selection«On nous demande l’impossible : faire réussir toujours plus d’étudiants sans nous donner vraiment plus de moyens tout en nous obligeant à accueillir tout le monde, un peu comme si on était des facs poubelles. Alors que d’autres ont le droit de le faire, pourquoi ne pourrions-nous pas nous aussi trier un tant soit peu les jeunes qui arrivent chez nous ?». Monologue imaginaire d’un président d’université, par Véronique Soulé, libé. Source ici.

Un peu moins imaginaire, voici les propos du président de la Commission formation et insertion de la CPU: « Tout baccalauréat ne permet pas de réussir dans de bonnes conditions dans toute licence générale » […] Nous proposons un accès de droit pour une liste de bacs définie nationalement en fonction de la filière universitaire. Par exemple, pour une licence en lettres, l’accès pourrait être réservée de droit à un bac L, mais pas à un bac professionnel en coiffure ». « Pour les baccalauréats qui ne seraient pas admis de droit, la sélection se ferait sur dossier en fonction du parcours scolaire et des objectifs professionnels. Pour ceux qui ne seront pas retenus, on propose de mettre en place une formation complémentaire d’un an permettant de préparer l’entrée dans la filière visée, ou dans un IUT ou une STS ». Source ici.

Pour Jean-Loup Salzmann, le président de la CPU, « la sélection dans certaines filières n’a rien d’illégal ». […] « À titre personnel, je pense qu’il n’est pas aberrant de demander à un étudiant qui rejoint une filière de langues vivantes d’avoir déjà fait des langues au lycée. Personne ne trouve d’ailleurs scandaleux qu’un lycéen de terminale S soit passé par une première S… ». Source ici.

Mais les étudiants ne l’entendent pas de cette oreille: « l’université pour toute personne titulaire du baccalauréat correspond légalement à l’article L612-3 du code de l’éducation. Elle institue que le baccalauréat donne accès à n’importe quelle filière de l’enseignement supérieur. » […] « L’enseignement supérieur n’a pas à prédéterminer le parcours des individu-e-s et doit permettre à chacun-e de s’orienter librement ». Source ici.

Mais qu’on se rassure. G. Fioraso, qui travaille main dans la main avec les étudiants (qu’il ne faut surtout pas mettre dans la rue), est contre la sélection à l’université. « Vouloir régler le problème (celui de l’échec en licence) par la seule sélection ne me paraît pas être la bonne solution pour atteindre 50 % d’une classe d’âge diplômée. C’est un point de vue daté et rétrograde. Ce qu’il faut faire, c’est lutter contre le décrochage et mieux préparer l’orientation ». Quand on lui demande s’il faut refuser aux bacheliers professionnels l’accès aux universités, elle répond: « Non, sûrement pas. Mais il faut les accompagner, éventuellement avec une année spécifique, afin qu’ils n’aillent pas au massacre. Il faut des aménagements et de l’accompagnement ». Source ici.