orientation2« A la question de savoir qui veut étudier des sciences dures, seuls 9 % des entrants dans le supérieur des trente-quatre pays de l’OCDE répondent « banco ». Beaucoup veulent vendre, peu veulent chercher. Dans cette fuite généralisée, c’est quand même en France que la désaffection est la moins criante. Un bachelier français sur cinq opte toujours pour ces cursus exigeants, dans lesquels on gagne moins d’argent qu’en affaires, mais où prévaut un idéal collectif.

Pour être complet, il faut ajouter le secteur de l’ingénierie, qui se positionne en petit frère des très abstraites sciences pures avec son côté appliqué. Là, la France est à la traîne. Le secteur attire 15 % des jeunes dans l’OCDE, contre seulement 9 % chez nous. On savait que toutes les places n’étaient pas occupées dans les écoles d’ingénieurs, mais cela fait un choc d’être ainsi à la traîne !

Deux des meilleurs systèmes éducatifs mondiaux réussissent à susciter les vocations en ingénierie. Il s’agit de la Finlande et de la Corée du Sud qui, tous deux, y envoient un quart de leurs nouveaux étudiants. C’est crucial, car c’est là que se joue l’avenir de nos industries et que la menace de pénurie pointe son nez un peu partout. » Extraits d’un article dans Le Monde, titré « Les jeunes veulent vendre, pas chercher », à lire ici.

Ça fait bien longtemps que ce constat est fait et qu’on parle de cette fameuse désaffection des sciences au profit des carrières dans le management ou la finance. Mais force est de constater que la désaffection perdure dans le temps. Ce n’était donc pas un épisode instable, mais une tendance lourde. La question que je me pose est la suivante : a-t-on réellement encore besoin de beaucoup de scientifiques en cette période ? Si c’était le cas, j’imagine qu’il y aurait un effet mécanique sur les salaires (loi de l’offre et de la demande). Or les salaires proposés pour les carrières scientifique restent modestes, en tout cas plus faibles que ceux de la finance. A mon sens, c’est une preuve qu’il n’y a pas de besoin criant de scientifiques dans la société actuelle.

Un autre élément un peu étonnant du texte cité est la mention de la faiblesse du secteur d’ingénierie en France. J’avais en tête qu’au contraire les formations d’ingénieurs permettaient à la France de se distinguer positivement par rapport aux pays de l’OCDE. Rappelons également que les écoles d’ingénieurs ont doublé leur flux d’étudiants depuis 20 ans (ce qui n’est pas du tout anodin dans le paysage).  Je ne sais donc pas bien interpréter la « désaffection moins criante en France »  du premier paragraphe cité. Si le secteur de l’ingénierie est « à la traine », où sont les effectifs scientifiques qui permettent d’expliquer « la désaffection moins criante » ? Je doute que ça soit dans les universités … mystère …

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