parrainCes dernier temps, on peut constater un activiste important du groupe Jean-Pierre Vernant contre la politique de G. Fioraso et les Comue. Durant la période du changement ministériel, ils ont lancé une pétition qui a eu du succès (plus de 10.000 signataires). La cible était clairement un renouvellement des personnes à la tête de l’ESR, avec un point de focalisation sur le groupe Marc Bloch, ce dernier étant accusé de promouvoir une politique libérale dans la lignée la LRU et d’occuper les postes clés au sein du MESR. A plus d’un titre, cette histoire de pétition « anti-Fioraso », conduite par le groupe J.-P. Vernant, est intéressante.

Tout d’abord, elle illustre le grand retour du nonisme universitaire. Celui-ci était en effet particulièrement effacé depuis le « mouvement » affligeant de 2009. Comme les nonistes n’ont pas grand-chose à proposer (mis à part le retour à avant, car le passé serait sans conteste un meilleur futur), les critiques se focalisent sur les questions de jeux de pouvoirs dans l’ESR (qui est au cabinet du ministère, comment sera la gouvernance des ComUE, combien de sièges dans les CA, etc … lire ici). On entend même quelques appels à la mobilisation ou d’occupation des universités comme au bon vieux temps de 2009. Ça serait en effet dommage de ne pas profiter de la dynamique de la pétition (du moins si réellement elle existe). Peut-être qu’on pourra avoir le plaisir revoir une ronde infinie (c’était tellement beau !) ?

On apprend que Fioraso devient un point faible de la politique de François Hollande (lire l’article dans Le Monde Geneviève Fioraso, une secrétaire d’Etat menacée ?). Il est vrai que G. Fioraso a eu « le mérite de n’avoir mis personne dans la rue » (dixit le président), ce qui n’est pas rien compte tenu des difficultés actuelles du gouvernement. C’était, je pense, sa mission essentielle (en plus d’un toilettage léger de la LRU) durant ces deux dernières années et elle s’en est plutôt bien sortie. A ma connaissance, il n’y a pas de projet particulier pour l’ESR ces prochaines années, mais il est important de maintenir le calme dans les universités et surtout parmi les étudiants. Mais si G. Fioraso ne peut plus tenir ce rôle, alors effectivement ça devient un problème. Le groupe J.-P Vernant, avec deux billets sur un blog et quelques tweets, ferait-il trembler la république ?

On apprend également que l’ESR est téléguidé par une sorte de société secrète, le groupe Marc Bloch. « Tous les mois, ou presque, la cinquantaine d’abonnés à la liste de diffusion « Marc Bloch » reçoit son invitation avec un ordre du jour et un lieu de rendez-vous. Le nomadisme de ce collectif secret est un gage de discrétion. Ses membres se réunissent dans un foyer du Crous, une grande école ou une université. Le scénario est chaque fois le même : un exposé suivi d’un débat. Les problématiques évoquées vont de la formation continue aux compétences élargies des universités, en passant par le développement de l’apprentissage. » (source: un article du Monde, titré « enseignement supérieur, la guerre secrètes entre deux clubs »). On imagine les membres  venant déguisés à ces réunions secrètes « hou hou t’es qui toi ? » avec un mot de passe chuchoté à l’oreille pour rentrer dans l’oratoire éclairé par des bougies. J’adore cette ambiance de conspiration, de forces obscures qui tirent les ficelles. Ceci dit, je devrais la mettre en sourdine, moi-Rachel-la-taupe-du-ministère (du moins selon Monsieur Dubois, qui n’est pas celui dont je me chauffe, le jour où il est venu faire caca dans mon blog). Bref apparemment, le groupe J.-P. Vernant vient de déclarer la guerre au groupe Marc Bloch comme le témoigne la nature de leurs tweets « La barre à gauche: écartez les membres du groupe Marc Bloch qui ont poursuivit la politique néfaste de la droite » « #Hamon Vous allez devoir vous battre contre la main mise du groupe Marc Bloch sur l’ESR! Les universitaires sont avec vous« .

Enfin, cette histoire de guerre de clans peut certainement être mise en parallèle avec la scission observée récemment entre l’aile gauche de la gauche et le gouvernement. Le groupe Marc Bloch serait proche du pouvoir actuel des épouvantables libéraux alors que le groupe Vernant serait proche du peuple de base des universités, porteur de valeurs humanistes et progressistes. Choisissez votre camp !