unef2Chaque année c’est la même polémique qui revient sur le sujet des frais d’inscription et sur une forme de sélection à l’entrée des formations dans les universités (ou certaines d’entre elles). Chaque année l’UNEF fait un communiqué sur le sujet (lire celui de 2014 ici). A propos des frais d’inscription, certaines universités feraient payer des frais supplémentaires au plafond réglementé nationalement : « Certaines universités n’hésitent pas à facturer des services qui font pourtant partie des missions du service public : accès aux salles informatiques et aux bibliothèques, soutien pédagogique…». Pour sélectionner les étudiants, il parait que de plus en plus d’universités mettent en place des formations avec un nombre de places limité. D’après l’UNEF, ces universités « préfèrent s’affranchir de la loi plutôt que de respecter le droit de tous les jeunes à accéder aux études ». Peut-être que l’UNEF pense que les universités ont des moyens humains, financiers ou d’infrastructures extensibles et n’ont donc pas à se soucier de la gestion des flux entrants ?

Sur ce sujet des capacités d’accueil (donc sur la nécessité de gérer les flux), les universités se retrouvent devant une situation ubuesque suite aux réfomes du bac et la massification associée. Elles sont les seuls établissements à avoir des formations pour lesquelles la sélection est interdite (contrairement aux CPGE, BTS, ou cycles intégrés des GE). Extrait du dossier de l’UNEF : « Le code de l’éducation garantie le libre accès au premier cycle universitaire dans les universités pour l’ensemble des bacheliers. Ce principe a permis la massification de l’enseignement supérieur depuis les années 60 pour atteindre aujourd’hui les 2,3 millions d’étudiants. Il fait reposer sur les universités une responsabilité particulière : garantir à tous les jeunes la poursuite d’étude après le baccalauréat ».

Le problème c’est que les universités ont des capacités d’accueil limitées. Le code de l’éducation précise alors que c’est le recteur chancelier qui peut intervenir (car les universités sont interdites de toute forme de sélection). Le recteur prendra en compte des paramètres géographiques et procèdera à un tirage au sort si nécessaire (mais surtout pas de sélection sur dossier ! un comble de se priver à ce stade d’un examen des prérequis, d’aptitude ou de motivation).

L’UNEF revient également sur le sujet de la sélection en master, sujet d’un précédent billet sur Gaïa : « Le code de l’éducation garantie également le droit à la poursuite d’étude entre la licence et la pre­mière année de master. La sélection n’est autorisée qu’entre le master 1 et le master 2. S’il est incom­plet, ce droit à la poursuite d’étude après la licence garantit à tous les étudiants la possibilité de faire des études longues et d’accéder au niveau de qualification le plus protecteur sur le marché du travail ». Le master pour tous !