conrsMercredi 11 juin, c’était jour d’une séance plénière extraordinaire du CoNRS (comité national de la recherche scientifique). Les revendications étaient centrées sur l’emploi scientifique : « Ses membres demandent de toute urgence un plan pluriannuel ambitieux pour l’emploi scientifique. Ils affirment que la réduction continue de l’emploi scientifique est le résultat de choix politiques et non une conséquence de la conjoncture économique » (lire ici). Ils lancent trois idées pour dégager des fonds pour cet emploi scientifique :

« En simplifiant l’organisation actuelle de l’enseignement supérieur et de la recherche, inefficace, illisible et coûteuse. Pour commencer, il faut éviter de relancer un nouveau programme d’investissement d’avenir ; »

Sur le sujet, il faut en effet constater l’immense émiettement de notre ESR, avec sa double dualité en enseignement (universités et grandes écoles) et de son système de recherche (universités et organismes de recherche). La bonne idée serait en effet de rendre enfin le système efficace, lisible et moins coûteux. On pourrait le faire en concentrant les moyens sur les universités, qui sont les points pivot car les seuls à pouvoir allier recherche et enseignement. On en finirait ainsi avec le système d’UMR et ses complications (inégalité des personnels dans les laboratoires, double comptabilité, …). Par ailleurs, nos meilleurs chercheurs participeraient à la formation des jeunes, ce qui leur serait très bénéfique et permettrait d’alléger la charge des EC. En ce qui concerne les investissements d’avenir, bien entendu il faut en faire. Si on n’investit plus dans l’avenir, alors autant jeter l’éponge tout de suite. Je doute que l’austérité soit une bonne voie. Par contre, il faudrait éviter de le faire comme en 2010-2011, c’est-à-dire sous la forme de bidulex. D’ailleurs, je crois qu’il faudrait remettre à plat tous les bidulex en cours et investir autrement.

« En réorientant les budgets consacrés au financement de la recherche sur projet, principal moteur de la précarité et source d’un gaspillage insupportable en temps mais aussi en moyens, vers le financement de postes permanents ; »

Je n’ai rien contre un plan de financement de postes permanents. Mais le problème que je vois ici avec cette proposition, c’est que si on finance ça sur l’argent des projets de recherche, alors il ne restera rien pour faire tourner la recherche. Je trouve un peu curieux d’entretenir des chercheurs si on ne leur donne pas d’argent pour conduire leurs projets de recherche.

« En réformant profondément le crédit impôt-recherche : notamment en conditionnant son obtention à l’emploi de docteurs et à l’évaluation scientifique de son utilisation. Chaque pourcent du CIR représente la création de 1000 nouveaux postes de chercheurs, enseignants-chercheurs, ingénieurs et techniciens. »

Oui, définitivement le CIR est une source dans laquelle il faut puiser, étant donné les grands doutes qui planent sur ce crédit d’impôt et les évidences d’une fraude quasi généralisée des entreprises pour en bénéficier.

Notons pour terminer (et c’est certainement très anecdotique) que durant cette session extraordinaire, il y a eu plusieurs interventions par des personnalités extérieures au CNRS, dont celle de Jean-Loup Salzmann. Sur le site de SLU, on peut lire que « Les participants à la session plénière du Comité National font de la résistance : ils ont hué copieusement le représentant du groupe Marc Bloch » (lire ici). Or Jean-Loup Salzmann est président de la CPU (conférence des présidents d’université), il était là à ce titre et son discours était centré sur l’emploi dans les universités. Peut-être aussi que les membres du CoNRS ont hué le président de la CPU ?