argent3On en sait à présent un peu plus sur le budget de l’ESR pour l’année prochaine. Il est à peu près constant. C’est une bonne nouvelle dans le contexte de plan d’économies. Dans les détails, on pourra lire le document du MESR (ici). On apprend que les crédits de l’ESR sont en très légère augmentation (+ 45 M€, en fait 36 M€). Cette augmentation est quasi épongée par la revalorisation des bourses d’étudiants (+42 M€). D’ailleurs les étudiants sont très bien soignés dans ce budget. Par exemple, les droits d’inscription n’augmentent que très peu (+ 0,7 %).

Du fait de la stagnation du budget, l’augmentation de la masse salariale n’est pas compensée à juste mesure. Rappelons que la masse salariale représente environ 80 % du budget. Son augmentation partiellement compensée entrainera une nouvelle baisse du budget de fonctionnement dans les universités, comme c’était déjà le cas l’année passée. Il faudra se serrer encore plus la ceinture.

Mais des signaux bien plus alarmants proviennent des futurs CPER (contrats de plan Etat-Régions), pour la période 2015-2020. Ces CPER avaient déjà été reportés d’un an (le précédent couvrait la période 2007-2013). Le gouvernement cherche manifestement à faire des économies et il semble qu’il va réduire de façon importante son investissement dans les régions. Dans son discours de politique générale du 16 septembre, Monsieur Valls a avancé une diminution abyssale pour le futur CPER : de 12,74 milliards sur la période 2007-2013, le budget passerait à 1,8 milliards pour 2015-2020. Pour l’enseignement supérieur et la recherche on passerait de 2,9 milliards à 950 millions, d’après ce qu’on peut lire ici et là sur la toile. Cela inquiète bien évidemment les présidents d’université (lire ici pour le grand Ouest, ici pour l’Université de Reims). En effet, le CPER est l’outil privilégié pour rénover les infrastructures de l’ESR. Cela concerne de l’immobilier mais aussi fort judicieusement des équipements de recherche, ces derniers étant souvent très souvent largement mutualisés sur une large communauté de scientifiques (ce qui n’est pas le cas des Bidulex).

Encore l’année dernière, le gouvernement de J.-M. Ayrault disait que l’ESR serait pour le futur CPER un axe stratégique. Mais aujourd’hui, peut-on vraiment considérer que c’est encore le cas, compte tenu des baisses programmées d’investissements ? On pourra dire que le gouvernement n’oublie pas l’ESR, avec le nouvel appel à projets PIA (plan d’investissement d’avenir ; les Bidulex). Peut-être qu’on a définitivement acté le fait que dorénavant on ne financera plus que les meilleurs d’entre nous, ceux qui font de la recherche d’excellence ? Que feront les autres ?