mesrDans un rapport récent, titré « Quelle France dans dix ans ? », sous la direction de J. Pisani-Ferry (lire ici), on apprend qu’il faudrait en France une « dizaine d’universités pluridisciplinaires de classe mondiale ». Ce constat (ou cette recommandation) n’est pas nouvelle, et c’était bien l’objectif des IDEX (dont la vague 3 devrait bientôt commencer ?). C’est vrai que la structuration de l’ESR en France laisse un peu dubitatif (on parle là du cloisonnement obsolète grandes écoles/université et organismes de recherche/université). Mais ce n’est pas la seule cause. Le rapport pointe d’autres faiblesses : les déficiences de la gouvernance et la faible capacité financière des institutions éducatives, la raréfaction des ressources publiques. A cela s’ajoute une autonomie des universités qui reste faible, tant on est ici (en France) attaché à un pilotage national.

Je trouve que le gouvernent actuel a une position un peu ambiguë de la situation. D’un côté, il semble poursuivre la politique initiée par V. Pécresse (constitution des IDEX, mise en place des ComUE qui pourrait accélérer encore le processus à une échelle encore plus étendue). Cela va donc dans le sens préconisé par le rapport cité. Mais d’un autre côté, il y a clairement une volonté de revenir à un pilotage national de l’ESR (le fameux « retour de l’Etat stratège », martelé par G. Fioraso à son arrivée à la tête de l’ESR). Ce retour au pilotage national est attesté, par exemple, par le récent cadrage national des diplômes universitaires, l’interdiction confirmée de sélectionner ses propres étudiants ou d’établir ses propres frais d’inscription, le renforcement des prérogatives du CNU, une préférence à peine voilée aux organismes de recherche nationaux (donc au détriment des universités) et à l’absence de politique de rapprochement entre universités et grandes écoles. Notons également que les ComUE ne vont pas dans le sens d’une autonomie des établissements. A cela s’ajoute des difficultés budgétaires croissantes des universités (mais faut-il s’en scandaliser dans le contexte actuel ?).

Ces ambiguïtés donnent une impression que le MESR n’a pas de ligne de route claire sur l’évolution de notre ESR. Mais d’un autre côté, la feuille de route « off » confiée à G. Fioraso est simple : pas de vague, pas d’étudiants dans la rue … et là, aucune ambiguïté : G. Fioraso est tout simplement parfaite !