scienceenmarcheVendredi, il y avait une manif de chercheurs. Ce mouvement est issu d’un nouveau collectif qui s’appelle « science en marche » (site web ici). Ce collectif « regrette et dénonce le manque de soutien, de vision et d’ambition des politiques scientifiques de notre pays, au moment où de nombreux pays développés ou émergents investissent massivement dans ce domaine ».

Les revendications portent essentiellement sur trois points : (1) plus de moyens de fonctionnement dans les organismes de recherche et les universités, chiffré à environ un milliard d’euros par an. (2) Un plan pluriannuel de création d’emplois statutaires, afin d’assurer un flux d’entrant stable ces prochaines années. Cela est estimé à plusieurs milliers d’emplois en plus du remplacement des rares départs à la retraite actuels, soit un coût annuel de l’ordre du milliard d’euros. (3) Ils proposent de financer ces réformes par une réforme du Crédit Impôt Recherche, qui « doit permettre de dégager les moyens dont nos laboratoires et nos universités ont cruellement besoin ».

Pour ma part je suis d’accord avec ces trois revendications. Mais je trouve que ce mouvement est bien timoré car il est uniquement centré sur des revendications très matérielles : des sous ! des postes ! (les sous qu’on ira piquer dans la poche du voisin …). Ce mouvement pourrait aller beaucoup plus loin car les problèmes actuels sont également structuraux, pas seulement purement financiers. On pourrait demander, par exemple, une mise à plat de notre système doublement bicéphale et contre-productif (avec d’un côté les grandes écoles et les universités, et de l’autre les universités et les organismes de recherche). Cette mise en cohérence du service public dégagerait certainement des marges de manœuvre importantes. Sans compter qu’on pourrait remettre à plat les Bidulex et se questionner sur la réelle plus-value des ComUE …

En fin de journée, G. Fioraso a répondu aux chercheurs sur les trois points de revendication. Pour les sous, elle avait déjà beaucoup communiqué pour dire que le budget était à peu près constant, ce qui était un exploit compte tenu du plan d’économie du gouvernement. « Le budget est stable et il est parmi les plus préservés ». Pour les postes, il est vrai qu’il y a peu d’offres. « La raison est démographique, liée à la chute significative du nombre de départs à la retraite. A budget constant, si on a moins de sorties, on a moins d’entrées. On a quatre années difficiles à passer. » […] « Tous les départs à la retraite seront remplacés un pour un, les chercheurs comme les personnels ingénieurs, techniciens et administratifs ». Et enfin pour le CIR, il est hors de question de toucher à cette niche fiscale : « Le CIR n’est pas une cagnotte mais un crédit d’impôt ». Elle avait déjà déclaré en septembre : «  la recette supplémentaire serait vraisemblablement utilisée pour alléger le poids de la dette publique, et non réorientée vers la recherche ». Source des phrases en italique : Les Echos, lire ici.

Allez, hop hop hop les chercheurs, circulez, y’a rien à voir !

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