caltech = California Institute of technology). Il s’agit en effet d’un petit établissement (il y a environ 2500 étudiants et 500 profs et chercheurs) et très bien classé dans les classements (premier dans celui du Times Higher Education, 7ème dans Shanghaï).

« Si certains estiment que « small is beautifull », le gouvernement préfère les mastodontes ! » (source SLU, ici). Pour certains, Caltech est bien la preuve que la démarche du gouvernent va dans le mauvais sens. « C’est justement ce « petit » effectif qui procure un atout non négligeable à Caltech. Grâce à ce nombre plus limité d’étudiants, l’université renforce l’interdisciplinarité en faisant la part belle aux échanges et dialogues entre individus et départements ». […] « Une dernière raison au succès de Caltech est probablement son organisation hiérarchique voulue simple et flexible afin de ne pas perdre de temps en atermoiement lors des prises de décisions et en réduisant les intermédiaires ». Et de conclure : « Les universités françaises pourraient donc s’inspirer d’un tel modèle pour améliorer leur classement à leur tour ». Source des phrases en italique ici.

Bien entendu, on oublie de dire que Caltech est très sélectif, qu’il y a des frais d’inscription élevés (certes pas pire qu’ailleurs dans les établissements prestigieux des USA) et que c’est un établissement privé. Par ailleurs, il y a un écosystème très développé de management et de fundraising autour des chercheurs. On oublie également de dire qu’il y a probablement des milliers d’autres petits établissements où les classements et conditions d’études ne sont certainement pas si reluisantes.

Franchement, ce « modèle Caltech » est-il celui que nous voulons pour nos universités ? ou est-ce seulement raisonnable de faire ce genre de comparaison ?