quoi-de-9-docteur2Sur le blog « La vie au labo », on peut lire un intéressant billet sur le doctorat (lire ici). Le billet reprend une question souvent débattue ici, mais jamais vraiment tranchée : le doctorat est-il une formation ou bien une expérience professionnelle ? L’auteur, qui est par ailleurs un commentateur éclairé de Gaïa, pense que c’est le volet formation qui est le plus important, tout en reconnaissant le caractère professionnel du doctorat. Mais ce dernier serait mal exploité dans les CV car les doctorants oublient de faire valoir la « spécificité » du doctorat, ce qui pourtant leur permettrait de mieux les différencier du reste de la troupe (des bac+5), en particulier des ingénieurs. « Dans un pays où l’ingénieur demeure l’alpha et l’omega du recrutement, on continue à se placer en concurrence avec eux (en étant probablement désavantagé), au lieu de se placer en parallèle ».

Pour moi, le doctorat est pleinement un travail de recherche et donc un « vrai travail ». Le doctorant a un projet à faire sur une durée de 3 ans. Il a un contrat de travail et un salaire pour le faire (le contrat doctoral – comme l’auteur du billet, je me place dans le domaine des sciences dures). Bien entendu, le chercheur est jeune, il sort d’un master (qui, à mon sens, est un diplôme professionnalisant), il doit donc apprendre sur le tas, comme pourra le faire un ingénieur lors de son premier emploi. Pour ce dernier, le diplôme d’ingénieur atteste d’une aptitude à pouvoir faire le métier mais il n’est pas lâché dans l’entreprise sans encadrement et formation locale lors de ses premiers projets ou missions. Le doctorant (jeune chercheur), aura lui aussi une formation progressive. Je trouve un peu catastrophique de considérer les doctorants comme des étudiants attardés. Pour ma part, mes doctorants sont des jeunes collaborateurs et j’attache grande importance à ce qu’ils adoptent une attitude professionnelle, c’est-à-dire qu’ils  s’accaparent leur sujet de thèse et qu’ils le mène à terme avec une autonomie croissante (ce qui doit être le cas en début de l’année 2).

Par contre je suis assez d’accord avec le second point, celui d’une valorisation plutôt médiocre du doctorat en France. Il est vrai que le contexte est peu favorable, étant donné la domination des écoles d’ingénieurs dans les études scientifiques. De surcroit, j’ai l’impression que les jeunes docteurs valorisent assez mal cette première expérience professionnelle. A mon sens, un des obstacles majeurs se trouve dans l’état d’esprit dans lequel ils se trouvent au terme de leur doctorat. En effet, comment valoriser une expérience professionnelle si votre environnement (le laboratoire, les directeurs de thèse et autres « encadrants ») ne vous a pas considéré comme un jeune chercheur mais comme un étudiant ? Je pense que le docteur ne doit en aucun cas cacher ou minimiser cette expérience de recherche dans un laboratoire.  Pour moi, l’essentiel se résume en deux points : (1) savoir expliquer pourquoi on a fait une thèse (2) savoir raconter sa thèse, à la fois le sujet mais aussi son environnement, l’enrichissement qu’on a pu en tirer (hormis le sujet en lui-même car tout le monde s’en fout) et mettre en valeur la méthodologie spécifique mise en place pour son travail, celle d’une démarche de recherche.

Dans tous les cas, je vous invite lire le long billet de MixLaMalice car il est très riche (c’est ici).

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